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mer. 25 avril 2018 - mar. 01 mai 2018 Cinéma # Ciné Malouine

[zoom] Place publique

(France 2018) comédie d’Agnès Jaoui avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Léa Drucker. Durée : 1h39.

Une fête « à trente minutes de Paris ». Nathalie, productrice TV (Léa Drucker), greffée à son téléphone par son oreillette, reçoit tout ce qui se fait de mieux à l’occasion de sa pendaison de crémaillère. La demeure est superbe, la piscine, le parc et les invités aussi, acteurs, producteurs, YouTubeur en vogue et autres célébrités du moment. Il y a également sa sœur, la toujours militante Hélène (Agnès Jaoui), et Castro (Jean-Pierre Bacri), l’ex-mari d’Hélène animateur d’une émission TV que Nathalie produit. Une ombre plane cependant sur ce décor bucolique de luxe : Castro risque le licenciement, les mèches folles de sa moumoute ne suffisant plus à cacher son vieillissement et ses recettes télévisuelles dépassées. Mais ce n’est pas tout. Hélène emboutit la grosse voiture toute neuve de son ex… Nina, leur fille, vient de régler ses comptes avec ses parents dans un livre à succès… la nouvelle – jeune – femme de Castro papillonne avec élégance… la serveuse locale, éblouie par tous ces gens connus, oublie de servir… le YouTubeur et sa bande de potes manquent de toute tenue… l’agriculteur voisin ne supporte pas ces Parisiens fêtards quand lui doit se lever tôt… et on en passe.

Unité de temps, unité de lieu : Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri retrouvent leur exercice de dialogues théâtraux de Cuisine et dépendance et d’Un air de famille. Mais il semble qu’ils avaient eu une bonne intuition en en confiant la réalisation à d’autres metteurs en scène. Car ici, malgré notre affection pour le couple et les bons souvenirs que nous en avons… nous restons cois. De quoi nous parlent-ils ? De vieux jetés par une jeunesse cruelle accro aux selfies ? Ou de has been aigris qui ne comprennent plus rien du mouvement du monde ? Le tout dans un petit milieu qui se nourrit de lui-même ? Probablement l’un, probablement l’autre… Pour notre part, nous avons attendu jusqu’au mot “fin” que le film commence, dans l’expectative d’une consistance qui n’est jamais venue. Et nous sommes – enfin – sortis de la salle avec un goût d’amertume triste, bien loin du Goût des autres.

Avis à chaud d’un spectateur
« Très délicat, ciselé comme de la dentelle, beaucoup de finesse. » (Anne-Marie, 58 ans)

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