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mar. 27 nov. 2018 Associations # Saint-Nazaire

« Pas une épicerie des pauvres »

Suite à l’invitation à rejoindre son projet, lancée par Pierre Bastian sur Facebook il y a un an, les 20 bénévoles de l’association Totem travaillent d’arrache-pied depuis neuf mois à l’ouverture à Saint-Nazaire d’une épicerie sociale ET solidaire ouverte à tous. Le point.

Les bénévoles de l’association Totem, actuellement hébergée aux Abeilles 44.

Pour faire face à une précarité grandissante de la population, les épiceries sociales portées par des collectivités locales ou des associations, bien qu’encore trop peu nombreuses, se multiplient sur le territoire français. On en comptait 700 sur l’Hexagone en 2017. “Sociales”,  donc pour un public en précarité adressé par les CCAS* selon les critère du “reste à vivre”**. L’épicerie que Totem est en train de mettre en place à Saint-Nazaire est quelque peu différente : « Tout a commencé par le constat qu’il existait un vide autour de ceux qui ne bénéficient de rien car juste au-dessus “du reste à vivre”, explique Pierre Bastian, membre-fondateur de l’association. C’est comme un coup de pied dans la fourmilière car nous mettons en avant les travailleurs pauvres, cette frange de population invisible qui n’arrive pas à boucler les fins de mois. »

Le principe ? Un commerce de proximité classique, ouvert à tous. Le quidam, client solidaire de facto, paiera le tarif comprenant la marge commerciale, marge qui servira à financer l’ensemble du fonctionnement économique de l’épicerie, quand le public en difficulté achètera pour sa part les produits à prix coûtant. « Ce qui est complexe est de définir nos propres critères pour les bénéficiaires, hors le “reste à vivre” habituel. Nous travaillons actuellement à cela avec le CCAS de Saint-Nazaire et une assistante sociale bénévole de notre association. Notre objectif est d’être une passerelle entre les bénéficiaires de la Banque alimentaire via différentes associations et les personnes plus aisées, il existe là un besoin criant. Une fois ces critères établis, le public concerné recevra une carte de paiement magnétique créditée selon les revenus et pourra faire ses courses librement. Nous refusons l’idée d’une épicerie pour les pauvres, notre projet repose sur la mixité sociale, raison aussi pour laquelle nous recherchons, avec l’aide de la Carene, un local près des gares SNCF et routière. C’est un quartier étonnement sans commerce, proche du centre-ville, où beaucoup de personnes transitent. Nous installerons également, tout du moins au début, un système de commandes groupées dans les Maisons de quartier, que les clients devront venir récupérer au magasin, pour les familiariser avec le lieu. Et nous envisageons par ailleurs des livraisons à domicile pour les personnes âgées ou handicapées. Nous sommes dans le lien, toujours. C’est pourquoi nous mettons en place une dynamique de mutualisations avec d’autres partenaires, comme la Coop du coin par exemple, afin de proposer au maximum des produits locaux en vrac, pour moins de gâchis, et pour créer un tiers-lieu, un lieu de vie, d’échange, d’information… », continue Pierre Bastian.

« Même si nous allons créer un emploi dès l’ouverture que nous souhaitons en février-mars, nous avons besoin de bénévoles pour augmenter notre capacité de travail sur ce projet. Nous lançons donc ici un appel », conclut Nadia El Khalil, membre de Totem.

* Centre communal d’action sociale.
** Revenu disponible une fois les charges incompressibles déduites.

Totem aux Audacity Awards 2018.

 

///// L’actu /////

Totem vient de recevoir le Prix des Audacity Awards 2018 dans la catégorie Innovation sociale ainsi que le prix du public, soit 2 000 euros et l’équivalent de 1 000 euros de conseil de la CCI.
L’association a également intégré un programme de recherche de deux ans sur la mixité sociale du département Sciences pour l’action et le développement de l’Inra de Montpellier.

Totem invite à venir les rencontrer autour d’un verre de l’amitié et fêter ensemble les prix Audacity Awards ce jeudi 29 novembre à partir de 19h, dans la salle des machines des Abeilles 44 (3, rue de l’écluse), Saint-Nazaire.

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