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jeu. 15 oct. 2020 - dim. 01 nov. 2020 Expos # Pornichet

À Pornichet, il y a aussi des gens

Aymeric Novais, jeune photographe mosellan, a tiré le portrait, en toute simplicité, de 120 habitants à l’occasion des 120 ans de la ville.

Micheline, photographiée par Aymeric Novais.

Le photographe Aymeric Novais.

Pornichet, sa baie, ses plages et ses villas cossues… C’est l’image d’Epinal de cette station balnéaire bien connue. Ses paysages font le bonheur des photographes, des clichés photoshopés et aussitôt partagés sur Instagram. La Ville de Pornichet a décidé de prendre à contrepied ce stéréotype pour célébrer ses 120 ans. Elle a choisi de mettre à l’honneur ses habitants, ceux qui la font vivre au quotidien, toute l’année, été comme hiver. Elle a donc missionné Aymeric Novais, vidéaste et photographe qui était en résidence artistique avec Nicolas Turon* en février dernier, pour réaliser 120 portraits d’habitants. Trois semaines en plein hiver, bien loin de « la foule touristique ».

Avec simplicité

Mathilde

« Avec Nicolas, on exposait un peu partout en ville. Cela nous était donc facile de rencontrer les gens. Et puis je suis beaucoup parti en maraude, dans les bars, sur le marché, au petit matin lorsque les gens vont à leur travail… J’ai été réellement surpris de la facilité avec laquelle j’ai pu discuter avec les habitants croisés au hasard. En cinq minutes ils acceptaient. Je ne m’y attendais pas », raconte ce petit-fils de gueule noire polonais, à peine âgé de 22 ans.

« Comme avec Lionel qui m’a abordé lorsque je photographiais la mer », ou comme il aime à les surnommer, « les quatre fantastiques », ces quatre femmes « techniciennes de surface » qui font le ménage tôt le matin à l’école Gambetta.

« J’ai photographié des gens qui avaient un regard vrai et un sourire vrai. Il se dégage d’eux une grande simplicité, une plénitude, le bonheur primaire de vivre proche de la nature, de la mer. »

Aymeric Novais a donc opté pour une esthétique sobre, en noir et blanc, d’une neutralité bienveillante. « En résumé, les habitants que j’ai rencontrés sont heureux de vivre à Pornichet, et surtout ils ont pleinement conscience de la chance de baigner dans ce cadre de vie. »

La douceur pornichétine et la chaleur lorraine

Pascal

Aymeric Novais le dit lui-même, il aime les projets qui sont tournés vers les gens, où il faut se montrer soi-même avant que les autres se délivrent. Il suffit de l’écouter parler pour comprendre que cette sensibilité lui est naturelle, qu’elle s’explique par sa propre histoire, celle qui rejoint les décennies mouvementées de la vallée de la Fensch, en Moselle, bien connue pour ses mines et ses haut-fourneaux, marquée par les luttes sociales et les ravages du déclassement, conséquences du défilement des fermetures d’usines. « Là-bas, si tu veux t’en sortir, il faut être un peu bagarreur. »

Perrine

Toujours avec Nicolas Turon, il est parti l’été dernier sur les routes des villages alsaciens et mosellans : « Notre objectif était de faire à chaque étape un journal à la 20 Minutes, qui raconterait l’actualité positive du village… la cabane exceptionnelle des enfants dans la forêt ou encore la recette de cuisine de la grand-mère. D’en faire une bibliographie. »

C’est un fait, si Aymeric Novais apprécie la beauté des paysages, c’est avant tout les gens qui l’intéressent et c’est à eux qu’il s’adresse.

* Nicolas Turon, de la Cie des Ô, est un habitué de Pornichet avec trois spectacles qui ont été programmés aux Renc’Arts. Il y était en résidence en janvier et février derniers pour écrire une nouvelle à l’occasion de ces 120 ans. Il avait alors posé son lit et son bureau à l’accueil d’un Ephad puis à celui d’une école maternelle (A relire « Sur les traces de Pornichet »).

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