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Article du 24 octobre 2007
 
 
De Miyazaki
à Sonic youth

Dans un mois, le Life devrait ouvrir ses portes. Une programmation éclectique qui bouscule les codes culturels bien pensants... “Global life : Japon(s)”, son premier événement, en est la preuve. Et la probable venue de Sonic youth, cet été, sa consécration.





Le Life mise sur une politique tarifaire avantageuse, oscillant de 3 € à 8 € !







Christophe Wavelet : « Faire voler en éclats les fenêtres, les champs de références, venir au Life sans savoir ce que l’on vient y voir. Juste pour y faire de nouvelles expériences ».
 

L’art, Christophe Wavelet en fait « une affaire publique », le Life, son relais. « Un dispositif qui donne à réfléchir, à sentir. » Un lieu où les oeuvres et la pensée de tout à chacun s’activent à bousculer les « normes écrasantes, à démonter les programmes de représentations dominants », à s’affranchir, sinon riposter contre ce processus de globalisation qui tend à l’homogénéisation des cultures. Sûr, le directeur du Lieu international des formes émergentes (Life) (dont l’ouverture officielle devrait « si tout se passe bien » prendre date le 24 novembre) ne manque pas d’audace. Et il aurait tort de s’en priver à en juger par ce foisonnement artistique qui grouille de toutes parts sur la planète monde. Seulement, le cinéma, la télévision, bref l’industrie culturelle dans son ensemble, qui n’a de cesse de se mettre au diapason de l’économie mondiale, « entretient la confusion, alors qu’il existe des milliards d’autres choses dont on veut nous faire croire qu’elles sont mineures. Et c’est loin d’être le cas », rétorque cet ancien enseignant d’art et de philosophie, critique d’art et commissaire d’exposition. Sa programmation en est la preuve : les “Ciné life” où des musiciens interviendront sur des films muets, les soirées Lounge du jeudi pour les 18-35 ans mixées par de jeunes DJ dont leur réputation n’est plus à faire (Le Nazairien Zôl et la Nantaise Myako), les “Life du life“, au printemps où les oeuvres travailleront à effacer les frontières des disciplines, et cet été une exposition transdisciplinaire consacrée au plus grand groupe de rock de notre temps, Sonic youth qui devrait donner un concert ! En attendant, place à “Global life”, la première grande manifestation de ce centre artistique sans nul autre pareil en France. Un événement récurrent qui, un mois durant, mettra en lumière, dans un magma d’oeuvres et de discours cohérents et accessibles à tous, « une cartographie, indispensable à l’heure actuelle, des espaces contemporains ». Comment l’art se vit, se construit, se déconstruit, se sent, se pense selon là où vous vous situez, dans un pays, une région, une ville du monde ? Pour la prima, Christophe Wavelet a jeté son dévolu sur le Japon. Elle prendra le nom de “Global life : Japon(s)”, au pluriel, s’il vous plaît, « car nous sommes sans cesse confrontés à la pluralité, et la vie n’est qu’un poudroiement hétérogène qu’aucun cadrage normatif ne peut réduire ». Le message mérite d’être clair. Aussi limpide que celui diffusé par ces essences japonisantes qui s’articuleront sur trois axes : une exposition hétéroclite (photos, installations, architecture, vidéo...), une série de projections d’une vingtaine de films issus du grand cinéma d’auteurs japonais, dont entre autres Kurosawa, Mizoguchi, Oshima et Noami Kawase, laquelle fera l’objet d’une attention toute particulière, avec la présence d’une jeune réalisatrice française, Laëtitia Miklès qui lui a consacré un documentaire. Toujours au chapitre du 7e art, une soirée spéciale, pour adultes exclusivement, abordera la représentation de l’érotisme au Japon. Mais rassurez-vous, les enfants ne seront pas en reste, car chaque dimanche après-midi, ils pourront découvrir l’univers géantissime du maître sacré du film d’animation Hayao Miyazaki. Les grands aussi, d’ailleurs ! En parallèle, le Life organisera des interventions live (performances, spectacles, concerts), « présentations de nouvelles formes qui s’adressent à un public curieux et avides de faire des expériences ». Discussions, débats d’un nouveau genre, que Christophe Wavelet a souhaité baptiser “Les parlements du life”, « une scène où coexistent toutes sortes de gens qui devisent, partagent, informent, s’informent, soulèvent des questionnements brûlants sur comment la globalisation se passe ici, ailleurs, et comment les oeuvres qui y sont confrontées en sont restituées ». Des chercheurs japonais et français, de grands penseurs aussi viendront animer ces temps de réflexion. Des intellectuels, certes, mais « capables de s’adresser à tous, j’en ai fait mon pari ». Car l’enjeu est bien là, que les Nazairiens participent pleinement à ses joutes rhétoriciennes non dénuées d’intérêt. Quand on vous disait que Christophe Wavelet en faisait une affaire publique...
Marie Bulteau

   
 
Fondé en 1981, le groupe newyorkais de rock indépendant Sonic youth, vénéré dans le monde entier, devrait être en concert cet été à Saint- Nazaire. A cet effet, une exposition, qui tournera dans les musées d’art contemporain européen, américains et mexicain, lui sera consacrée trois mois durant, présentant un ensemble d’oeuvres réalisées par des artistes admiratifs de son travail.








Le cinéma d’auteur japonais sera mis en lumière, avec la projection de vieux films signés entre autres Mizoguchi et Kurosawa. Le cinéma d’animation également, avec le légendaire Miyazaki (photo) pour le plus grand bonheur des petits et des grands !








Pour cet artiste contemporain, sa vie est matière de l’oeuvre d’art. Et lorsqu’on lui demande des explications sur son travail, il répond par une carte postale avec ces seuls mots : « Je suis toujours vivant. On Kawara ».