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mar. 15 oct. 2019 Associations # Saint-Nazaire

Un appel pour l’interdiction des armes nucléaires

Porté par le Mouvement de la Paix, un collectif nazairien pour la ratification du Traité d’interdiction des armes nucléaires interpelle les communes.

Les membres du collectif nazairien mené par le Mouvement de la Paix.

« La dissuasion nucléaire est devenue non seulement superflue, mais en réalité un obstacle au développement des relations internationales de l’Afrique du Sud. » Avec cette phrase prononcée en 1993, Frederick W. de Klerk, dernier président de l’Afrique du Sud de l’ancien régime, annonçait que son pays avait mis au point un arsenal nucléaire au temps de l’Apartheid et qu’il faisait le choix de le démanteler. Il s’agit du seul pays au monde à avoir initié ce processus alors que d’autres, comme la Suède, le Brésil ou l’Australie, ont voulu posséder l’arme nucléaire avant d’y renoncer volontairement et que certains, comme l’Irak ou la Libye, y ont été contraints.

Depuis 2007, un consortium d’ONG rassemblées dans la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (Ican) négocie pour que les Etats aillent dans ce sens. Son travail a abouti en 2017 au Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et a été récompensé du prix Nobel de la paix la même année. Adopté à l’assemblée générale de l’ONU par 122 Etats sur 193, ce texte est soumis à ratification : 35 Etats l’ont ratifié, comme l’Afrique du Sud, l’Autriche, le Mexique, la Palestine, la Thaïlande, l’Uruguay et le Vietnam, sur un objectif de 50 pour qu’il entre en vigueur.

Les villes sollicitées

En début d’année, l’Ican a donc lancé un appel aux villes du monde pour faire accélérer le processus. A ce jour, une centaine ont signé cet appel, dont une quinzaine françaises, afin d’inciter leur gouvernement à ratifier ce traité : Berlin, Düsseldorf, Genève, Los Angeles, Washington, Manchester, Melbourne, Oslo, Hiroshima… et Paris, en mai dernier. « La France est la 3e puissance nucléaire de la planète. Il y a une chape de plomb qui pèse sur l’existence de ce traité tant reste importante la notion de force de dissuasion qui nous assurerait la paix dans le monde, mais c’est oublier tous les conflits qui se sont déroulés malgré l’existence de l’arme atomique depuis 1945. En réalité, nous sommes en face d’une industrie monstrueuse qui participe au pillage des richesses de la planète. Au gaspillage et aux sommes vertigineuses investies* s’ajoute la course à la modernisation et à la sophistication des armes qui pose la question sécuritaire avec, par exemple, l’utilisation des armes à uranium appauvri utilisées dès 1991 en Irak », souligne Paulette Mérand, secrétaire du Mouvement de la Paix, l’association à l’origine du collectif éphémère nazairien pour la ratification du TIAN composé de syndicats, de partis politiques et d’associations (Comité solidarité Palestine, Femmes solidaires, LDH, Mrap).

Ainsi, ce collectif s’est saisi de cet appel et l’a récemment adressé à quelque 80 communes de l’ouest du département. « Nous souhaitons que notre proposition soit mise à l’ordre du jour de conseils municipaux et y soit débattue. Que l’appel soit signé ou non, nous aurons déjà fait connaître l’existence du TIAN et ouvert une discussion sur la question du nucléaire militaire », estime le collectif. Une démarche que le Mouvement de la Paix avait déjà entreprise fin 2018 puis début 2019 auprès de la municipalité de Saint-Nazaire. « La réponse a été négative mais, la deuxième fois, elle était plus nuancée et modérée. Nous espérons qu’aujourd’hui, avec la signature de Paris, ce sera plus facile pour Saint-Nazaire d’accepter d’en discuter, voire de signer cet appel. » 

*Dans la loi de programmation militaire 2019-2025, la France propose d’augmenter de 60 % son budget lié à l’armement nucléaire, le passant de 23,3 milliards d’euros à 37 milliards.

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