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jeu. 22 mars 2018 Cinéma

[zoom] Phantom Thread

(Etats-Unis 2018) drame de Paul Thomas Anderson avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville. Durée : 2h11.

La Seconde Guerre mondiale est terminée, les riches et nobles belles dames peuvent retourner se faire mouler sur le corps les robes du célèbre couturier londonien Reynolds Woodcock. Secondé par l’indéfectible fidélité de sœur Cyril (Lesley Manville), Reynolds (Daniel Day-Lewis) ne vit que pour son métier, jusqu’à l’obsession. Autour de lui, le monde tourne en silence – surtout, ne pas gêner le génie. Couturières et brodeuses travaillent bouches closes et pieds légers, petites amies attendent son bon vouloir et Cyril va au devant de ses moindres désirs tout en faisant barrage à toute éventuelle contrariété. Quant aux clientes, elles se prosternent devant celui qui accepte d’accuser leur taille et de galber leur poitrine en contraignant leurs mouvements dans le carcan de la féminité d’après-guerre. Le temps aurait pu continuer à s’écouler ainsi, confiné dans des petits déjeuners immuables et des essayages ritualisés, de robes de premier bal en robes de mariée, si Reynolds n’avait pas rencontré Alma (Vicky Krieps) dans un salon de thé. La jeune serveuse sans famille, sans richesse, porte sans le savoir en elle le naturel et la fougue que l’homme mûr et solitaire ne peut que tenter de vaincre pour les mettre en boîte, irrésistiblement attiré par ce qui lui échappe. Aller chercher le désordre pour mieux le figer à l’intérieur d’une image de muse, l’éclat de la vitalité pour mieux l’éteindre sous verre. Mais Alma a des ressources…

Phantom Thread nous enferme dans le huis clos d’une relation amoureuse toxique où le plus fort n’est pas celui que l’on croit. Son esthétique élégante et sa bande-son omniprésente ne sont que l’écrin d’un combat à mort où une femme aux prises avec la perversité creuse la faille jusqu’au terrassement. Quand le petit bruit du couteau qui beurre une biscotte devient trivialité exaspérante, quand les émotions doivent se couler dans les hauts et les bas des états d’âme imprévisibles de l’autre, quand les humiliations et les brimades s’intercalent entre les regards amoureux… on part… ou on se bat pour survivre à l’intérieur du piège. Ce sera le choix d’Alma, qui découvrira en elle des armes aussi perfides que celles de son adversaire. Jusqu’à la terrible et pauvre victoire.

Nous obligeant à assister à une remarquable autopsie de couple.

Mireille Peña

Avis d’un spectateur

« Superbe, magnifique. Et comme d’habitude, Daniel Day-Lewis est époustouflant de vérité, il est habité par son personnage jusqu’au plus petit tressaillement de sourcils, c’est incroyable. J’ai été subjuguée. » (Corinne, 38 ans)

https://www.youtube.com/watch?v=xH8wye72qFg

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