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ven. 17 janv. 2020 - sam. 18 janv. 2020 Spectacles # Saint-Nazaire

En ré mineur

Avec un sens aigu de l’essentiel, le chorégraphe Yuval Pick fait vibrer le corps de ses danseurs sur une musique de Bach. Une expérience sensible.

Pour Yuval Pick, tout a commencé avec la danse. D’abord en Israël où il est né, puis en Europe où il a troqué les danses folkloriques pour le rock des années 90 avant d’intégrer le ballet de l’Opéra de Lyon en 1999. Après avoir fondé sa compagnie, The Guests, Yuval Pick crée une vingtaine de pièces à l’écriture chorégraphique vitale,  par laquelle il insuffle à ses danseurs une vibration des corps et des émotions. Il est depuis 2011 directeur du Centre chorégraphique national de Rilleux-la-Pape. Pour sa nouvelle création pour huit danseurs du Ballet de l’Opéra de Lyon, intitulée Vocabulary of need (NDLR : initialement appelée en En ré mineur), il s’immerge dans l’œuvre de Bach pour une étreinte entre danse et musique. Et c’est une première nationale, programmée dans le cadre de la 3e édition du festival de danse nantais Trajectoires qui se tient du 10 au 19 janvier. Rencontre.

Estuaire. Vous avez intitulé votre pièce Vocabulary of need, parlez-nous de ce titre.
Yuval Pick. Dans le monde d’aujourd’hui, j’ai besoin de faire émerger la mémoire des corps par le mouvement, c’est un besoin initial. Pour moi, le corps est le premier outil connecté à la mémoire collective, c’est notre ADN, une sorte de vocabulaire commun. A l’image de notre trajectoire humaine, il s’agit de construire quelque chose ensemble, de s’unir autour de ce qui nous fonde.

Quel est votre rapport à la musique ?
La musique est une matière de création, elle révèle le mouvement et nourrit l’espace entre les danseurs. Comme en archéologie, la musique dévoile les couches superposées et met au jour la mémoire universelle, elle est un acteur à part entière avec qui les danseurs dialoguent, c’est une révélation réciproque. Pour cette création, je me confronte à une œuvre majeure, à une pièce puissante, la Partita en ré mineur BMW 1004 de Bach. Aller puiser l’essence de cette musique m’inspire profondément.

Vous aimez l’idée de faire interagir les corps.
Je suis fasciné par l’idée que chacun d’entre nous interroge le monde et sa propre existence en se combinant aux autres. Un peu comme une horloge suisse avec ses rouages qui tournent l’un par rapport à l’autre. C’est un travail de cohésion du groupe qui explore la notion de transmission d’un danseur à l’autre.

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