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mar. 12 mars 2019 Portraits

L’image comme expression

Nicolas Ruann vient de monter sa première exposition photographique personnelle à Nantes. A 31 ans, ce Nazairien commence à se faire une place.

Photographie extraite de la série “Person” (2017).

« On dit que le ventre est le deuxième cerveau de l’être humain et, pour moi, l’art est quelque chose de très viscéral. » Voilà dix ans que Nicolas Ruann pratique la photographie en autodidacte, développe ses projets artistiques, se fait connaître ici ou là. Il expose habituellement dans des lieux confidentiels et des cafés, comme au Bar l’Appart de Saint-Nazaire.

La photographie est arrivée par hasard dans sa vie. Ce Nazairien de 31 ans souhaitait avant tout réaliser des films. « A vrai dire, je n’appréciais pas la photographie ! Je la trouvais très froide, inerte. » Pourtant, peu à peu, il s’aperçoit qu’elle peut être un moyen de mettre en scène ses idées autour de thématiques variées comme le corps humain et la peau, la nature, la surconsommation, la question identitaire ou encore la psychologie des tueurs en série sur lesquels il a monté une exposition en 2010.

Aujourd’hui encore, Nicolas Ruann voit l’appareil photo comme un pur outil de travail et non comme un objet de plaisir. Et dans sa démarche artistique, la prise de vue reste un moment « que je déteste car je sais exactement ce que je veux ». A cet instant, il n’y a donc pour lui aucune place à l’improvisation. « Pour moi, la prise de vue c’est de la composition, un peu comme une peinture  », qui répond à une réflexion en amont, de la recherche à l’écriture du storyboard, là où la liberté de création s’exprime.

Autoportrait.

D’année en année, Nicolas Ruann enrichit son travail, avec de la sculpture par exemple. « Je me lasse très vite des choses, donc j’ai besoin d’explorer de nouveaux horizons à chaque fois. Et je n’ai pas envie, non plus, qu’il y ait de redondance pour le public. C’est pour cela que je n’ai jamais travaillé deux fois avec le même modèle. » Et de la vidéo, bien entendu. En 2015, il tourne son premier court-métrage, Onium, sélectionné dans différents festivals comme Chéries-Chéris à Paris, le Film court de Troyes et SPE Media festival en Floride. « C’est un premier essai, un beau brouillon je dirais. »

Même s’il ne vit pas encore de son art, il poursuit ainsi son petit bonhomme de chemin loin des qu’en-dira-t-on… jusqu’à sa première exposition personnelle Lost Identities présentée fin février à la Cale 2 créateurs sur l’île de Nantes. En à peine une semaine, plus d’un millier de personnes ont poussé la porte de ce hangar. « J’ai l’impression que cette exposition a touché un public éclectique. L’objectif de mon travail est de bousculer les codes et les gens dans la bienveillance et sans gratuité aucune. J’aime cette idée que ces photographies ne doivent laisser personne indifférent car l’art est un partage. »

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