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lun. 24 févr. 2020 Cinéma # Saint-Malo-de-Guersac

“Occuper la terre… en plantant des idées”

Partie vivre au Brésil, la Nazairienne Oriane Descout raconte le cheminement de création d’un mode de vie alternatif dans son film “Château de terre”.

Pendant qu’un couple de Joao de Barro construit son nid de boue en forme de four sur la branche d’un arbre, Oriane et Marreco cherchent un terrain pour eux aussi créer leur maison de terre dans le Minas Gerais, un Etat du sud-est du Brésil.

Cette histoire, Oriane Descout, 32 ans, originaire de Saint-Nazaire, la raconte dans son documentaire Château de terre, projeté ce dimanche 1er mars au Ciné Malouine de Saint-Malo-de-Guersac. « Fin 2011, je faisais du woofing* au Brésil et je suis tombée amoureuse de Marreco. Il venait de terminer ses études en agro-écologie et était employé dans un éco-village. » Elle poursuit : « Ce film montre notre parcours, nos doutes, nos échecs et permet de vivre de l’intérieur la mise en place d’un mode de vie alternatif. Pour moi, la communauté ce n’est pas seulement un lieu de vie, c’est aussi une dynamique tout autour. On n’est pas obligé de tout partager pour avoir un esprit de communauté. On n’est pas non plus obligé de tout lâcher pour créer un système alternatif. Je pense que l’on peut changer les choses sans se couper du monde même si, évidemment, certains trouvent leur bonheur dans l’isolement ».

Depuis 2012, le couple a ainsi intégré différents réseaux d’entraide, participé à des mutirãos, des chantiers participatifs et solidaires, et a notamment découvert le Mouvement des sans-terre qui se bat pour la réforme agraire. Ces travailleurs ruraux repèrent des terrains inexploités, les occupent et revendiquent l’expropriation de leurs propriétaires par l’Etat. Les terres sont ensuite divisées en parcelles et réparties entre des familles qui en ont l’usufruit. « Ce mouvement s’intéresse aussi à l’agro-écologie car c’est un mode de production plus accessible économiquement. On le sait, c’est un grand privilège d’avoir réussi à acheter un terrain, alors on essaie de le rendre accessible à tous. » Le couple organise donc des ateliers, des actions dans les écoles, accueille des woofeurs et des locaux, et a créé Ecoletivo, une association agro-écologique et collective.

D’abord diffusée sur Internet sous forme de Web-série, cette aventure de sept ans est devenue un film grâce à une coproduction franco-brésilienne. Oriane Descout a déjà à son actif Ecrit dans la marge, un documentaire sur le Lycée expérimental de Saint-Nazaire, et la coréalisation de Puisqu’on nous envoie promener, sur la marche de sans-papiers de Paris à Nice en 2010. Château de terre, diffusé à la Société civile des auteurs multimédia de Paris le 13 mars prochain et sélectionné au Millenium Documentary film festival de Bruxelles, marque le début d’une nouvelle aventure puisque la réalisatrice a déjà obtenu un financement pour le tournage d’une série télévisée de portraits de femmes de la campagne.

* Travailler dans une ferme biologique en échange du gîte et du couvert.

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