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mar. 01 déc. 2020 Activités # Besné

Un mouton fait moins de bruit qu’une tondeuse

La commune de Besné expérimente l’éco-pâturage pour l’entretien de ses parcelles. Une formule écologique qui fait mouche.

Depuis l’interdiction des pesticides en 2017 pour l’entretien des espaces publics, des initiatives sur le développement durable portées par des entrepreneurs et des associations tentent de faire bouger les lignes auprès des collectivités. La commune de Besné et la Carene ont ainsi été convaincues de mettre en place de l’éco-pâturage pour entretenir deux parcelles du  bourg.

Une dizaine de moutons d’Ouessant seront donc installés sur ces deux espaces situés au cœur du nouveau lotissement. « Ce sont deux parcelles qui sont très difficiles à entretenir mécaniquement car zones humides, il y a des fossés, des haies boisées », évoque Mathieu Sabin, patron de sa société Les pâturages du Littoral, basée à Guérande, et à l’origine de cette initiative.

Maintenir la biodiversité

Cette méthode alternative complète l’entretien traditionnel par fauchage et tonte. « Cela permet de garder une diversité naturelle sur les parcelles. Les moutons ne mangent pas tout. Ils sont sélectifs. L’intervention mécanique reste brutale pour la nature », explique l’entrepreneur qui a travaillé un temps dans le secteur paysagiste et a été choqué par les pratiques pas toujours écologiques de ce milieu.

L’éco-pâturage a aussi une autre vertu environnementale : il permet de soutenir l’élevage de races de moutons rustiques qui ont été abandonnées au profit de races plus productives en laine et en viande. « Ce sont des moutons qui ont l’habitude de vivre sous nos climats, de vents et de pluie. En plus, ils sont moins sensibles aux maladies », tient-il à préciser, bien que l’éleveur impose néanmoins un abri, pour leur confort, même si les animaux peuvent vivre à l’année en extérieur.

L’objectif est également « de faciliter une gestion différenciée* des équipes des collectivités. Elles seront libérées de certaines zones de tonte et pourront utiliser leur temps de travail sur d’autres activités comme la plantation ou le désherbage… ».

Des arguments qui ont fait mouches et fini par convaincre. Sans compter que cette pratique remplit également un rôle social et pédagogique. « Les habitants vivront au rythme de la vie du troupeau, marquée durant l’année par la tonte, les naissances, les soins apportés par le berger. » Mathieu Sabin a par ailleurs déjà mis deux moutons mâles en pâture à l’IME Marie-Moreau de Saint-Nazaire.

L’éco-pâturage connaît actuellement un véritable boom, soulignant le fait que l’utilisation d’un savoir-faire ancestral n’est pas forcément désuet.

* La gestion différenciée permet de gérer au mieux le patrimoine vert d’une ville avec des objectifs précis et en tenant compte des moyens humains.

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