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mar. 19 juin 2018 Portraits

Mamadou Sall, conteur et passeur d’esprits

« J’aime penser, comme le disait l’écrivain malien Hamadou Hampâté Bâ, qu’une histoire est comme un miroir : chacun y voit son image, y prend ce qui le touche. »

Il reçoit son visiteur en tunique traditionnelle et dans les odeurs de thé à la menthe. Il ne manque pas grand-chose pour que Mamadou Sall sorte la calebasse, la kalimba et le cajòn et pour que, dans son appartement nazairien, il enchaîne sur l’un de ses contes qui vous transportent à l’autre bout de la terre… Mais le “piroguier du désert”, comme il aime à se surnommer, accepte finalement de raconter une autre histoire, celle de sa vie. Qui débute dans le Sud de la Mauritanie, dans un petit village au bord du fleuve Sénégal, entre une mère Wolof et un père qui appartient au peuple Peul. Economiste de formation en mal de travail, Mamadou va finalement se tourner vers le tourisme, proposant aux randonneurs, le soir au bivouac, « une autre manière de voyager dans ma culture, grâce aux contes ». Des contes qui accompagnent le Mauritanien depuis l’enfance et qui sont finalement devenus son métier, « parce que les gens m’ont encouragé à continuer, mais surtout parce que je voulais faire connaître, en France et ailleurs, la culture de mon pays ».

Le Limousin, Paris, Grenoble, Lyon, mais aussi la Belgique, l’Afrique, le Chili… Partout, Mamadou fait voyager ses histoires et ses auditeurs, avec l’intime conviction que « conter, c’est aussi s’impliquer dans l’actualité, aider les gens à vivre en leur expliquant le monde où ils évoluent. » Discrimination, désertification, réchauffement climatique… autant de thèmes qu’il développe (comme en octobre 2010 à Toulouse lors d’une rencontre organisée par le CNRS) dans des récits qui trouvent leurs sources dans son pays, où il repart chaque hiver passer du temps avec des anciens « étonnés et ravis de pouvoir transmettre leur tradition orale ». En Mauritanie, Mamadou Sall donne également naissance à ses spectacles, écrit… et se ressource.

Avant de revenir à Saint-Nazaire, son port d’attache depuis 2007, où le conteur mauritanien dit se « plaire beaucoup. Parce que c’est une petite ville et que la mer n’est pas loin ». Propice, peut-être, à l’inspiration.

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