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mar. 16 févr. 2021 Associations # Saint-Nazaire

L’investissement solidaire le pari gagnant

Les Cigales investissent dans la jeune entreprise la Fabrique de la Presqu’île et son projet de produire des cosmétiques bio en pariant sur l’insertion, notamment des personnes autistes.

Delphine Biette (à gauche) et Mélanie Aumon (au centre) entourées des investisseurs des Amarres.

Il y a deux ans, Les Amarres* de Saint-Nazaire, petite structure de capital-risque affiliée à l’association régionale le Club d’investisseurs pour la Gestion alternative et locale de l’Epargne solidaire (association les Cigales), investissait auprès de l’épicerie solidaire Totem pour l’achat de son premier frigo. Aujourd’hui, c’est au tour de la toute jeune Fabrique de la Presqu’île de bénéficier de son soutien citoyen. L’entreprise créée en juillet dernier produit de manière artisanale des cosmétiques bio. Pour Delphine Biette, co-fondatrice avec Mélanie Aumon, ce projet est la concrétisation d’un long processus qu’elle a entamé il y a treize ans, à la naissance de son premier enfant. « J’étais très méfiante des produits industriels, je me suis donc mise à faire mes propres cosmétiques et produits hygiéniques », raconte-t-elle. D’autant que le monde du savon lui était familier, on pourrait-même dire qu’elle est née dedans, puisque son arrière-grand-père produisait déjà des savons à Nantes, les fameux savons Biette.

Les Amarres mettent aujourd’hui à sa disposition 2 400 euros, devenant ainsi actionnaire minoritaire de l’entreprise pour une durée de cinq ans. « Nous avons été séduits par les valeurs communes que nous partageons, explique Henri Brunet, Cigalier. « Notre objectif est de soutenir l’économie et l’emploi local », réaffirme-t-il. Cet apport en trésorerie a permis à la Fabrique d’investir dans des moules en bois d’origine française pour la fabrication de ses savons.

Insertion et autisme

La jeune entreprise se démarque également pour avoir intégré un volet social et solidaire dans sa démarche artisanale. « Nous sommes certifiés Entreprise de l’Economie sociale et solidaire (NDLR : ESS) car nous avons la volonté d’ouvrir notre porte à l’insertion et aux personnes touchées par l’autisme », tient à souligner Mélanie Aumon, elle qui a travaillé près de dix-sept ans dans l’accompagnement social, notamment à l’Udaf (NLDR, Union départementale des associations familiales).

S’installer à la Bouletterie s’est d’ailleurs révélé comme un choix naturel. « C’est le quartier de Saint-Nazaire où il y a le plus fort taux de chômage. Nous voulons participer à son dynamisme », revendiquent les deux entrepreneuses. Concrètement, « entre deux candidatures à compétences égales, nous donnerons la priorité à la personne qui vient de ce quartier ».

Concernant le volet de l’autisme, la Fabrique travaille déjà avec la Fondation 3A et les Esat de Saint-Nazaire et Pontchâteau. « Les autistes qui travailleront en atelier seront en autonomie », précisent-elles.

Moins d’un an après sa création, l’entreprise va donner le 22 février prochain le coup d’envoi de sa première marque de cosmétiques Ma Pohème via le lancement d’une campagne de financement participatif. Les clients pourront précommander les premiers produits mis à la vente. Si l’installation de producteurs de cosmétique bio et éco-responsable est en importante augmentation, « le marché est en pleine expansion. La demande est tellement importante que les entreprises n’arrivent pas à suivre », se veut rassurante Delphine Biette (lire ci-dessous). Des arguments qui ont convaincu tous les investisseurs, même les banques, confiants dans ce secteur en plein développement. Les deux jeunes femmes ont de quoi regarder l’avenir avec optimisme.

* Lire notre article du 3 décembre 2019 “Cigales soutiennent fourmis

 

///// Evolution du marché du cosmétique bio mondial /////

Le chiffre d’affaires mondial des cosmétiques naturels, qui pèse 34,6 milliards d’euros, a augmenté de 8,8 % entre 2018 et 2019.
Le cabinet d’études Kline estime que, d’ici à 2024, son marché mondial devrait atteindre les 48 milliards de dollars.
Il représente :
18,6 % du marché des soins du visage, en croissance de 27 %
5,2 % du marché des dentifrices, en croissance de 93,3 %
9,5 % des produits pour le bain et la douche, en croissance de 27,4 %
9,5 % du marché des produits capillaires, en croissance de 55,4 %

 

///// Evolution de l’ESS sur la Carene /////

A l’échelle de la Carenne, L’ESS représente près de 4 000 salariés, soit autant que le secteur du BTP. Ces acteurs du monde économique et social sont présents dans de nombreux domaines : l’insertion, l’industrie, l’éducation ou encore la santé. Environ 11 % des salariés du secteur privé travaillent dans une structure de l’ESS.

Pour autant, selon la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire des Pays de la Loire, « sur le terrain, nous observons que de plus en plus de sociétés commerciales adoptent ce statut juridique permis par la loi de 2014. A ce jour, la statistique publique n’est pas en mesure de nous livrer des données socio-économiques fiables sur les sociétés commerciales de l’ESS ». Cependant, grâce à un partenariat avec le greffe du tribunal de Nantes, l’organisme a pu recenser en 2019 en Loire-Atlantique 39 établissements répartis sur 6 Communautés de communes différentes (74 % sont implantés sur Nantes-Métropole).

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