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dim. 08 mars 2020 Rendez-vous # Saint-Nazaire

“Un homme sur deux est une femme”

Ce 8 mars, Journée internationale de lutte des femmes pour l’égalité des droits, des femmes du monde entier vont une nouvelle fois sortir dans les rues pour combattre les inégalités liées aux genres. Quels que soient les événements inventés pour cela, différents selon les contrées et les urgences, elles affirmeront une nouvelle fois leur existence et leurs exigences. A Saint-Nazaire aussi.

L’histoire des femmes de Saint-Nazaire est intrinsèquement liée aux luttes ouvrières et à la solidarité d’après-guerre. En 68 aussi, elles se sont mobilisées pour les autres par des quêtes, des cantines… Selon les états de prises de conscience et l’actualité nationale ou même internationale, des mouvements sont nés, ont disparu, sont revenus, de nouveaux ont émergé, cela grâce à la richesse associative de la ville. Aujourd’hui comme hier, les femmes sont au cœur des mobilisations sociales, la grande différence est qu’elles veulent le faire savoir. Et les temps sont cruels avec leurs lots de révélations d’abus et de violences, leurs sinistres listes d’assassinées, une évolution sociétale qui a pour conséquence la multiplication de femmes seules avec leurs enfants, une inégalité des salaires et des temps de travail, la fameuse “charge mentale” qui ne diminue pas, un sexisme récurrent… Mais les paroles se libèrent et sortent maintenant sans honte des groupes de militantes pour interpeller la population et les pouvoirs publics.

De nouveaux mouvements se sont récemment créés et ont rejoint les associations historiques de Saint-Nazaire, comme Femmes solidaires et le Planning familial. Rassemblant des femmes de toutes les générations, avec une recrudescence de la jeunesse, ils ont en commun la volonté de mener des actions communes, sans guerre d’ego. « Nous réussissons à faire ensemble parce que chaque groupe reste autonome, nous sommes complémentaires et toutes les paroles sont entendues. On n’a pas non plus de problème de texte commun, on est dans une action collective avec des expressions différentes. On a l’habitude de bosser ensemble, on avance. »

Elles s’appellent donc Maude, Esperanza, Anaïs, Cécile, Sophie, Virginie, Léonie, Elodie, Sylvie, Marie ou Angélique. Elles militent à F’lutte, au Planning, aux Amajaunes, aux Amies de May, à Femmes solidaires, à Ils ne nous feront pas taire ou aux Guerrières de l’Ouest. Leur inter-collectifs féministes sera bien visible ce 8 mars, ou plutôt ces 6, 7 et 8 mars, soutenu par d’autres associations tel le Mouvement de la Paix. Comme d’autres le seront à Paris, Copenhague, Londres, New Delhi ou Tunis… 

///// DISPOSITIF /////

Le Planning familial et Femmes solidaires font partie du dispositif de réseau d’alerte de la Ville de Saint-Nazaire qui a signé en novembre 2019 un Contrat local contre les violences sexistes et sexuelles, contrat qui fait partie du plan de lutte contre les violences conjugales mis en place par le Gouvernement.


Le Planning familial 44
Né en 1956 sous l’appellation “La maternité heureuse”, l’association devient le Mouvement français pour le Planning familial, dit le Planning familial, en 1960. Ses valeurs sont fondées sur l’égalité femmes-hommes, la liberté de vivre une sexualité épanouie, l’accès à la contraception et le droit à l’avortement. L’antenne nazairienne du Planning familial 44 (également à Nantes et Blain) est ainsi un lieu d’écoute, d’information, et de consultations médicales et gynécologiques. « Depuis notre déménagement avenue de Gaulle, nous avons pu reprendre nos consultations de sages-femmes grâce à ces locaux plus vastes. Notre proximité avec la Maison des adolescents est également une bonne chose, c’est beaucoup plus simple pour eux d’oser nous rencontrer. »
Renseignements : 80, av. du Gal-de-Gaulle, 02 51 10 79 79, contacts@planningfamilial44.com, plus d’info

Lire « Une écoute pour faciliter la parole ».


Femmes solidaires
Issu des comités féminins de la Résistance, l’Union des femmes françaises est devenue le mouvement féministe d’éducation populaire Femmes solidaires en 1998. Forte d’un réseau de 190 associations locales réparties sur tout l’Hexagone et dans les Dom-Tom, Femmes solidaires a pour but de lutter contre toutes les discriminations sexistes par tout type d’actions et de campagnes, de développer une éducation non sexiste en intervenant dans le milieu éducatif et de se porter partie civile dans les procès relatifs aux violences faites aux femmes.

Femmes solidaires Saint-Nazaire anime quatre permanences par semaine à la Maison des associations où elle écoute, conseille, oriente et accompagne les femmes dans leurs démarches en travaillant avec d’autres associations et des structures officielles. Elle propose aussi aux écoles et lycées des outils d’éducation non sexiste, à la demande du corps enseignant, mais aussi des collectifs de lycéennes qui se créent dans les établissements de la ville.

L’association élabore actuellement avec les Pieds dans le PAF un film qui retracera la mémoire de ce mouvement né en 1945 à Saint-Nazaire. Il s’appellera Matrimoine.
Renseignements : 06 29 22 16 55, femmes.solidaires44600@yahoo.com, permanences à la Maison des associations (2 bis, av. Albert-de-Mun), notre agenda

Lire « Femmes solidaires : « Rien n’est jamais acquis » ».


F’lutte
Un collectif né il y a deux ans sur la ville et devenu association en mai 2019. Son objectif est de provoquer des débats et de sensibiliser à travers des rencontres, de porter une parole aux différents organes nationaux. Il coordonne avec la librairie l’Embarcadère un comité de lecture féministe mensuel et participe aux marches nocturnes des filles lancées en 2018 par un groupe de lycéennes du Lycée expérimental. F’lutte a de plus monté une chorale festive et féministe, et récemment co-organisé avec le cinéma Jacques-Tati des ciné-débats avec le documentaire éco-féministe Ni les Femmes ni la Terre et le film d’Eva Trobisch, Comme si de rien n’était.
Renseignements : flutte@saint-nazaire.cchttp://flutte.saint-nazaire.cc


Les Guerrières de l’Ouest
Créé en septembre 2019 sur la base d’un comité de soutien aux femmes victimes de violences et contre les féminicides, ce collectif initie des actions ponctuelles, dont des collages sur les murs de la ville. En réseau avec les autres mouvements féministes, il oriente les femmes vers les collectifs existants.
Renseignements : guerrieresdelouest@gmail.com, page Facebook


Le groupe Femmes des Ami(e)s de May
Ce groupe non mixte, partie prenante de l’association Les Ami(e)s de May, se réunit une fois par mois en ateliers de réflexion féministe.
Renseignements : lesamiesdemay@riseup.net, notre agenda

Lire « Les Ami(e)s de May ».


Les Amajaunes
Issu des Gilets jaunes de Saint-Nazaire, ce groupe de femmes travaille à réveiller les consciences, à commencer par la leur. Elles travaillent à la libération de la parole sur les violences faites aux femmes et composent depuis six mois un recueil de témoignages anonymes. Elles préparent également une émission sur Futuradios, programmée un jeudi par mois de 21h à 23h.
Renseignements : amajaunes-sn@riseup.net


Ils ne nous feront pas taire
Ce comité de soutien aux élues constitué en mai 2019 s’est transformé en mouvement indépendant en octobre dernier. Son objectif est de repérer par l’écoute toutes les sortes d’intimidation et de violences faites aux femmes sur le territoire, de se constituer en organe lanceur d’alerte et d’orienter les victimes vers les structures qui pourront les soutenir.
Renseignements : ilsnenousferontpastaire@gmail.com, page Facebook


 

///// LE PROGRAMME /////

Vendredi 6 mars
Oui les femmes ont le droit de sortir sans avoir peur le soir

Marche de nuit non mixte et festive au départ de la place Blancho à 19h30.

Samedi 7 mars
Tou.te.s uni.es contre le patriarcat et le sexisme

de 10h30 à 12h30 : atelier d’écriture animé par Terre de slam au local des Ami(e)s de Mai (25, bd de la Renaissance).

15h30 : rassemblement place Nelson-Mandela avec prises de paroles des collectifs et information sur les retraites. Les hommes aussi sont attendus en nombre.

20h : soirée festive avec auberge espagnole et démonstrations de danse à la Maison du peuple (37, av. Albert-de-Mun).

Dimanche 8 mars
On s’arrête toutes

Toute la journée : grève des corvées, torchons, balais et tabliers aux fenêtres.

11h : surprise aux halles centrales.

12h : repas partagé au local des Ami(e)s de May.

14h30 : jeu des privilèges suivi d’un débat aux Ami(e)s de May.

17h : exposition sur les violences faites aux femmes, lecture de témoignages recueillis par les Amajaunes et de textes écrits la veille avec Terre de slam.

 

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