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mar. 16 avril 2019 Associations # Saint-Nazaire

Sail to the Moon*

Le Vip et Musique et Danse en Loire-Atlantique ont débuté les premières sessions du SAS, un dispositif d’accompagnement de groupes de musique.

Lumières tamisées, le concert commence. Dans la salle du Vip, le public est inhabituel ce 9 avril… « Cela me rappelle les auditions que j’ai pu passer. On les voit prendre des notes et, forcément, on ne reçoit pas le retour que le public peut nous renvoyer d’habitude », confie après cette session d’évaluation Mathieu Epaillard, créateur de Em Shepherd.  Pendant quarante-cinq minutes, le groupe influencé par James Blake et Radiohead a déroulé son set comme s’il se produisait en live. « Ils doivent agir comme lors d’un vrai concert, donc, s’il y a un pépin, il faut le gérer », précise Manu Legrand, chargé du centre de ressources du Vip.

Matthieu Epaillard de Em Shepherd.

Em Shepherd a été sélectionné parmi une vingtaine de candidats pour intégrer le SAS, “Suivi Accompagnement Scène/Studio”. Ce dispositif lancé en 2010 par le Vip et Musique et Danse en Loire-Atlantique est destiné aux groupes de musiques actuelles du département en voie de professionnalisation. « A l’époque, il existait Bouge ta ville pour les groupes débutants et Artistes en scène pour les confirmés, mais il n’y avait pas grand-chose pour l’entre-deux alors que c’est un moment charnière », explique Manu Legrand.

Chaque année, deux groupes sont ainsi choisis pour bénéficier de ce soutien. Les 19e et 20e groupes sont donc le groupe nantais Em Shepherd et le groupe nazairien Vertical. « Pour postuler, ils nous envoient un dossier dans lequel ils doivent soulever leurs problématiques. Les trois besoins qui reviennent le plus souvent sont le travail sur le son, sur les arrangements et sur l’occupation de la scène », explique Jérôme Soulié, responsable de l’accompagnement des artistes bénéficiant du RSA vers la professionnalisation à Musique et Danse 44. « Notre objectif est de leur être utiles, il faut donc qu’ils aient avancé dans leur réflexion, que l’on trouve un intérêt artistique à leur travail et que l’on pense que le groupe peut durer. On reste à leur disposition s’ils veulent avoir les raisons de leur non-sélection », poursuit Manu Legrand.

Le groupe Vertical

Après cette première session “test”, c’est le débrief’. Le groupe partage ses impressions sur scène, reprend les réflexions évoquées dans le dossier, parle de ses envies, puis Manu Legrand, Joris Ooghe, des studios du Vip, et Jérôme Soulié donnent leurs avis sur la construction des morceaux, les arrangements, la composition… « Nous apportons un autre regard sur leur travail et voyons les leviers sur lesquels agir. Cette phase doit aboutir à deux thématiques de travail qui seront développées lors de deux sessions de formation personnalisées avec des intervenants extérieurs », souligne Jérôme Soulié. L’objectif est surtout de questionner et d’échanger sur les stratégies possibles… Manu Legrand et Jérôme Soulié n’ont pas de solution toute faite à apporter. C’est aux groupes d’entrer dans cette démarche, d’assimiler les conseils et de se les approprier pour aboutir à un projet qui leur corresponde. A l’instar de Dub Orchestra et Inüit, passés par le SAS respectivement en 2010 et 2014. Il n’y a pas de secret, pour décrocher la lune, c’est toujours une histoire de travail et de tenacité. • 

* Naviguer jusqu’à la lune, un morceau de Radiohead.

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