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mar. 08 oct. 2019 Cinéma # Salle Jacques-Tati

[zoom] Bacurau

(Brésil 2019) thriller de Kleber Mendonça Filho, Juliano Dornelles avec Sônia Braga, Udo Kier, Barbara Colen.
Durée : 2h10.
Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement.

Note de la rédaction :

Teresa rentre à Bacurau pour l’enterrement de sa grand-mère. Le village est comme coupé du monde au milieu des étendues du Sertão brésilien, et c’est avec le camion-citerne qui y apporte l’eau qu’elle traverse pistes et déserts. Les rites mortuaires ancestraux vont se dérouler avec étrangeté dans une atmosphère tendue, entre la planque protégée de Lunga, résistant contre le barrage qui a privé la communauté de son accès à l’eau (incarné par le puissant Silvero Pereira, comédien transsexuel et militant LGBT brésilien), et la visite d’un politique local corrompu qui retournera vite d’où il venait. Mais qu’est-il arrivé pour que le village disparaisse soudainement des cartes et que l’on retrouve des familles de fermiers sauvagement assassinées ? Est-il possible que des petits Américains en mal de sensations aient pu organiser sur ces terres une chasse à l’homme aussi exutoire qu’un jeu vidéo ?

Western gore ? Chasses du comte Zaroff moderne ? Film social sous LSD ? Insurrection citoyenne ?

Bacurau est tout ça à la fois, une fable politique aussi terriblement dingue que peut l’être le Brésil sous l’ère Bolsonaro. Baroque, violent, poétique, anxiogène… on ne sait comment le définir tant il est porteur de cultures condamnées par un présent carnassier. Pourtant, malgré tout, les réalisateurs Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles ne ferment pas toutes les portes de l’espoir par la forme même de leur récit construit comme celui de l’hymne collectif d’une population qui se lève, femmes et personnes ostracisées en tête. Un chant choral anti-impérialiste à qui pousseraient des ailes dégoulinantes de sang et – incroyable – d’humour.

Avis à chaud d’un spectateur
« Ça me laisse un goût amer, j’ai préféré Aquarius, du même réalisateur. Là, c’est trop violent pour moi, même si je reconnais la qualité du film et sa totale originalité. C’est un peu fou, vous ne trouvez pas ? » (Fabienne, 42 ans)

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