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mar. 09 nov. 2021 Cinéma # Salle Jacques-Tati

[zoom] Les Olympiades

(France 2021) comédie dramatique de Jacques Audiard avec Lucie Zhang, Makita Samba, Noémie Merlant.
Durée : 1h46.

Note de la rédaction :

Le dernier film de Jacques Audiard est un trésor de chassés-croisés. Quel destin amoureux choisir quand on a trente ans en 2020 ?

Ils sont trois. Ou quatre, bientôt. Un homme, trois femmes. Ils se plaisent, se déplaisent, s’embrassent, font l’amour, cherchent leur place et explosent. Tout se passe ou presque dans le quartier des Olympiades, à Paris dans le 13e arrondissement.  Tour à tour, en quête de l’autre. En quête de l’amour évidemment, pas si facile à trouver dans ce monde de brutes, même quand on est beau et belle, lorsqu’on a presque trente ans. Ils se croisent, se ratent et réessaient. Ils font tout ça dans un film en noir et blanc, signé Jacques Audiard, aux cadrages soignés, avec des lignes de fuites, des gris perlés et des nuances lumineuses. Parfois la couleur survient, au fil d’un montage fin. Puis repart.

Nora est une agente immobilière qui reprend ses études. Emilie erre de boulot sous-qualifié en fête azimutée. Camille est un prof sérieux et prépare l’agrégation. Noémie Merlant est particulièrement touchante. Lucie Zwang, Makita Samba, Jehnny Beth sont à l’unisson. Il et elles oscillent entre une désinvolture  pour cacher leurs fragilités et leurs désirs. A la croisée des chemins et des cultures diverses. Des malentendus familiaux, des peines enfouies, des reconversions ratées  qui vont finir par remonter. Leurs vies sont parfois saccadées mais l’essentiel, même s’il fait peur, se met en place. Jacques Audiard adapte ici une BD d’Adrian Tomine, Les Intrus, parue en 2015 et primée au festival d’Angoulême. Il a eu recours à deux plumes féminines, pour l’adaptation et cela se sent. L’Audiard 2021 , « c’est » moins « du brutal » que d’habitude. Intense et sans concession certes, l’intimité est bousculée par les technologies, qui radicalisent la bêtise destructrice. Les quatre personnages évoluent avec une fluidité bienvenue vers leur destin amoureux final. Un poly-portrait plein d’esprit.

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