Retour à la liste de la catégorie Cinéma
lun. 23 sept. 2019 Cinéma

[zoom] Portrait de la jeune fille en feu

(France 2019) comédie dramatique de Céline Sciamma avec Noémie Merlant, Adèle Haenel, Luàna Bajrami.
Durée : 2h.

Note de la rédaction :

18e siècle, la révolution française s’annonce au loin. Marianne (Noémie Merlant) est envoyée sur une île bretonne battue par les vents réaliser le portrait d’Héloïse (Adèle Haenel), cadette d’une famille noble désargentée. Elle y découvre une jeune fille tout juste sortie d’un couvent, fermée, révoltée devant le sort qui lui est imposé : épouser un riche italien, remplaçant ainsi sa sœur aînée qui s’est suicidée à l’annonce de ce même sort. Le portrait à venir doit être envoyé au prétendant pour acceptation de ce mariage de rechange. Devant le refus de poser d’Héloïse – son seul acte de rébellion possible –, Marianne se voit obligée d’observer la jeune fille pour la peindre de mémoire. Mais de cet examen intime va naître un trouble, une attirance amoureuse, une curiosité de ce que serait leur féminité. Faisant rapidement fi du portrait académique commandé, elles feront voler en éclat l’obéissance aux codes picturaux et sociaux pour vivre un amour affamé de sensualité.

Nous avons vu dans le Portrait de la jeune fille en feu le conte d’une parenthèse aussi interdite que l’était le désir féminin. Les comédiennes – belles, tendres, fougueuses – y dessinent l’éveil de leurs corps, cisèlent les tressaillements de leurs émotions, leurs gestes deviennent expressions artistiques dans des lumières pudiques. S’évader ? Respirer à plein poumon l’air iodé de l’océan ?

Devoir choisir entre la solitude de la libre Marianne ou celle de la soumission ? La réalisatrice Céline Sciamma (scénariste du magnifique film d’animation Ma vie de Courgette) a décidé de rêver qu’il serait un temps possible d’y échapper pour vivre la solidarité, la délicatesse du désir, la beauté du plaisir. Avec la même puissance que celle d’un soliste gorgé de vie qui résiste face à tout un orchestre dans les Saisons de Vivaldi, comme dans la dernière scène du film, bouleversante…

Partager votre avis