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mar. 27 févr. 2018 Cinéma

[zoom] Wonder Wheel

(Etats-Unis 2018) drame de Woody Allen avec Kate Winslet et Justin Timberlake. Durée : 1h40.

Deno’s Wonder Wheel Park, grand parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50. Ginny et Humpty tirent le diable par la queue : c’est la fin de la belle époque, leur manège ne leur rapporte plus grand-chose. Leur couple n’est guère plus reluisant. Ginny (une Kate Winslet qui a fait un long chemin depuis Titanic) regrette toujours son premier mari et Humpty (James Belushi, touchant malgré un rôle désavantagé) n’a pas oublié sa première femme décédée. Et si leur mariage leur a évité le naufrage définitif de deux noyés, il ne leur apporte rien de plus. Cela aurait pu continuer ainsi, de dispute en manque d’alcool, si Ginny n’avait pas rencontré Mickey (un Justin Timberlake parfait tellement il est insignifiant), jeune maître-nageur qui se rêve dramaturge, dont elle devient la maîtresse, projetant sur lui ses besoins de reconnaissance et ses rêves perdus d’une carrière de comédienne. Oui, Ginny a quarante ans, est serveuse dans un bar à huîtres et son fils est un petit pyromane invétéré, mais elle est à nouveau amoureuse et femme désirable. L’équilibre est fragile, si fragile qu’il bascule quand réapparaît Carolina, la charmante fille d’Empty qui fuit un mari gangster…

Que signifie cette romance qui tourne au mélodrame ? Que nous apporte la cruauté de ce marivaudage sur fond de manèges et de plages vintage ? Comment être touché par la férocité du portrait d’une Ginny désespérée à quarante ans, rendue hystérique par un jeune homme falot, confondant sa vie et les scènes d’une tragédie de théâtre, éperdument jalouse d’une jeune femme aussi désespérément innocente après avoir profité de l’argent de la pègre pendant plus de cinq ans ? Nous assistons là à la désagrégation d’une femme qui nous blesse par sa gratuité. Une belle lumière, de beaux décors et même de bons acteurs ne suffisent pas à nous parler. Nous avons vécu Wonder Wheel comme le film vaniteux d’un cinéaste hors jeu. Son âge n’est pas en cause ni même les accusations qui le poursuivent. Mais comment ne pas y être ramenés de force par cette histoire de belle-mère rendue folle par un amant qui lui choisit sa belle-fille ? Si ce n’est qu’ici, étrangement, l’amant est toujours jeune : les hommes ne vieilliraient-ils pas en même temps que les femmes ? Et pourquoi ce personnage de petit garçon qui met le feu partout, ne pouvons-nous nous empêcher de nous demander ? Serait-ce la seule vérité de ce film ?

Non, il y a aussi les acteurs, qui y mettent le meilleur d’eux-mêmes, on ne sait pourquoi.

Avis à chaud d’un spectateur
« J’ai bien aimé, les images sont très belles, mais ça m’a paru très long. En fait, la vérité, c’est que je me suis un peu ennuyé. Je n’aime pas dire ça, mais Annie Hall est bien loin, je me sens un peu orphelin. » (Tristan, 46 ans)

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