Retour à la liste de la catégorie Cinéma
lun. 20 janv. 2020 Cinéma # Ciné Donges

[zoom] Selfie

(France 2020) comédie de Thomas Bidegain, Marc Fitoussi, Tristan Aurouet, Cyril Gelblat et Vianney Lebasque avec Manu Payet, Blanche Gardin, Elsa Zylberstein.
Durée : 1h47.

Note de la rédaction :

Selfie commence sur les chapeaux de roues avec l’histoire de Bettina, professeure de français bloquée sur le Grevisse qui communique par Twitter avec un youtubeur inculte surgonflé par son succès et qui comble sa solitude en devenant accro de son écran, ou cette famille moyenne qui filme jusqu’à l’implosion son petit garçon malade en comptant les “Likes” de ses “followers”. Ou même cet homme qui consomme selon des algorithmes qui vont diriger sa vie… C’est drôle, caustique, et ces images de Smartphones ou de portables omniprésents dans notre quotidien ne nous épargnent guère. Ces personnages dont les émotions et les manques existentiels se retrouvent captés et digérés par le numérique renvoient à une réalité aussi terriblement burlesque que désespérante. Tous les bons ingrédients sont là pour une comédie grinçante et enlevée. 

Malheureusement, Tristan Aurouet, Thomas Bidegain, Marc Fitoussi, Vianney Lebasque et Cyril Gelblat, les cinq réalisateurs, ne tiennent pas la distance. Ils tentent maladroitement de croiser les cinq histoires qu’ils installent, abandonnent en route celles qui s’essoufflent, et nous perdent dans un final à la Agatha Christie qui tomberait en quenouille. C’est décevant, le sujet est d’importance et l’épingler par le rire était un excellent parti pris. Les comédiens tiennent pourtant la route (mention spéciale à Elsa Zylberstein et Blanche Gardin), aucun milieu social n’est épargné, les errances arrivent à émouvoir dans leur triste cocasserie, les travers du nouveau monde sont comiquement brocardés… Le scénario de Selfie manque peut-être juste d’une colonne vertébrale, pris à son propre piège quand il se met à butiner jusqu’à s’égarer sur la Toile. Dommage.

Avis à chaud d’un spectateur
« C’est un tour de force de faire un film drôle sur un sujet préoccupant. Ça donne envie de fermer son portable et de serrer dans ses bras ceux qu’on aime. » (Marion, 37 ans)

 

Partager votre avis