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ven. 28 févr. 2020 - dim. 01 mars 2020 Spectacles # Saint-Nazaire

Trois pièces pour un spectacle

“Jeux de Fréchette”, le nouveau spectacle du TAT, est à découvrir au théâtre Jean-Bart de Saint-Marc-sur-Mer du 28 février au 1er mars.

>> Entrefilet de Carole Fréchette

Si les comédiens du Théâtre artisanal transgénique (TAT), compagnie amateur historique de Saint-Nazaire, et leur metteur en scène Bernard Chanteux aiment jouer les textes contemporains, ils aiment aussi jouer avec. Surtout lorsqu’il s’agit d’auteurs qu’ils affectionnent tout particulièrement, comme c’est le cas pour la dramaturge québécoise Carole Fréchette. En effet, après s’être frottés à la pièce mosaïque La peau d’Elisa en 2010, ils ont longtemps travaillé sa pièce courte Serial Killer*, devenue matériau pour leurs exercices d’acteurs. Tant et tant qu’ils ont souhaité la présenter au public en construisant un triptyque – Serial Killer, donc, La pose* et Entrefilet** – qu’ils ont intitulé Jeux de Fréchette. Trois univers différents qui se rejoignent par l’écriture si particulière de Carole Fréchette qui, elle aussi, aime jouer avec l’émotion, l’humour et la déflagration.

Dans Serial Killer, une femme assassine littéralement ses amours (et non ses amoureux). C’est violent, pathétique… et drôle. Dans La pose, une famille enfin réunie veut se prendre en photo. L’appareil ne fonctionne pas, on s’agace, et tout va exploser en flashs de vie.

>> La pose (décor peint par Pierre Joubert)

Entrefilet fait à l’origine suite à la pièce Je pense à Yu, dans laquelle Madeleine tombe sur une brève de journal qui annonce la libération du journaliste chinois Yu Dongyue, incarcéré dix-huit ans plus tôt pour avoir jeté de l’encre sur le portrait de Mao Zedong pendant les manifestations de la place Tian’anmen. Un Yu Dongyue rendu “fou” par les tortures et les humiliations de ses geôliers. Entrefilet est une sorte de récit de genèse de cette pièce et des chemins que peut prendre l’écriture, l’auteure ayant elle-même été bouleversée par ces quelques lignes presque égarées parmi les autres informations du jour.

>> Les comédiens de La pose

Sur le plateau, sept comédiens pour « trois textes magnifiques qui n’ont en commun que le regard de leur auteure et la force de sa dramaturgie. Mais douze personnes participent au spectacle, entre les machinistes et Pierre Joubert qui nous a peint le décor de La pose, merci à lui. », explique Bernard Chanteux. 

* Serial Killer et autres pièces courtes (éd. Actes Sud-Papiers, 2008)

** Je pense à Yu, suivi de Entrefilet (éd. Actes Sud-Papiers, 2012)

 

///// LOCAUX EN RÉNOVATION /////
Les répétitions ont toutes eu lieu dans l’ancienne poste de Méan-Penhoët, où s’est installée la compagnie il y a des années après la fermeture de la salle de l’ancien cinéma le Caméo. Mais l’inquiétude règne depuis la nouvelle qu’il fallait très prochainement devoir quitter ces locaux qui vont être rénovés pour une destination encore inconnue. « Nous n’en savons pas plus, on ne nous a rien proposé. Pour nous, c’est clair, plus de lieu de stockage, plus de lieu pour travailler, c’est la fin du TAT. »

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