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mar. 23 nov. 2021 Cinéma # Salle Jacques-Tati

[zoom] Tre Piani

(Italie 2021) comédie dramatique de Nanni Moretti avec Margherita Buy, Nanni Moretti, Alessandro Sperduti.
Durée : 1h59.

Note de la rédaction :

A Estuaire, on aime bien Nanni Moretti. Cette fois-ci, on ne se lèvera pas pour lui, Nanni, ni pour ce film qui nous a laissé sur notre faim. Tre piani, en italien signifie trois niveaux. Dans un immeuble de Rome, plutôt CSP++,  trois familles voient leurs destins forcément entremêlés, d’une génération à l’autre, dans des séquences espacées de cinq années. Est-ce le souvenir des belles émotions fortes laissées par les précédents films du cinéaste italien, d’une dimension tout autre à celui-ci (Habemus Papam, La Chambre du fils) ? Est-ce novembre qui se fait de plus en plus frisquet ? Est-ce le masque qui pèse son poids ?

Moretti en demi-teinte

Comme tout le monde, surtout après cette crise sanitaire interminable, on attendait mieux d’un réalisateur si salvateur.  Le long métrage, qui joue habilement avec les degrés narratifs, les blocages des personnages n’est toutefois pas à jeter dans la poubelle jaune avec le ticket papier mais il lui manque une étincelle bienvenue. Celle qui transforme un film de bonne facture en émotion cinématographique bienfaisante, bouleversante.  Nanni Moretti, avec Tre piani, est donc victime de son grand talent et des attentes qu’il suscite. Dommage.

Sobriété figée

Tous les acteurs adoptent,  c’est la tonalité sobre et parfois atone du film, un jeu très intériorisé. Trop, peut-être.  Les situations dépeintes, excepté l’accident initial où le fils d’un juge renverse mortellement une femme avant de s’encastrer dans l’appartement du rez-de-chaussée, semblent trop classiques pour nous emporter. Tout se déroule dans ce microcosme italien urbain figé et condamné à l’absence de surprise.  Tout se délite dans cet univers  cadré, qui peine à gérer un accident meurtrier et ses conséquences. Pour les trois époques du récit, les trois étages et les trois familles de cet immeuble-théâtre, privilégier les apparences reste une question de survie.

 

Avis à chaud de 3 spectateurs
Mike, 70 ans « J’ai accroché. Le film raconte la vie de gens d’un milieu favorisé qui sont confrontés à une situation violente qui les déchire.  Ils font ce qu’ils peuvent pour tenter de recoller. » On a croisé une jeune fille qui a trouvé « les situations totalement incohérentes » et une troisième spectatrice qui a « totalement a-do-ré ! ».

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