Dans un mois, le Life
devrait ouvrir ses portes.
Une programmation
éclectique qui bouscule
les codes culturels bien
pensants... “Global life :
Japon(s)”, son premier
événement, en est la
preuve. Et la probable
venue de Sonic youth,
cet été, sa consécration.
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Le Life mise sur une politique
tarifaire avantageuse,
oscillant de 3 € à 8 € ! |
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Christophe Wavelet :
« Faire voler en éclats
les fenêtres, les
champs de références,
venir au Life sans
savoir ce que l’on
vient y voir. Juste pour
y faire de nouvelles
expériences ». |
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L’art, Christophe Wavelet en fait « une affaire
publique », le Life, son relais. « Un dispositif qui
donne à réfléchir, à sentir. » Un lieu où les oeuvres
et la pensée de tout à chacun s’activent à bousculer
les « normes écrasantes, à démonter les programmes
de représentations dominants », à s’affranchir, sinon
riposter contre ce processus de globalisation qui tend
à l’homogénéisation des cultures. Sûr, le directeur
du Lieu international des formes émergentes (Life)
(dont l’ouverture officielle devrait « si tout se passe
bien » prendre date le 24 novembre) ne manque pas
d’audace. Et il aurait tort de s’en priver à en juger
par ce foisonnement artistique qui grouille de toutes
parts sur la planète monde. Seulement, le cinéma, la
télévision, bref l’industrie culturelle dans son ensemble, qui n’a de cesse de se mettre au diapason de l’économie mondiale, « entretient la confusion, alors qu’il existe des milliards d’autres choses dont on veut nous faire croire qu’elles sont mineures. Et c’est loin d’être le cas », rétorque cet ancien enseignant d’art et de philosophie, critique d’art et commissaire d’exposition.
Sa programmation en est la preuve : les “Ciné life” où
des musiciens interviendront sur des films muets, les
soirées Lounge du jeudi pour les 18-35 ans mixées
par de jeunes DJ dont leur réputation n’est plus à faire
(Le Nazairien Zôl et la Nantaise Myako), les “Life du
life“, au printemps où les oeuvres travailleront à effacer les frontières des disciplines, et cet été une exposition transdisciplinaire consacrée au plus grand groupe de rock de notre temps, Sonic youth qui devrait donner un concert ! En attendant, place à “Global life”, la première grande manifestation de ce centre artistique
sans nul autre pareil en France. Un événement
récurrent qui, un mois durant, mettra en lumière,
dans un magma d’oeuvres et de discours cohérents et accessibles à tous, « une cartographie,
indispensable à l’heure actuelle,
des espaces contemporains ». Comment
l’art se vit, se construit, se déconstruit,
se sent, se pense selon là où vous vous
situez, dans un pays, une région, une ville
du monde ? Pour la prima, Christophe
Wavelet a jeté son dévolu sur le Japon.
Elle prendra le nom de “Global life :
Japon(s)”, au pluriel, s’il vous plaît, « car
nous sommes sans cesse confrontés à la
pluralité, et la vie n’est qu’un poudroiement
hétérogène qu’aucun cadrage normatif ne
peut réduire ». Le message mérite d’être clair. Aussi
limpide que celui diffusé par ces essences japonisantes qui
s’articuleront sur trois axes : une exposition hétéroclite
(photos, installations, architecture, vidéo...), une
série de projections d’une vingtaine de films issus du
grand cinéma d’auteurs japonais, dont entre autres
Kurosawa, Mizoguchi, Oshima et Noami Kawase,
laquelle fera l’objet d’une attention toute particulière,
avec la présence d’une jeune réalisatrice française,
Laëtitia Miklès qui lui a consacré un documentaire.
Toujours au chapitre du 7e art, une soirée spéciale,
pour adultes exclusivement, abordera la représentation
de l’érotisme au Japon. Mais rassurez-vous, les
enfants ne seront pas en reste, car chaque dimanche
après-midi, ils pourront découvrir l’univers géantissime
du maître sacré du film d’animation Hayao Miyazaki.
Les grands aussi, d’ailleurs ! En parallèle, le Life organisera
des interventions live (performances, spectacles,
concerts), « présentations de nouvelles formes qui
s’adressent à un public curieux et avides de faire
des expériences ». Discussions, débats d’un nouveau
genre, que Christophe Wavelet a souhaité baptiser “Les
parlements du life”, « une scène où coexistent toutes
sortes de gens qui devisent, partagent, informent,
s’informent, soulèvent des questionnements brûlants
sur comment la globalisation se passe ici, ailleurs, et
comment les oeuvres qui y sont confrontées en sont
restituées ». Des chercheurs japonais et français, de
grands penseurs aussi viendront animer ces temps de
réflexion. Des intellectuels, certes, mais « capables de
s’adresser à tous, j’en ai fait mon pari ». Car l’enjeu est bien là, que les Nazairiens participent pleinement à ses joutes rhétoriciennes non dénuées d’intérêt.
Quand on vous disait que Christophe Wavelet
en faisait une affaire publique...
Marie Bulteau |