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ven. 20 mars 2020 - sam. 21 mars 2020 Spectacles # Saint-Nazaire

P.A.N.G ! Le Théâtre entre en gravité

C’est parti pour la 2e édition de ce temps fort de la saison du Théâtre de Saint-Nazaire placé cette année sous le signe du cirque avec une carte blanche donnée à Yoann Bourgeois.

>> Spectacle « Minuit »

>> Spectacle “Prologue – Ophélie”

Après avoir fasciné le public du Théâtre l’an dernier avec sa pièce Celui qui tombe, Yoann Bourgeois est à l’honneur pour cette nouvelle édition de P.A.N.G ! A la fois jongleur, acrobate, danseur, comédien, metteur en scène et co-directeur avec le chorégraphe Rachid Ouramdane du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis 2016, cet artiste semble inclassable. En 2004, il intègre le prestigieux Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Quelques années plus tard, sa rencontre avec la chorégraphe Kitsou Dubois sera décisive : elle a travaillé pour la NASA en simulant des expériences d’apesanteur… Et c’est bien grâce à elle qu’il découvrira les lois de la physique. Son rêve désormais ? Défier les lois de la gravité et tenter d’approcher « le point de suspension ».

L’art en équilibre

>> Spectacle “Minuit”

Pour P.A.N.G ! il a choisi de présenter Prologue, une suite de trois performances qui se jouent des éléments comme de la gravité. En déambulant dans les espaces du Théâtre, le spectateur découvrira ici un aquarium comme une sorte de chambre pour une danse aquatique et poétique. Là, il verra comment on jongle au rythme d’un métronome et d’une fugue de Bach. Plus loin, il assistera à un fascinant solo d’équilibre défiant la force centrifuge.

Dans Minuit, présenté sur la grande scène, c’est avec ses danseurs et la complicité de Laure Brisa à la harpe qu’il va opérer une tentative clownesque et existentielle de se redresser et tenir debout quand tout s’acharne contre lui. Virevoltes suivies de rebonds, élans et renversements des corps. Une bulle de grâce et d’invention.

Sans oublier la projection au cinéma Jacques-Tati de Grands fantômes, un film tourné au Panthéon dans lequel les danseurs tentent de braver de manière vertigineuse les lois de la pesanteur. Leurs corps semblant s’inscrire dans un mouvement éternel. Hypnotique !

>> Film « Les grands fantômes »

Et pour clore l’événement, le public sera invité à se déhancher sur un dancefloor enflammé avec le Dj Andrew Claristidge.


///// 3 questions à Yoann Bourgeois /////

Estuaire. La recherche de l’équilibre est au cœur de votre pratique, pouvez-vous définir ce que vous appelez « le point de suspension » ?
Yoann Bourgeois. Cette notion est à la croisée de deux domaines, la physique et le temps. C’est ce moment furtif où l’objet lancé en l’air atteint le sommet avant de retomber. Le temps s’arrête, c’est un présent absolu, comme une fenêtre sur l’éternité. Pour moi, il n’y a pas de distinction entre le corps et l’objet, il y a une interaction entre l’humanité et l’espace, le corps est traité en relation avec ce qui l’entoure. Je cherche à rendre perceptible ce phénomène, et c’est précisément ce carrefour qui crée la force poétique.

Votre réflexion est-elle aussi existentielle ?
En effet, je cherche ce moment ultime où nous réconcilions le corps et l’esprit, la gravité et la légèreté. Je tente de représenter notre condition d’humains et de mettre l’humanité face à des choses qui la dépassent. L’Homme est un vecteur et non pas un acteur. La question que je me pose est : comment peut-on continuer à tenir debout ? C’est une problématique à la fois physique et existentielle car on sent bien que quelque chose en nous ne cesse de tomber. 

Dans la pièce Minuit, la musique occupe une grande place…
En effet, le rôle de la harpiste Laure Brisa est fondamental, c’est une femme-orchestre, le fil rouge qui relie la succession des numéros. Elle est sur le plateau et joue ses compositions ainsi que celles de Philip Glass. La musique participe au processus de création qui se met en marche, cela procède par strates, par empilements, cette matérialité débouche sur quelque chose d’éthéré, comme en apesanteur.

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