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mer. 13 oct. 2021 - sam. 16 oct. 2021 Associations # Saint-Nazaire

Les Passerelles, faire changer le regard sur le handicap

Une quarantaine d’associations se mobilise pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap. Le premier festival dédié se déroulera du mercredi 13 au samedi 16 octobre.

Qu’est-ce que l’inclusion des personnes en situation de handicap dans la vie associative, dans les loisirs, le sport ou la culture ? Comment l’encourager ? Comment rendre accessible ce qui pour un valide semble aller de soi ? C’est le défi auquel va tenter de répondre une quarantaine d’associations lors du festival Les Passerelles, qui se déroulera du mercredi 13 au samedi 16 octobre. « On estime que cela concerne 10% de la population », relève Didier Chapeau, administrateur de Saint-Nazaire Associations (SNA), association qui a d’ailleurs piloté le projet. « Ces personnes qui veulent ou peuvent s’engager subissent malheureusement l’isolement ». Si les manifestes et les intentions* s’accumulent ces deux dernières décennies, c’est avant tout le monde associatif de sa propre initiative qui fait bouger les lignes. Il innove et recherche des solutions, mais trop souvent les associations agissent seules et de manière éparpillée. Un manque de visibilité auquel Les Passerelles tenteront de remédier.

« Il y a un besoin de synergie. Les associations ont besoin de travailler ensemble. Seul, on n’a pas assez de force pour peser dans les décisions », reconnaît Robert Richou, vice-président de SNA. Car les initiatives des unes peuvent inspirer les autres.

« Comment faire de la mixité entre valides et non-valides dans une même association ? », interroge Didier Chapeau. Un chantier gigantesque compte tenu des forts préjugés qui existent toujours dans la société actuelle.

Les Passerelles se fixent donc comme objectif de faire changer les regards. Parmi les associations qui présenteront leurs activités, Estuaire en a interrogé deux qui, au quotidien, favorisent l’inclusion.

Handisport avec l’Alerte de Méan

Depuis 8 ans, l’Alerte de Méan, en parallèle de ses activités sportives traditionnelles, ne cesse d’enrichir ses activités pour les personnes souffrant de handicap. Sur ces 505 adhérents, le club en comptabilise 70 répartis dans les différentes sections dédiés aux non-valides. « Nous répondons à un réel besoin. Il y a beaucoup de demandes, indique Christine Legrais de la section handisport du club. Nous proposons des activités physiques adaptées destinées notamment aux personnes souffrant de la sclérose en plaque, de maladies neurodégénératives comme la gymnastique douce ou la marche nordique ». Le club possède également une section handisport adultes et enfants. « Nous proposons également la boccia, qui est un sport para-olympique. Cela ressemble à de la pétanque en salle avec des boules en cuir. D’ailleurs, nos adhérents peuvent s’inscrire pour de la compétition ou du loisir. Pour notre activité tir à l’arc, nous bénéficions des conseils avisés du champion de France sur le matériel. Il l’adapte en fonction des handicaps ». Et tous ces adhérents sont très investis dans la vie du club. « Nous partageons tout en mixité. Et tout le monde est très demandeur », se réjouit-elle.
Renseignements : sportsante@alertedemean.org, alertedemean.org

Les adhérents de la section de torball l’Alerte de Méan.

Le Bal Jam de l’association Pélopée

Elodie Brillon est une artiste qui travaille depuis de longues années avec des handicapés de tous types. S’inspirant de la danse post-moderne, de la danse contemporaine et de la danse contact improvisation, elle a développé un dispositif de spectacle et de théâtre adapté et participatif : le Bal jam. Cela se prépare comme un bal. Au centre de la scène, entourés par le public, deux danseurs : un valide et un non-valide. « Le valide vient soutenir le mouvement de la personne non-valide », explique-t-elle. « Cela permet d’offrir un espace de liberté d’expression à une personne qui n’en a pas. En ouverture de bal, je mets le public en situation de mouvement, j’oriente son regard, je le décale de sa place de public traditionnel. C’est une manière de casser les préjugés ». Un dispositif qui rencontre un véritable succès. « Les gens en redemandent car cela leur redonne un peu de confiance en soi et surtout de liberté. Je travaille avec les associations de parents d’enfants handicapés, les instituts médico-sociaux ». Aujourd’hui, Elodie Brillon propose son dispositif avec les non-voyants, qui « souffrent particulièrement d’isolement ».
Renseignements : associationpelopee@gmail.com

* Dans son rapport de décembre 2020, la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme) appelle à prendre conscience de l’importance du décalage entre l’ambition de discours politiques au plus haut niveau et la réalité vécue au quotidien.

 

///// Contre les préjugés /////

Moins de 3 % des personnes handicapées sont en fauteuil roulant.

85 % des déficiences sont acquises après l’âge de 80 ans et 80 % des handicaps sont invisibles.

Près de 40 % de la population connaît et fréquente régulièrement une ou plusieurs personnes en situation de handicap. Pour 4 personnes sur 10, le handicap fait partie de la réalité quotidienne.

14 % de la population générale déclare une altération de l’état fonctionnel, qui peut être d’ordre motrice, sensorielle et/ou cognitive.

41 % des personnes bénéficiant d’une reconnaissance administrative d’un handicap déclarent avoir été l’objet d’un rejet ou d’une discrimination en raison du handicap.

64 % des personnes interrogées estiment que le handicap est un obstacle au bonheur et à une vie épanouie.

(Source : Rapport sur les stéréotypes et préjugés concernant les personnes handicapés par la Commission nationale consultative des droits de l’homme, juillet 2021).

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