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ven. 16 oct. 2020 Associations # Saint-Nazaire

Première Nuit de la Solidarité : une maraude pas comme les autres

Si le recensement des habitants a régulièrement lieu, qu’en est-il de celui des personnes à la rue ? Cette Nuit de la Solidarité se veut une première photographie d’une population d’invisibles : combien sont-ils sur Saint-Nazaire ?

Cliché de la série Boulevard de la Fraternité ©Jean-Philippe Hémery

On les pensait peu nombreux à Saint-Nazaire, dans la vingtaine. Le confinement en a fait apparaître beaucoup plus, dont certains pourtant à la rue depuis plusieurs années déjà. Et qu’en sera-t-il des conséquences à venir de la crise sanitaire ? Le constat est là : aucun des acteurs impliqués dans le combat contre la grande exclusion ne sait précisément combien de personnes sont concernées. Hébergements d’urgence, rues, cours d’immeubles, recoins isolés, hangars à l’abandon, voitures, tentes… les personnes sans domicile fixe sont de fait “voyageuses” et secrètes.

Mais comment agir efficacement avec et pour elles quand on ignore leur nombre et leurs besoins ? A la demande du réseau Carillon, l’ASC de Saint-Nazaire (Association Solidarité Création) a décidé d’initier une Nuit de la Solidarité, soit un dénombrement clair à travers toute la ville pour une analyse des besoins sociaux, immédiatement suivie en cela par la Mairie et les acteurs du même champ* du territoire.

Sur le modèle de Paris

Nuit de la Solidarité à Paris.

Mise en place à New York, la Nuit de la Solidarité est aujourd’hui un outil qui s’est développé à Athènes, Bruxelles, Berlin, mais aussi à Paris depuis trois ans, suivie par d’autres villes françaises.

« Nous nous sommes inspirés de Paris et de Rouen pour l’organisation, et Paris nous a fait parvenir les outils nécessaires, dont les formulaires pour les bénévoles », explique Philippe Colmard, président de l’ASC. Bénévoles sans qui cette action ne pourrait pas être menée. Ils étaient en effet 2 000 à Paris, il en faudra 180 à Saint-Nazaire pour couvrir les trente secteurs prédéfinis.

L’objectif ?

« Ce n’est pas une maraude comme les autres, ce n’est pas une intervention sociale. Les bénévoles interrogeront ces personnes, de façon totalement anonyme quant au nom et au lieu de la rencontre, sur leurs situations, leurs parcours et leurs besoins », précise Corinne Praud, directrice de l’ASC. « Il s’agit d’obtenir un chiffre réel, du moins pour ce soir-là, à un instant T. Le lendemain, il serait peut-être différent. Cette action n’aura de sens que si elle est renouvelée tous les ans, de manière à suivre les évolutions pour réajuster nos réponses et déterminer des décisions. Ce sera un outil pour le travail social, mais aussi un outil pour le dialogue avec l’Etat », continue Benoît Ferrandon, directeur général adjoint Proximité Solidarités de la Ville de Saint-Nazaire.

Soupe impopulaire du Carillon en février 2020.
Celle programmée le 9 octobre dernier a dû être annulée.

Réfléchir, peut-être autrement, pour trouver (inventer ?) des solutions vraiment adaptées à la population des personnes sans domicile fixe en tenant compte des besoins exprimés par les premiers concernés, sans en oublier une partie sur la route.

* Anef, Solidarité Estuaire, PASS du centre hospitalier, Opellia-Rose des vents, Mission locale, Protection civile, R’Eveillons la Solidarité, Totem, Croix-Rouge, Fraternité, Resto du cœur, Secours catholique, Circ, SIAO, Outil en main, A vos soins, Espoir au cœur, le Département de Loire-Atlantique et le CCAS de Saint-Nazaire.

///// Comment ça marche ? /////

Les bénévoles ont été contactés par les réseaux impliqués.
Trois RDV sont fixés au gymnase de l’école Carnot vendredi 16 octobre à 17h, 18h30 et 20h.
Les bénévoles suivent une mini-formation logistique et d’approche. Il leur est remis un gilet afin d’être bien identifiés et les formulaires d’enquête.

Constitutions d’équipes de 4 à 5 personnes, toutes encadrées par un référent professionnel ou associatif.

Chaque équipe part arpenter le secteur qui lui a été assigné à la rencontre des personnes à la rue.

Les référents reviennent au gymnase Carnot pour remettre les questionnaires qui seront analysés par l’ACS, le CCAS et l’ADDRN.

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