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mar. 19 juin 2018 Portraits # Saint-Nazaire # Trignac

L’amitié déplace des montagnes

Depuis moins de deux ans, Raphaël Mounier et Amirouche Ould Kaci s’investissent à 100 % pour la communauté d’Emmaüs 44 Saint-Nazaire.

Sur le ton de l’humour, ils comparent leur amitié… à une histoire d’amour ! Raphaël Mounier et Amirouche Ould Kaci, co-responsables d’Emmaüs 44 Saint-Nazaire, se sont rencontrés en 2008 à Limoges. Un vrai coup de foudre amical et professionnel s’est produit autour de valeurs humaines communes, d’un engagement profond et d’une sensibilité sincère. Entre-temps, chacun a tracé son chemin dans différentes communautés de France, mais ils se l’étaient promis : un jour ils travailleraient ensemble.

Ebéniste de formation, Raphaël Mounier a découvert le métier de responsable d’une communauté Emmaüs en 1995  « grâce à un ami qui a été stagiaire, puis salarié ». En 2000, cet Ardéchois quitte la menuiserie, devient salarié itinérant à Emmaüs France après une formation et parcourt 22 communautés à Marseille, Lyon, Angers… et Limoges, où travaille Amirouche Ould Kaci, salarié de l’association locale depuis cinq ans. « On n’arrive pas à Emmaüs par hasard, mais souvent grâce à une rencontre. Surtout, on n’y reste pas par hasard, confie Amirouche Ould Kaci. En 2000, j’étais demandeur d’asile algérien à Paris. Un jour, j’ai accompagné une personne au 32, rue des Bourdonnais, dans le 1er arrondissement. C’était un accueil de jour Emmaüs et les membres cherchaient des bénévoles. J’ai débuté par la distribution de petits déjeuners à 5 heures du matin et j’ai appris ce qu’était Emmaüs. » Il quitte Paris et trouve une place à Limoges en tant que compagnon. Là, il fait face à une nouvelle organisation, découvre les grands entrepôts, les dons, les ventes… En 2003, il devient salarié et, en 2010, passe la formation de neuf mois pour devenir responsable. A cette époque-là, Raphaël Mounier arrête l’itinérance et intègre la communauté de Vannes pour cinq ans.

///// Des émotions fortes /////

« Dans mon parcours, j’avais entendu dire que c’était quelque chose de magique de participer à la création d’une communauté. » Quand l’opportunité s’est présentée à Trignac, en 2016, il n’a pas hésité et a tout de suite pensé à son ami, alors responsable de la communauté de Nancy, pour venir l’épauler. « L’objectif était d’amener la communauté vers l’indépendance par rapport à celle de Nantes. Depuis fin 2016, nous ne sommes plus une antenne, mais bien une structure autonome. » Chaque jour, le duo travaille au développement de cette communauté de soixante bénévoles qui est passée de huit à quinze compagnons en un an et demi. En septembre, ils devraient être vingt-deux.

Selon eux, sans cette amitié, rien n’aurait été possible : « Si l’équipe s’entend bien, il y a un effet bénéfique sur la communauté. » Ce lien unique leur donne aussi la force de surmonter toutes les émotions, positives et négatives, que procure ce métier. Etre responsable d’une communauté, c’est être « un funambule. Nous sommes toujours à la recherche de l’équilibre dans le groupe ». Il faut alors faire des choix, accompagner les compagnons pour qu’ils soient « acteurs de leur vie et non plus spectateur de leur déchéance. Cette responsabilisation est possible car Emmaüs est une chaîne de solidarité entre les compagnons, les bénévoles, les salariés, les partenaires ».

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