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mar. 01 juin 2021 Cinéma # Ciné Malouine

[zoom] Petite maman

(France 2021) drame de Céline Sciamma avec Joséphine Sanz, Gabrielle Sanz, Nina Meurisse.
Durée : 1h12.

Note de la rédaction :

Une maison de retraite. Nelly, 8 ans, passe de chambre en chambre pour dire au revoir à leurs occupants. Dans la dernière chambre, le lit est vide et une jeune femme se tient de dos, raide. Sa grand-mère est morte, Nelly ne viendra plus lui rendre visite avec sa mère. Pendant que le père de la fillette charge dans une camionnette les quelques objets personnels de la défunte, mère et fille laissent derrière elles la longue allée qu’elles ont si souvent empruntée et se rendent dans sa maison, qu’il va bien falloir vider. Mais après quelques cartons, Marion, la mère, ne supporte plus le tri de ses souvenirs et quitte le foyer de son enfance, laissant Nelly seule avec son père. Nelly s’inquiète, Nelly s’ennuie dans ces pièces froides que l’on dénude. Pour occuper le temps, elle part explorer la forêt qui cerne la maison, à la recherche de la cabane construite il y a si longtemps par sa mère et qui fait partie des récits maternels qu’elle aime tant. De sortie en sortie, elle rencontre une petite fille de son âge qui construit une cabane. Elle s’appelle Marion… et une amitié va naître, abolissant la frontière entre passé et présent.

Tourné cet été, entre les deux premiers confinements, Petite maman n’a rien de la flamboyance de Portrait de la jeune fille en feu. Céline Sciamma choisit ici une délicate forme onirique pour aborder le vécu d’une enfant confrontée pour la première fois à la disparition irrémédiable. Et toutes les questions qui l’assaillent. Si sa grand-mère est morte, sa mère aussi mourra ? Que ressent sa mère aujourd’hui ? Ce qu’elle ressentira un jour elle aussi ? Sa mère a donc été une petite fille ? Comment était-elle ? Comment était-elle avec sa propre mère jeune ? Comment la consoler ? Comment traverser cette épreuve et survivre ?

Porté par deux vraies jumelles (Joséphine et Gabrielle Sanz), Petite maman, qui aurait pu s’appeler Maman petite, la tendresse et le désir de protection en plus, est un récit initiatique déroutant qui nécessite de se laisser porter par l’imaginaire enfantin pour qui le temps, comme étiré, n’est plus pour nous, adultes, qu’un vague souvenir.

Tout public.

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