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mar. 11 févr. 2020 Livres # Saint-Nazaire

Réflexion, imaginaire et écriture

D’une rencontre entre des enfants de CE2, un auteur et une psychologue clinicienne férue de philosophie est née une pièce de théâtre : “Hélio, enfant voleur d’immortalité”.

>> Cécile El Medhi et Sylvain Renard.

Sylvain Renard, auteur et metteur en scène, et Cécile El Medhi, psychologue clinicienne qui anime les ateliers philo jeune public d’Athénor à Saint-Nazaire, se sont rencontrés grâce à la malice de Brigitte Lallier-Maisonneuve, directrice d’Athénor. Il s’agissait d’intervenir dans deux classes de l’école Ernest-Renan de Saint-Nazaire, un CE1 et un CE2, dans le cadre du Parcours d’éducation artistique et culturelle. « Nous avions carte blanche, il nous fallait inventer une façon de travailler ensemble dans une école, c’était tout… », se souvient Sylvain Renard.

Cécile El Medhi a finalement provoqué deux ateliers philo sur les thèmes “La curiosité est-elle un mauvais défaut ?” et “La mort est-elle égale à l’immortalité ?”. « Les enfants acceptent facilement de débattre de ces questions. J’ai tiré les fils pour aller vers la complexité dans une recherche collective. C’est ça la philosophie, accepter de regarder la complexité », explique-t-elle. A partir de ce matériau, Sylvain Renard a mené deux ateliers d’écriture avec ces mêmes enfants et construit un texte synthèse dans lequel les enfants ont reconnu leurs mots, leurs idées, leurs réponses. « Je voulais écrire une petite scène, un texte polyphonique, sans penser à des personnages. »

La mission était déjà terminée, venait le temps du bilan avec Athénor. Que faire de cette scène ? La décision est prise : continuer avec la classe de CE2, cette fois-ci dans l’objectif d’écrire une pièce entière, un texte théâtral fini. « Je suis arrivé auprès des élèves avec ce projet. J’ai proposé des personnages, mais comment les appeler ? Des lieux, mais lequel choisir ? De semaine en semaine, je les ai entraînés dans une histoire, on s’interrogeait sur les possibles, on expérimentait, ils découvraient de fait les règles d’une forme théâtrale, ils inventaient une façon de dire. J’écrivais entre les séances et leur restituais les scènes une par une. Ils ont ainsi découvert le travail d’écriture, le faire et le refaire. Pour eux qui ont des difficultés  à accepter l’erreur, ce fut une réelle libération de voir qu’un adulte pouvait se tromper et l’accepter, découvrant l’écart entre savoir et recherche. »

Texte gonflé à l’hélium de l’imaginaire, Hélio, enfant voleur d’immortalité n’attend plus aujourd’hui qu’un plateau pour être habité. Poétique et drôle, il laisse en effet toute la place à de futurs souffles de comédiens. En attendant, on peut le lire avec plaisir, que l’on soit petit ou adulte, on peut aussi en faire la lecture aux plus jeunes tant il questionne avec des mots simples et des personnages aussi espiègles que sérieux, comme seuls savent être les enfants. L’immortalité ?
“Enzo : tu te fais renverser par une voiture
Luna : ben tu n’es pas mort” 

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