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mar. 22 oct. 2019 Sport # Saint-Nazaire

Bouge ton corps

Faire du sport gratuitement et sans engagement autre qu’avec soi-même… c’est possible avec Body Art Athlètes de rue.

Un mardi comme les autres à la Soucoupe de Saint-Nazaire. Ils sont plus de deux cents. De 16 à 67 ans, seuls, en couple, avec des amis, en famille, vêtus de toutes les tenues imaginables, ils accueillent par des applaudissements les nouveaux venus avant de s’échauffer par une course sur les volées de marches et entre les gradins. Dans un rituel bien rodé, les voilà qui se placent en cercle autour du coach de la soirée qui donne les consignes d’exercices au micro, encadré par quatre démonstrateurs de l’association visibles de partout. C’est parti pour des séries de squats, abdominaux, gainage, fentes, pompes… heureusement bien soutenues par des musiques rythmées et des encouragements collectifs. C’est intense, certains suivent de bout en bout quand d’autres ralentissent ou font des pauses, mais tous vont jusqu’aux étirements de clôture de séance et la photo de groupe finale.

L’idée est sortie de l’imagination de deux collègues de travail passionnés de sport, inspirée d’un concept né à Lyon en 2011 : permettre de faire du sport librement et gratuitement. Elle a très vite séduit et fédéré d’autres jeunes bénévoles pratiquant en amateurs. « C’est un projet collectif et nous fonctionnons comme tel. Nous avons créé notre association en janvier 2016. Au début, pas plus de 30 personnes participaient aux séances, aujourd’hui il y en a autour de 270 le mardi et 90 le dimanche. Ça c’est fait par le bouche-à-oreille », se félicite Edouard Ollie, un des membres fondateurs.

La particularité de cette association, qui répond par ailleurs scrupuleusement à toutes les prérogatives administratives, dont les assurances : une administration collégiale, ni inscription ni adhésion. « Nous sommes constitués d’un bureau et d’une équipe technique bénévole – une douzaine de personnes* qui tournent – qui prépare collectivement les séances et les encadre. Nous partageons cette même passion que nous voulons rendre accessible au plus grand nombre. Si les pratiquants veulent soutenir l’association, ils peuvent acheter un T-shirt, mais cela n’a rien d’obligatoire », continue Edouard Ollie.

Et ça marche, Body Art attirant des participants d’un rayon aussi large que Saint-Brévin, Savenay ou Missillac : les étudiants qui ne peuvent payer un abonnement à une salle de sport s’y bousculent, mais aussi ceux qui savent ne pas pouvoir assurer une présence sur l’année, qui viennent quand leur propre club ferme durant les vacances ou qui, tout simplement, apprécient cette synergie. « Ici, pas de compétition, tous les niveaux sont mélangés, du très sportif au débutant, pas de pression. On peut pratiquer une fois par semaine ou plus, comme on le souhaite, et durant toute l’année, dont les mois d’été sur la plage. Et puis finies les grandes résolutions de septembre ou de janvier que l’on ne suit pas… chaque séance peut être unique ! » 

* Les encadrants suivent des formations avec l’OMS ainsi que des stages de premiers secours.

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