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mer. 07 févr. 2018 - mar. 13 févr. 2018 Expos # Saint-Nazaire

Photographier Calais

Le photographe Thibault Vandermersch, Nazairien depuis peu, expose face à l’estuaire les exilés de Calais.

De l’autre côté de la mer, il y a le possible d’une vie meilleure, d’une vie supportable, peut-être même d’une belle vie. En attendant, il y a le dénuement, la boue, la violence, la peur, et des têtes aussi pleines de souvenirs que d’espoirs. C’est de ce quotidien du goulet d’étranglement des bidonvilles de Calais que le photo-reporter Thibault Vandermersch témoigne depuis dix ans, « un quotidien tourmenté où malgré la misère, le déracinement, et l’attente d’un passage vers l’Angleterre, la vie garde le dessus ». Parce qu’il faut bien se nourrir, dormir, se laver, lutter contre le froid. Et passer ce temps entre parenthèses en jouant au foot ou en fabriquant des cerfs-volants.

Basé à Lille avant de venir s’installer à Saint-Nazaire, Thibault Vandermersch est connu pour son travail sur des sujets de société « au long cours » telles ses séries de photos sur les Roms dans le Nord, mais aussi ses couvertures de la crise économique grecque, la France vue du long de la Nationale 7 ou le camp de Res Jedir, en Tunisie, lors de la fuite de Libye de milliers de travailleurs étrangers durant la guerre civile qui fit suite à la révolution arabe de 2011. « Mais mon sujet de prédilection est Calais et ses réfugiés, que ce soit pour des agences de presse* ou en free-lance. Photographier, c’est pour moi une façon d’être digne de la confiance que m’ont accordée ces femmes et ces hommes afghans, érythréens ou syriens en me laissant être le témoin de cette période si particulière de leur vie. » Jusqu’au démantèlement de la jungle en ce mois d’octobre 2016, « trois jours pour déplacer 7 000 personnes vers les 450 Centre d’Accueil et d’Orientation de France. Pour beaucoup de migrants, un espoir, un soulagement et l’angoisse de demain ».

En attendant de repartir avec son appareil photo sur le littoral de la Manche et de la mer du Nord, et de « reprendre l’histoire car cette migration ne s’est évidemment pas arrêtée, elle s’est disséminée », Thibault Vandermersch expose des clichés de ces femmes et hommes de Calais sur les vitres du café Sous la palmiers la plage : « Elles sont posées sur des supports adhésifs sablés, de manière à permettre un rétroéclairage, visibles donc de l’intérieur le jour grâce à la lumière extérieure, et de l’extérieur le soir avec la lumière artificielle intérieure. »

Intérieur, extérieur, d’un côté, de l’autre, du bon, du mauvais…

* Photographies publiées dans LibérationThe Guardian, Le Figaro, USA TodayABC news, Nice-Matin

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