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lun. 10 mai 2021 Associations # Pornichet

Sous le sable des dunes : des vies à protéger

L’association naturaliste Bretagne Vivante a été missionnée par la Ville de Pornichet pour aider à la préservation de la dune grise de Bonne-Source.

La dune est tout sauf un tas de sable. Elle abrite un écosystème et une biodiversité à préserver qui sont menacés à la fois par l’érosion naturelle et par l’homme. C’est pourquoi, dans un objectif de préservation, la Ville de Pornichet a missionné l’association Bretagne Vivante pour procéder à un inventaire de la faune et de la flore de la dune grise de Bonne-Source. Espace naturel dit “remarquable” en raison de son intérêt écologique, elle s’étend sur 3,6 hectares entre les avenues Paolini, des Hirondelles, de Bonne-Source et le chemin de la Falaise.

La dune “grise” n’est pas une dune mobile comme on la connaît en bord de plage, appelée aussi dune blanche, qui s’effrite et se reconstitue au fil des saisons. C’est au contraire une dune fixée par la végétation. Sur ce territoire limité, « on retrouve des plantes endémiques, plutôt rares dans le département, comme l’ophrys araignée et l’orchis bouc », explique Stéphane Cauchy, élu en charge de la Transition écologique.

Victime de piétinement

L’Ophrys araignée

Cette nécessité de préservation était déjà soulignée en 2007 dans un rapport de présentation du plan local d’urbanisme : « La végétation des dunes est malheureusement plus ou moins rudéralisée* et dégradée selon les secteurs, ou bien colonisée par des fourrés et des boisements de peupliers et de nerprun alaterne. » Ces dégradations sont principalement liées aux piétinements excessifs, aux déchets, aux passages d’engins motorisés qui ont engendré des phénomènes d’érosion et l’apparition de plantes invasives : « Si la dune est actuellement si jaune, c’est dû au piétinement qui a permis aux plantes annuelles de proliférer au profit des vivaces endémiques, précise Pascal Lacroix, botaniste pour Bretagne Vivante. Et ce sont ces plantes annuelles qui sèchent en ce moment, faute d’eau. »

Un premier inventaire a déjà été réalisé en 2015 par le Conservatoire botanique de Brest, l’association Bretagne Vivante en ayant réalisé la mise à jour. Cette dernière intervient également chaque hiver, avec la Ville de Pornichet et des associations locales telle l’association de protection du cadre de vie de Bonne-Source, en pratiquant l’enlèvement des plantes invasives. Le peuplier étant bien implanté, l’action de l’homme se révèle en effet nécessaire afin d’endiguer sa prolifération. « Plus on le coupe, plus il repousse et colonise la dune. La technique, plutôt que d’arracher, est de leurrer les pousses. On va juste abîmer un peu d’écorce, on fait un cerclage incomplet, superficiel du rejet, à l’aide d’un couteau : on le fait végéter. Il faut essayer de ne pas creuser sur la mousse », explique l’association naturaliste.

Faire renaître la biodiversité

L’Orchis bouc

La dune grise de Bonne-Source n’est pas la seule sur la commune à connaître une gestion environnementale. Depuis cet automne, la dune du port, située entre la capitainerie du port d’échouage et la rotonde, bénéficie d’un important programme de restauration et de protection. Fortement dégradée, elle était devenue un espace naturel mal identifié et malmené par les activités humaines. Après un engraissement, qui a consisté à réutiliser le sable qui s’accumule chaque année au pied de la digue, plus de 12 000 brins d’oyats ont été plantés et des gavinelles en bois ont été posées de manière à piéger le sable sous l’effet du vent. Pour Stéphane Cauchy, « en restaurant cette dune, c’est toute une biodiversité qui va renaître, faune et flore, sur laquelle nous souhaitons sensibiliser, afin que chacun prenne conscience de l’importance de préserver cet écosystème ».

* Se dit d’un site fortement transformé par une activité humaine non ordonnée (décombres, terrain vague, etc.).
Source :
Dictionnaire de la botanique.

Un Village paysan à Donges

L’association Bretagne Vivante, dont le siège est à Brest, gère via son antenne locale Estuaire Loire-Océan plusieurs réserves naturelles dans la région de Saint-Nazaire, comme l’îlot de la Pierre-Percée à Pornichet et le domaine du Bois-Joubert à Donges. Ce dernier, propriété de l’association depuis 1981, s’étend sur 55 hectares au nord-ouest de la commune de Donges, à la lisière du Parc Naturel Régional de Brière. Il est constitué de bâtiments, de terres agricoles et de marais. Sur la partie agricole du domaine, réserve de biodiversité ordinaire, Nicolas Guérin, agriculteur bio, produit du lait à partir de vaches de race Pie noir de Bretagne. Il comprend également un verger conservatoire d’une superficie d’un hectare planté de près de 120 pommiers à cidre de 60 variétés anciennes venant du Grand Ouest, arbres en hautes tiges n’ayant subi aucun traitement chimique depuis plus de vingt ans et qui produisent de 5 a 10 tonnes de fruits chaque année.

L’association a lancé l’été dernier un appel à projet agricole avec l’accompagnement du Groupement des agriculteurs biologiques de la Loire-Atlantique afin de compléter l’offre agricole autour d’une structure collective. Condition sine qua non, les projets doivent s’insérer dans une agriculture biologique.

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