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mar. 27 févr. 2018 Cinéma

[zoom] Blade Runner 2049

(Etats-Unis 2017) science-fiction de Denis Villeneuve avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Robin Wright, Jared Leto. Durée : 2h45.

Note de la rédaction :

On imagine aisément la pression ressentie par Denis Villeneuve (Prisoners, Premier Contact) au moment de se lancer dans la réalisation d’une suite du Blade Runner de Ridley Scott. LE film culte par excellence, moyennement bien reçu à sa sortie en 82, mais qui s’est forgé une solide réputation au fil des ans, faisant même l’objet de plusieurs remaniements (Director’s Cut en 1992 puis Final Cut en 2007).

Trente-cinq ans plus tard, voici donc l’occasion pour Harrison Ford de reprendre à nouveau (après Indiana Jones et Han Solo) l’un des rôles qui ont forgé son succès, celui de Rick Deckards, chasseurs de “répliquants“ rebelles (c’est-à-dire d’humains artificiels créés pour servir d’esclaves). Dans les années qui ont suivi la sortie du film, de nombreux fans à travers le monde défendirent l’idée que Deckards était lui-même un répliquant (hypothèse non affirmée clairement dans le film) et Blade Runner 2049 va en toute logique explorer cette piste. Mais comme si cela ne suffisait pas, Denis Villeneuve et les scénaristes s’offrent le luxe d’apporter un nouveau regard sur certains faits contés dans le film original (qui lui-même s’inspirait d’une nouvelle de l’écrivain Philip K. Dick). Entreprise ô combien “dangereuse“ tant les fans de SF peuvent se montrer intransigeants lorsque l’on touche à leurs œuvres de référence. Pourtant, il faudrait vraiment faire la fine bouche pour trouver à redire à cette longue fresque de 2h45, qui en aucun cas ne trahit le film de Ridley Scott. Futur pessimiste, mégalopoles surpeuplées constamment arrosées par la pluie, bas quartiers sordides, etc. Seule manque la superbe musique de Vangelis (élément fort de Blade Runner), tout de même citée à quelques reprises par Hans Zimmer.

Tout comme son aîné, Blade Runner 2049 est un film qui prend son temps, privilégiant ambiances et dialogues (les silences sont aussi savamment dosés). Pas de débauche visuelle gratuite, mais de vrais partis pris esthétiques qui nous réservent de beaux instants de magie tels que ce vieil hôtel renfermant des reliques du passé, notamment des hologrammes chantants d’Elvis et Sinatra.

Souvent montré du doigt pour son jeu d’acteur monolithique, Ryan Gosling s’avère finalement être un bon choix pour jouer le rôle de l’agent K. Un répliquant formé pour chasser ses semblables et censé ne ressentir aucune émotion. Paradoxalement, c’est lui qui va se montrer le plus touchant lorsque son humanité va se dévoiler au fil d’une enquête riche en rebondissements… et en fausses pistes.

La barre était placée haut, mais Denis Villeneuve l’a franchie aisément. Un bon entraînement pour lui, avant de s’attaquer à un autre monument de la SF pour 2019 : Dune !

Avis à chaud d’un spectateur
« Une belle suite, lumineuse, captivante, hypnotique et cohérente qui, cependant, trop propre, ne surpasse pas la version de 1982. Denis Villeneuve confirme sa virtuosité de réalisateur. » (Vanessa, 43 ans)

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