Retour à la liste de la catégorie Cinéma
mar. 04 juin 2019 Cinéma # Cinéville

[zoom] Sibyl

(France 2019) comédie dramatique de Justine Triet avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel.
Durée : 1h40.
Avertissement.

Note de la rédaction :

Le regard d’une femme sur une autre. Celui de la réalisatrice, Justine Triet, sur ce qu’est d’être une femme aujourd’hui, sur leur droit de décider pour leur corps et sur les choix d’une vie. C’est aussi le regard de l’héroïne, Sibyl, merveilleusement incarnée par Virginie Efira, sur une jeune actrice dans la tourmente, Margot, jouée par Adèle Exarchopoulos. Pour son troisième long-métrage, Justine Triet donne toute sa place aux personnages féminins. Ce film représente à merveille cette complexité d’apprendre à vivre avec son passé, de se réinventer et de suivre un chemin initiatique du jeu des apparences jusqu’à l’acceptation. Avancer, tomber, se relever, assumer.

Malheureusement, très vite, on peine à croire au scénario inutilement alambiqué. Et on subit l’histoire plus qu’on ne la vit. Au départ, cette psychanalyste ex-alcoolique est rattrapée par son envie d’écrire un livre. Elle décide de quitter la plupart de ses patients pour se consacrer à son histoire. Mais l’inspiration ne vient pas. Jusqu’au jour où elle croise le destin de Margot, tiraillée entre sa carrière de comédienne et l’enfant qu’elle porte en elle. Sibyl décide d’enregistrer les séances de psychanalyse avec cette nouvelle patiente. Elle ira même jusqu’à la rejoindre sur le tournage d’un film à Stromboli.

Certes, cela donne de belles images de paysage (superflues), mais interroge sur la vraisemblance d’un tel choix. Un sentiment amplifié par d’improbables scènes comme ce moment où la réalisatrice (Sandra Hüller) abandonne son tournage en partant à la nage et laisse les commandes à la psychanalyste… On n’est pas loin de la caricature du milieu cinématographique où la star fait des caprices et la réalisatrice des crises d’hystéries.

Dommage. Parce que la profondeur du personnage principal aurait suffi à donner un film puissant avec un juste équilibre entre psychologie et humour. Un film où l’on aurait réussi à entrer dans la tête de cette femme en pleine crise identitaire, où l’on se serait questionné et aurait cherché des réponses avec elle.

Heureusement, la scène finale est de cette dimension-là et vaut bien quelques minutes d’ennui.

Avis à chaud d’un spectateur
« Par moment, je perdais le fil à cause des flash-backs. Même s’il a des défauts, ce film ne laisse pas indifférent. » Muriel, 41 ans.

Partager votre avis