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mar. 08 févr. 2022 Spectacles # Saint-Nazaire

Spectacle vivant : des annulations contestables

La crise sanitaire a impacté violemment le milieu professionnel de la culture. Si l’offre culturelle a été foisonnante lors du dernier trimestre 2021, la situation en ce début 2022 reste fragile et précaire. Entretien avec Stéphanie Zanlorenzi de la Cie Nina La Gaine pour qui la crise est encore loin d’être finie.

Estuaire : Janvier dernier, des artistes et des intermittents du spectacle ont à nouveau manifesté sous les fenêtres de la direction régionale des affaires culturelles (service du ministère de la Culture en région) à Nantes, quelles sont leurs inquiétudes ?

Stéphanie Zanlorenzi : Ces deux dernières années, la crise a fait des ravages* parmi les compagnies et intermittents. Ce sont les compagnies les moins structurées qui n’ont pas tenu le coup. Elles n’ont pas su et n’avaient pas les moyens pour résister à la crise. Également, de nombreux intermittents, faute de travail, n’ont eu d’autre choix que de se reconvertir. Il y a bien sûr l’année blanche pour les intermittents mais la dérogation s’est arrêtée le 31 décembre dernier, on attend de voir ce qui ressort de l’actualisation. Mais, nul doute que les dégâts vont continuer. Ils ont manifesté pour réclamer des aides directes.

Après la reprise en septembre, on constate à nouveau des annulations…

Nous ne sommes pas comme en 2020 et en 2021 où tout était annulé. Nous avons pu reprendre nos activités et reproposer nos spectacles. Mais aujourd’hui, nous devons faire face à nouveau à des annulations. Elles sont injustes voire même contestables, et sont motivées par la panique et la peur. Elles ne se justifient même pas par les contraintes sanitaires. Une annulation, c’est un temps de travail qui n’est pas rémunéré. Une enquête est menée actuellement par les syndicats sur toute la presqu’île auprès des compagnies pour faire un état des lieux de ces annulations. Et les premiers retours sont déjà édifiants.

Comment vivez-vous cette crise ?

La situation reste anxiogène. Nous n’arrivons pas à nous projeter et à nous consacrer pleinement à la création, ni à travailler sur l’avenir. Nous sommes encore dans les reports de l’avant Covid avec des créations qui commencent à dater depuis plusieurs années. Avec ces reports, c’est du temps et du travail que nous ne consacrons pas à la création.

* Depuis le début de la crise sanitaire, la masse salariale dans le spectacle vivant a baissé de 66 %.

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