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mar. 03 sept. 2019 Cinéma # Cinéville

[zoom] Once Upon a Time… in Hollywood

(Etats-Unis 2019) comédie dramatique de Quentin Tarantino avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie.
Durée : 2h42.

Note de la rédaction :

Bientôt trente ans que le réalisateur américain nous fait partager sa cinéphilie en couchant sur pellicule sa passion pour les séries B (voire Z) de son enfance. Il fait désormais partie des réalisateurs dont le nom suffit à vendre un film. Depuis l’incisif Reservoir Dogs, plusieurs tics jalonnent sa filmographie. Des dialogues qui durent, une violence décomplexée et esthétisée, des BO généralement percutantes (le “Misirlou” qui ouvrait Pulp Fiction en 1994 a marqué les esprits) et parfois des scenarii qui s’étirent inutilement. Quentin Tarantino aime communiquer au spectateur son amour pour le cinéma et c’est ce qu’il fait de façon frontale avec ce 9e long métrage se déroulant lors de l’âge d’or d’Hollywood. Alors que celui-ci s’était aussi fait une spécialité de remettre des acteurs has-been sur le devant de la scène (John Travolta avec Pulp Fiction) où même d’en révéler certains (Christoph Waltz avec Inglourious Basterds), il donne ici les deux rôles principaux à deux têtes d’affiche. Brad Pitt et Leonardo DiCaprio s’en donnent donc à cœur joie  (Brad Pitt étant d’ailleurs en mode cabotinage pendant tout le film), mais sans scenario solide pour donner du corps à leurs personnages. Comme si les deux acteurs pédalaient tels des forcenés sur un tandem sans chaîne, avec l’actrice montante Margot Robbie sur le porte-bagage. Bref, une belle carte postale animée d’un Hollywood fantasmé. Jocelyn Prouff

Août 1969. Martin Luther King a été assassiné un an plus tôt, Hollywood n’a rien vu. La guerre du Vietnam tue massivement, Hollywood ne voit rien. Le gourou Charles Manson a déjà dressé ses walkyries sanglantes pour tenter de déclencher une guerre raciale, le “Hollywood blanc” ne se doute de rien. Enfermés dans leurs bunkers de luxe, illuminés du soleil de Californie, les élus du cinéma ne luttent que pour garder leur place sous la chaleur des projecteurs. Tel Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), acteur spécialisé dans les westerns et les rôles de méchant, en route directe vers le ringardisme mais tout de même voisin de Polanski et de sa jeune femme Sharon Tate à Cielo Drive. Ou Cliff (Brad Pitt), son double, cascadeur-chauffeur-secrétaire-ami, inadapté dans une industrie cinématographique en mutation express.
Comme tous les “Il était une fois” de Sergio Leone*, Once Upon a Time… in Hollywood n’a rien d’un conte de fée. Saturé de références cinématographiques, de décors vintage et de musique, ce dernier Tarantino est un objet hybride et un brin schizophrène. Avec son habituel talent de direction d’acteur, son humour toujours aussi gore et sa maintenant attendue violence, il oscille – hésite – entre tentative de destruction d’un mythe et tendresse nostalgique pour un temps évaporé et la culture pop. Le scénario et le rythme en souffrent, c’est certain. Mais on ne s’ennuie pourtant pas complètement grâce à l’incroyable accord de jeu du duo DiCaprio/Pitt et quelques scènes hilarantes, comme celle où Cliff “rencontre” un Bruce Lee pédant qu’il tourne en ridicule.
A voir, donc, sans trop en attendre.  Mireille Peña

*… la révolution, dans l’Ouest, en Amérique.

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