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Cinéma # Cinéville

[zoom] Mickey 17

(Corée du Sud, États-Unis 2025) fantastique de Bong Joon-Ho avec Robert Pattinson, Naomi Ackie, Steven Yeun.
2h17.

Note de la rédaction :

Tout est dit. Dans Mickey 17 donc, rien de vraiment nouveau sous le soleil glacial de la planète Niflheim qu’un tyran veut coloniser. Pour parvenir à ce rêve de totalitaire, il faut, entre autres, des cobayes : les “remplaçables”. D’anciens humains clonables ad vitam aeternam comme Mickey, censé tester le climat, l’atmosphère, contraint aux missions les plus périlleuses comme aux expériences de laboratoire les plus inhumaines et condamné à mourir sans cesse pour revivre ensuite. Ses résurrections, ou plutôt ses morts, vécues logiquement comme un châtiment, le fatiguent. Mais « que diable allait-il faire dans cette galère ? » Elles interrogent aussi beaucoup les mortels et de manière récurrente comme un leitmotiv et un running gag de ce film burlesque au grotesque gore. En gros, et même si Mickey finit par en avoir l’habitude : ça fait quoi de mourir ? Un concentré des interrogations des films de science-fiction qui l’ont précédé, comme Highlander ou Alien, la résurrection, la version de Jean-Pierre Jeunet. Le réalisateur Bong Joon-ho propose aussi un autre concentré incarné par le personnage dément de Mark Ruffalo : celui de tous les dictateurs que la planète a pu porter et porte encore aujourd’hui avec ici un désir fou de transhumanisme. Une vision… visionnaire et sombre de la destinée de l’humanité qui fait tristement écho à l’actualité. Le mélange des genres, les ruptures de ton, la création d’univers singuliers, l’humour absurde, rendent parfois cette adaptation du roman
d’Edward Ashton un peu foutraque. Et si le casting, la débauche de moyens et d’effets spéciaux font de Mickey 17, un film hollywoodien par excellence, il porte des thèmes chers au cinéaste sud-coréen : la lutte des classes avec cette idée que Mickey est un employé « jetable », recyclable, réimprimable et sacrifiable à l’infini, son affection pour les anti-héros et les crétins, comme l’une des répliques du personnage de Mickey, un Robert Pattinson qui excelle dans toutes ces versions de lui-même. Près de six ans après le succès planétaire de Parasite qui a valu la Palme d’or à Cannes en 2019 et l’Oscar du meilleur film en 2020 à Bong Joon-ho, le cinéaste livre avec ce huitième film une dystopie politique satirique, parfois un peu convenue, où les aliens ne sont pas ceux que l’on croit.