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mar. 27 févr. 2018 Cinéma

[zoom] Downsizing

(Etats-Unis 2018) science-fiction d’Alexander Payne avec Matt Damon, Kristen Wiig, Christoph Waltz. Durée : 2h16.

Nous ne l’ignorons pas, la Terre va mal. Aux USA, des chercheurs imaginent un moyen radical de limiter l’impact écologique des hommes sur la planète : les rapetisser. Le nouvel Homme mesurera douze centimètres, et consommera donc en proportion, c’est-à-dire presque rien. Imaginez des maisons “immenses“ de quelques mètres carrés, des steaks de 10 grammes et des piscines grandes comme des lessiveuses. Pour accueillir les précurseurs de ce nouveau monde, on construit de luxueuses mini-villes, parfaites répliques des plus beaux quartiers américains, cernées de murs protecteurs et recouvertes de filets contre les dangers tels les gigantesques moustiques.

Comme d’autres, c’est bien plus cette promesse de vie dorée qu’un militantisme environnemental qui attire Paul Safranek et sa femme. Mais au moment de sauter le pas, seul Paul passe du côté des tout-petits. Le voilà donc, seul, dans une de ces résidences privées coupées de l’extérieur, à imiter la vie du dehors, en “mieux“…

Alexander Payne nous offre un début de film aussi comique que bourré de fantaisie. Les scènes de “rapetissement“ sont grotesques à souhait, comme celle où les minuscules femmes et hommes sont retirés de leurs lits devenus XXXXL pour eux avec des pelles à gâteaux. A travers Paul, bellement interprété par un Matt Damon un brin poupin, il porte un regard cynique sur ces “nouveaux riches“ qui ont une nouvelle fois transformé une utopie en un rêve américain matérialiste et vain, un rêve qui continue à reposer sur le clivage social. Et oui, pas de servis sans servants, pas d’opulence sans misère. Mais…

Mais il se perd dans une satire sociale simpliste, se focalisant sur des portraits de personnages dessinés à gros traits, tels le jouisseur arriviste Dusan Mirkovitc (malgré le talent de Christoph Waltz) ou la caricature d’humaniste jouée par Hong Chau, qui frise le racisme anti-viet. Quant aux écolos originels, ils deviennent une bande d’adeptes terrorisés par l’apocalypse, proches de la secte du Temple solaire.

Une idée formidable qui fait… plouf. A vouloir être aussi gros qu’un blockbuster, Dowsizing n’est resté qu’une grenouille.

Avis à chaud d’un spectateur
« Très sympa, original, bien joué. Un peu trop long par contre, plus de deux heures, ça manque de nervosité. » (Théo, 19 ans)

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