Site béton pour ferme urbaine

Publié le 28 juin 2017

Faire pousser fruits, légumes, aromatiques, fleurs et autres végétaux sur le toit de la base sous-marine : le projet prend racine.

En 2009, l’architecte-botanniste Gilles Clément plantait son Jardin du Tiers paysage* sur la terrasse du bunker nazairien. Une démarche artistique qui jetait la première graine d’un rêve partagé par de nombreux habitants : celui de végétaliser le site. Aujourd’hui, ce sont les associations Jardi-compost et les Escales qui envisagent d’en investir une partie avec la création d’une ferme urbaine. « L’idée serait de proposer plusieurs pôles qui combineraient espace de culture expérimentale et pédagogique, rucher, zone participative à la manière des jardins partagés, lieu de loisirs et d’échanges aménagé de mobilier urbain fabriqué en matériaux recyclés ainsi qu’une partie de maraîchage dont les récoltes seraient redistribuées aux restaurateurs ou sous forme de paniers aux particuliers. », explique Cédric Derouin, président de Jardi-compost. Un jardin extraordinaire qui pourtant n’aurait rien de magique et devrait se soumettre à des réalités peu propices à la luxuriance végétale : absence de terre, exposition directe au vent et au soleil, air iodé, irrigation difficile… « C’est justement l’occasion de tester des méthodes différentes, hors sol, et de prouver que c’est tout à fait réalisable et transposable chez soi. »

Un jardin suspendu… aux autorisations officielles

Le concept de ce lieu témoin et ressources a été récompensé récemment par la Carène, à l’issue de sa Biennale de transition écologique. Un coup de pouc(ss)e de 3 000 euros, des soutiens logistiques et une reconnaissance qui n’attend à présent que l’accord de la Municipalité pour une concrétisation in situ. « En attendant, la ferme existe sur un espace privé où l’on a construit des bacs en bois, en géotextile et matériaux de récupération, disposés sur des palettes. Les premières plantations et installations seront d’ailleurs acheminées cet été au festival Les Escales, dans l’enceinte du pavillon Edible Street situé face au monument à la mémoire de l’abolition de l’esclavage. » Mais quel rapport avec l’événement estival ? Tout simplement le focus sur la ville de Détroit, pionnière en matière d’agriculture urbaine. Victime d’une crise abyssale, elle tente de renaître, entre autres, grâce à la mise en place de potagers et de vergers en plein cœur de la cité, impulsant également des systèmes économiques alternatifs. L’occasion sera donc donnée les 28, 29 et 30 juillet de découvrir ce qui est réalisable et réalisé ici, grâce à l’énergie et aux initiatives de nombreuses associations locales (les Incroyables Comestibles, Jardi-compost, le Rozo, les Amis de la coop du coin, Ceux qui sèment, Amap...). Précisons enfin que le projet de ferme urbaine s’inscrit dans une volonté plus globale de rendre possible la végétalisation d’un maximum d’habitations, sur trottoir ou sur toit.

Nathalie Ricordeau.

*Visible sur le toit de la base sous-marine de 9h à 22h30 jusqu’au 30 septembre. Renseignements : 02 28 54 06 40.

Renseignements sur le projet : 06 14 38 83 68.

 
 
 
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