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mar. 18 juin 2019 Cinéma # Salle Jacques-Tati

[zoom] Parasite

(Corée du Sud 2019) thriller de Bong Joon Ho avec Song Kang-Ho, Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong.
Durée : 2h12.
Avertissement.

Note de la rédaction :

Solidarité pour la survie oblige, le couple Ki-taek et ses deux enfants vivent de petits boulots qu’ils se partagent quand il le faut. Dans leur entresol où ils cohabitent avec les cafards, ils plient des piles de cartons de pizza et regardent avec dégoût leur bas quartier crasseux par leur fenêtre au ras du sol. Mais une opportunité se présente quand un ami du jeune Ki-Woo partant en voyage d’études à l’étranger lui propose de donner à sa place des cours particuliers d’anglais à une jeune fille de la haute. Ki-Woo entre donc dans la famille Park dont la maison d’architecte serait comme un bunker de luxe traversé des pas feutrés des “gens de maison”. Il va très vite voir les failles de cette famille hors sol qui ne peut vivre sans le maternage de son petit personnel de service. Il fait embaucher sa sœur comme art-thérapeute improvisée pour le petit garçon-roi perturbé de la famille, puis, sans vergogne, fait virer le chauffeur de maître au profit de son père et la gouvernante remplacée par sa mère. Une nouvelle vie s’ouvre à eux, plutôt confortable tant qu’ils ne « franchissent pas la frontière » de leur rôle, comme le répète M. Park. Bouffés de convoitise et de jalousie, ils tentent de mettre leurs mouchoirs sur les humiliations, aussi méprisants pour leurs employeurs que ces derniers le sont pour eux. Mais ce scénario assez banal des classes sociales va déraper et se transformer en jeu de massacre derrière l’immense baie vitrée des Park, comme un écran de cinéma ouvert… sur un huis clos en espace domestique.

Le réalisateur sud-coréen Bong Joon Ho réaffirme ici la force de son regard social dans cette farce désespérée où les “affreux, sales et méchants” côtoient La cérémonie de Chabrol. Dans un crescendo d’angoisse, il alterne avec art le grotesque, les corps-à-corps obscène de la guerre des classes et le monstrueux de la guerre entre les pauvres. Un thriller ou un film d’épouvante dont la virtuosité égale la violence d’une organisation sociale imperméable où les riches se pincent le nez, gênés par l’odeur qui colle à la peau des pauvres. Quoi qu’ils tentent, quoi qu’ils espèrent.

Un film aux arêtes coupantes qui laisse des égratignures.

Avis à chaud d’un spectateur
« Très bon film, mais je ne sais pas s’il méritait une Palme d’or. » (Fred, 53 ans)

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