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sam. 06 avril 2019 - dim. 07 avril 2019 Rendez-vous # Pornichet

Un monde de bulles à Pornichet

La bande dessinée s’invite ce week-end au Centre de congrès avec la deuxième édition du festival Déam’Bulle.

« Mr Spirou, vous m’êtes sympathique ! Oui, et je vais vous associer à l’événement le plus formidable de tous les temps ! La fin du monde ! » Cinquante ans après cette réplique extraite de l’album Radar le robot (éd. Dupuis) d’André Franquin (deuxième hors-série des aventures de Spirou et Fantasio), le célèbre groom inventé en 1938 par Rob Vel (de son vrai nom Robert Pierre Velter) est associé à un tout autre genre d’événement : le festival de bande dessinée de Pornichet, Déam’Bulle, les 6 et 7 avril. C’est en effet Yoann, actuel dessinateur des aventures de Spirou avec Fabien Vehlmann au scénario, l’invité d’honneur de cette deuxième édition. « C’est un rêve de gamin de dessiner Spirou, donc quand ça s’est fait, j’ai fait des bonds partout ! »

Animation croquis avec le collectif Urban Sketchers.

Une quarantaine d’autres grands enfants comme Yoann Chivard seront également présents : ses amis Eric Omond et Olivier Supiot avec qui il a créé en 1996 l’association La Boîte qui fait beuh, un atelier de dessinateurs amateurs toujours existant à Angers, Sandrine Allier-Guépin et Icar, deux dessinateurs sourds, Rémi Guérin et le Nantais Gwen de Bonneval, pour ne citer qu’eux. A leurs côtés, soixante-dix bénévoles des associations BD Pornichet, AVF et Agitateurs de culture seront mobilisés. Pour ce deuxième galop d’essai, Déam’Bulle devient sédentaire, au Centre de congrès de l’hippodrome (sauf le BD-concert à Quai des arts et des expositions), et ne garde de mobile que le carnaval des enfants qui se tiendra le samedi. Comme en 2017, le programme est riche avec des dédicaces, des rencontres (Yoann et le producteur Laurent Segal), des stands d’exposants, des ateliers (animations croquis et mini-BD), des spectacles et une conférence sur les mystères de la fusée Tintin.

Ce week-end sera donc une parenthèse au pays de l’imagination…

« – Quand je pense que, pendant quelques heures, je fus l’homme le plus fort du monde !

– Ne t’en fais pas Fantasio… tu sais, une force comme ça, on serait tenté de mal s’en servir un jour ou l’autre… tiens, mange plutôt une tartine au fromage… » (extrait de Spirou et Fantasio, tome 2 : Il y a un sorcier à Champignac, d’André Franquin).


///// YOANN, CULTIVATEUR D’IMAGINAIRE /////

Retour sur le parcours de Yoann Chivard qui travaille actuellement sur une évolution de Spirou en super-héros, Supergroom. Le premier tome sortira en janvier 2020.

Dès l’enfance
« A 5 ans, je savais déjà que je voulais faire de la BD. Chez mes grands-parents, je lisais Gaston Lagaffe, Astérix, Lucky Luke, ça me donnait l’impression de voyager. J’étais aussi comme tous les enfants, j’aimais dessiner. La seule différence, c’est que j’ai continué. »

Ses premiers pas
« J’allais sur des festivals à la rencontre des éditeurs, dessinateurs, scénaristes… et j’acceptais la critique. C’est comme ça qu’en 1989, j’ai découvert la revue anglaise Deadline sur le Festival de la bande dessinée d’Angoulême, l’année où l’Angleterre était le pays invité. Cette revue, à laquelle collaborait Jamie Hewlett, co-créateur du groupe de musique Gorillaz, correspondait à ce que j’aimais et voulais faire. Je les ai contactés et ils m’ont dit de venir les voir à Londres. J’avais 17 ans, je suis parti avec mes dessins et j’ai commencé à travailler pour eux. »

Une rencontre décisive
« Evidemment, il y en a eu plusieurs, mais la première c’est Eric Omond, quand nous étions étudiants à l’Ecole des Beaux-arts d’Angers. Avec lui, j’ai formé mon premier tandem professionnel. Nous avons été voir des éditeurs, cartons sous le bras. Nous avons créé Toto l’ornithorynque et avons eu la chance de voir une douzaine d’albums publiés par les éditions Delcourt : ça été notre premier contrat alors que l’on finissait juste nos études. »

Auteurs favoris
« Franquin, Uderzo, Morris, les auteurs de Gaston, Astérix et Lucky Luke. Plus tard, j’ai découvert Moebius et Loisel, Blutch, l’Américain Pope Paul ou encore l’Argentin Alberto Breccia. Ce sont des univers très variés, mais ces auteurs ont le point commun de dessiner hors des normes. Breccia, par exemple, utilise les taches et les collages, Pope Paul, lui, est à la croisée du comics américain, du manga et du dessin européen. »

Sa définition de la BD
« C’est le moyen le plus formidable et économique de créer un univers et des histoires entières. La bande dessinée est un medium ou un contenant dans lequel on met ce que l’on veut, et accessible à tous puisqu’il ne faut qu’un crayon et des feuilles pour commencer. »

Propos recueillis par Estelle Bescond

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