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mar. 16 nov. 2021 Cinéma # Salle Jacques-Tati

[zoom] Une vie démente

(Belgique 2021) comédie d'Ann Sirot et Raphaël Balboni avec Jo Deseure, Jean Le Peltier, Lucie Debay.
Durée : 1h27.

Note de la rédaction :

Subtil, touchant et drôle. Une vie démente, c’est aussi la vie démontée d’Alex et Noémie. Ils veulent un enfant, consultent, se questionnent sur leur avenir. Suzanne, la maman d’Alex, directrice d’une galerie d’art veille sur eux en leur offrant quelques cadeaux. Le temps de découvrir leur quotidien et leur questionnement que, ton sur ton, maman Suzanne prend la tangente. Elle perd la boule, Suzanne. Atteinte de démence sémantique, une variante de la maladie d’Alzheimer. Gentiment, mais sûrement. Mamie Zinzin remplace peu à peu la professionnelle experte ès art contemporain. Toute cette chute, cette évaporation de Suzanne dans les limbes de son cerveau sans surmoi est montrée de belle façon, sans trop de heurts. L’humour reste belge, mais ne grince pas. Le couple fait face, étape après étape et on engrange avec eux les émotions.

On  traverse les affres des aidants, un quotidien qui se modifie et une vie qui continue, malgré tout. Malgré l’absence programmée. Beaucoup de tendresse et de poésie. D’empathie et de respect pour cette dame sexagénaire qui veut continuer à conduire sa voiture, alors que non, Suzanne, c’est juste pas possible. Comment rester soi-même quand on débloque ?

Dans The Father, Anthony Hopkins était un malade d’Alzheimer qui nous faisait vivre dans sa tête sa confusion mentale. Là, on regarde Suzanne et ses proches se débattre face aux défis d’un quotidien surréaliste,  nappé de tissu assorti ; passant du pastel aux couleurs tranchés. C’est beau et enrobant. Tout en douceur, même si la dégénérescence de l’esprit de Suzanne se révèle finalement très violente. L’actrice qui l’incarne, Jo Deseure est formidable et juste du début à la fin.

Attention, vous risquez de regarder bizarrement votre robot tondeuse. De lui parler même si vous en possédez un, en sortant. D’éprouver la bizarre envie d’écouter une version heavy metal des Quatre saisons. C’est violent, évidemment mais jamais cruel. Bienveillant.  L’humour grinçant belge sera pour après demain.

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