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dim. 24 mars 2019 Rendez-vous # Saint-Nazaire

“Etranger, ta différence m’enrichit”

Pour cette 3e édition de la Fête de la Peur, les 17 associations* nazairiennes organisatrices choisissent de privilégier le positif pour tenter d’apprivoiser l’angoisse que peut susciter l’autre, l’inconnu, l’étranger… le migrant.

“Une chose très belle est arrivée en Sicile, nous avons été envahis par les immigrés” (Leoluca Orlando, maire de Palerme).

Réaffirmation de la force de la parole, de la bienveillance et de l’émotion partagée, la Fête de la Peur se veut un pied de nez plein de malice à ces frayeurs qui dénaturent le jugement et qu’il est si difficile d’exprimer. Elle est l’occasion de les sortir de soi pour pouvoir les reconnaître comme telles, les apprivoiser et en débattre. Et l’événement prend cette année de l’ampleur : trois nouvelles associations ont rejoint le projet – dont le Collectif des Brévinois attentifs et solidaires créé en 2016 suite au démantèlement de “la jungle” de Calais –, un territoire élargi du front de mer à Prézégat et Méan-Penhoët, et trois jours d’animations supplémentaires (voir notre Agenda), même si le temps fort reste le dimanche 24  mars, sur le marché en matinée, au skate park, au lycée expérimental et au Parvis l’après-midi.

« Notre objectif demeure le même : créer de l’échange sur l’espace public et démonter collectivement les mécanismes de la peur, insiste Karine Desné, du Cemea. Par des jeux, des petites provocations, des temps de rencontres, nous souhaitons interpeller toutes les générations sur le regard qu’elles portent sur l’étranger et sur leur propre peur. »

Apprendre du parcours de l’autre

Entre de multiples propositions originales sur divers lieux, rendez-vous est donné au Parvis à midi pour un pique-nique partagé en compagnie de toutes les associations participantes et où pourra être signé un livre de soutien aux habitants de la ville de Palerme et de son maire Leoluca Orlando, qui, comme à Naples, Florence, Reggio de Calabre et Trapani, refusent d’appliquer le décret de loi anti-immigration du ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini. Frondeurs, ils s’emploient à appliquer la charte de Palerme** lancée en mars 2015, seule charte existante sur les droits des personnes migrantes. Amnesty International fera ensuite le voyage jusqu’en Italie pour remettre ces signatures en main propre. « En grec ancien, Palerme signifie “le refuge idéal”… Comme d’autres, Leoluca Orlando est convaincu que les migrants sont une ressource et non un problème, qu’ils apportent du plus aux terres d’accueil, qu’ils sont une chance. Et que les recevoir est la base de valeurs fondatrices comme le respect du droit à la dignité humaine. Cette Fête de la Peur est notre façon de le rappeler en faisant sortir ces craintes irrationnelles de l’invasion souvent liées à la méconnaissance de l’autre », explique Michel Le Déan, du Comité Palestine.

“Barca nostra”, le plus grand naufrage du siècle en Méditerrannée.

De la même manière que ces 17 associations ont appris à se connaître, à partager leurs pratiques et à agir ensemble : « Chaque association peut trouver son entrée. Nous avons tous des valeurs communes, mais des façons différentes de les aborder. Ce travail collectif nous oblige à casser l’entre-soi, à nous confronter à d’autres modes d’approches, à creuser des sujets de fond grâce aux apports de nouveaux angles d’attaque », se félicite Pierre Reipert, d’Astrolabe 44. Preuve par l’action que la diversité enrichit sans mettre en danger l’identité.

* Ligue des droits de l’Homme, Mrap, Cemea, Astrolabe 44, Les amis du Parvis, Amnesty International, Comité Solidarité Palestine, Collectif des Brévinois atterrés et solidaires, les Pieds dans le PAF, On fait le mur, Skull, Nous aussi, cinéma Jacques-Tati, le Local, le lycée expérimental, l’Appart, la Maison de quartier de Méan-Penhoët.

** “De la migration comme souffrance à la mobilité comme droit de l’Homme inaliénable”.

///// PROGRAMME /////

Halles centrales, de 10h à 12h : les Porteurs de paroles du Cemea et les Faiseurs de peur des Pieds dans le PAF à partir d’images vidéo sans le son, mappemonde pour dessiner une cartographie de la diversité des chalands dominicaux.

Le Parvis (passage Soulage), : “Forum de l’accueil” avec pique-nique partagé avec toutes les associations participantes et signature du livre de soutien à Palerme à 12h. Echanges autour du livre J’apprends le français, de Marie-France Etchegoin, à 16h15 ; lecture d’extraits de Terre des hommes, d’Antoine de Saint-Exupéry, par l’Astrolabe 44 à 17h30.

Front de mer, à partir de 14h : création et initiation au graff avec Skull et On fait le mur ; projection d’un film de présentation de Nous aussi (association en auto représentation de personnes déficientes intellectuelles) qui proposera un jeu sur les pictogrammes, un des support de communication de ces personnes ; atelier d’expression pictural autour des peurs avec le Cemea ; Sonomaton pour crier ses peurs avec la Horde des sentiers battus.

Le Local (48, rue Edgar-Degas), 15h : cinéma d’habitants.

Lycée expérimental (17, bd René-Coty) : lectures (L’éloge de l’autre, de Tahar Ben Jelloun, textes de John Donne…) par le Mrap et le TAT Théâtre, chants du Collectif des Brévinois attentifs et solidaires à 15h ; débat avec Sarah Katz, co-auteure de Chroniques de Gaza 2016, qui a participé à la flottille de la liberté pour Gaza 2018, invitée par le Comité solidarité Palestine à 16h15.

L’Appart (182, rue de Pornichet), 20h : soirée slam scène ouverte.

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