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mar. 01 oct. 2019 Associations # Saint-Nazaire

Marathon bien entamé pour Totem

L’épicerie associative et solidaire Totem ouvrira ses portes à Saint-Nazaire en novembre prochain. Le point avec Pierre Bastian, président de l’association.

>> Pierre Bastian dans les futurs locaux de l’épicerie Totem.

Estuaire. Nous vous avions rencontré en avril 2018, alors que vous étiez en pleine construction du projet Totem*. Pouvez-vous commencer par nous résumer les valeurs de base de cette épicerie pas comme les autres.
Pierre Bastian. La première est que ce sera une épicerie comme les autres, c’est-à-dire un vrai commerce de proximité ouvert à tous, sans adhésion. Elle aura cependant la particularité de privilégier les producteurs locaux et la vente en vrac, le tout avec des prix équitables et négociés au mieux pour rester accessibles au plus grand nombre. Mais tout comme nous souhaitons une mixité de clientèle, nous proposerons une mixité de produits, avec des conserves et des plats préparés car il ne faut pas se voiler la face et oublier les personnes qui n’ont pas de frigo ou de plaque de cuisson. L’autre pilier de ce projet, sa genèse, est le travail mené avec le CCAS de Saint-Nazaire qui dirigera vers nous des personnes volontaires qui, selon leur reste à vivre, pourront bénéficier d’une prise en charge de 25, 50 ou 80 % sur une carte magnétique trimestrielle d’achat. Ce terme de “reste à vivre”, et non de calcul de quotient familial, est très important car cela ne concernera pas uniquement les bénéficiaires du RSA, mais bien tous ces invisibles, travailleurs, chômeurs, handicapés et retraités pauvres à qui il ne reste plus de quoi vivre une fois leurs frais fixes payés. Totem sera pour eux un lieu d’achat libre, mais aussi de mixité sociale sans stigmatisation ni ghettoïsation. Voilà pourquoi ce n’est pas une épicerie comme les autres.

Comment avez-vous trouvé ce local au 110-112, avenue de la République ?
Nous souhaitions être près des gares routière et ferroviaire. Près des bus pour être facilement accessibles des différents quartiers de la ville. Près de la gare pour toucher une clientèle de voyageurs ainsi que tous les salariés qui travaillent ici, sans oublier ceux que vont drainer les futurs aménagements d’entrée de ville. La Carène a tenté de répondre à nos besoins, mais tout ce qu’elle nous proposait n’était pas adapté ou trop cher. C’est finalement l’investisseur nazairien Franck Hamon qui a été intéressé par notre projet et qui nous loue les lieux pour un loyer modique, d’abord pour une année renouvelable, ce qui nous arrange, avant de passer à un bail traditionnel.

Le groupe de bénévoles à la création de l’association Totem.

Vous avez commencé les travaux, comment êtes-vous accueillis dans le quartier ?
Formidablement bien. Nous sommes dans un secteur de la ville disons-le assez triste, où vivent de nombreuses personnes âgées isolées, significatif de la paupérisation d’une partie du centre-ville. Les habitants sont en attente d’un commerce de proximité et d’un renouveau d’animation. Car Totem ne sera pas qu’une épicerie, nous privilégierons les rencontres, par des ateliers, des conférences, des débats… C’est la raison pour laquelle nous avions besoin de tant d’espace, pour avoir la possibilité de mutualiser avec d’autres associations, comme Zéro déchet, JOK’cœur, le Phare, la Pêche aux mômes, et d’autres, qui sont déjà intéressées.

Vous voilà arrivés au terme de la première étape de votre projet, où en êtes-vous au niveau des bénévoles et des finances ?
L’association compte à ce jour 33 bénévoles, dont 23 très actifs. Des personnes se sont déjà proposées pour la suite. Nous allons embaucher deux salariés, une personne référente en CDI à temps plein et une autre en contrat de réinsertion à mi-temps, que nous comptons bien pérenniser en temps plein. Côté financement, le CCAS nous subventionne à hauteur de 10 000 euros par an pour les charges fixes, plus 20 000 euros pour l’accueil des personnes qu’il nous envoie, somme évolutive selon leur nombre. Nous avons par ailleurs fait deux prêts auprès de banques pour les travaux et les achats de fourniture, l’un de 30 000 euros à 0 %, l’autre de 38 000 euros à 0,7 %. Nous avions de plus lancé une campagne de financement participatif à hauteur de 25 000 euros pour acquérir quatre frigos vitrines et, grâce à quelques généreux donateurs, trois frigos sont déjà financés ! Sachant que chaque client lambda fera – peut-être sans même le savoir – acte de solidarité à travers ses achats.  Maintenant, rendez-vous est donné mi-novembre pour une grande fête. 

* Voir les articles “Totem : une épicerie solidaire et accueillante” et “Pas une épicerie des pauvres”

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