Ty’ Babel, un festival “que pour les petits” ?
Une affiche qui donne le ton de cette 1re édition nazairienne à la texture pleine de sonorités. Un clin d’œil, à hauteur d’enfants, à l’album mythique de Manu Chao, comme « un rendez-vous sans limite d’âges ».
Les Kuizinées, samedi 29 mars, 11h et 15h30.
À la base, Babel Minots à Marseille et Babel Mômes en Seine-Saint-Denis. Deux festivals dédiés, comme leur nom le laisse deviner, au jeune, voire au très jeune public, que Camel Zekri, directeur d’Athénor et grand musicien, connaît bien pour y avoir joué, la guitare en bandoulière. Et puis, la jeunesse, c’est un peu, beaucoup surtout l’ADN du Centre national de création musicale nazairien qui, « depuis plus de 30 ans, lui porte une attention toute particulière, autour de l’exploration sonore, musicale et théâtrale ». Alors, quoi de plus évident que de vouloir « faire réseau ensemble », souligne Camel Zekri, fier d’annoncer le lancement de la toute première édition de Ty’Babel, qui entrera en résonance le 27 mars, et ce jusqu’au 30 : « De deux, nous sommes passés à trois. Trois festivals, trois territoires, avec chacun son identité propre », sa marque de fabrique. Des musiques du monde pour Babel Minots (12-22 mars), des musiques actuelles pour Babel Mômes (15-29 mars), et de la création pour Ty’Babel. La petite dernière d’Athénor, Babaribulles.
Une création pur jus !
Babaribulles, une création inscrite dans le cadre du Projet culturel de territoire et portée par le collectif nazairien À l’envers, composé de Chloé Cailleton (voix/percussions) et de Ronan Le Gouriérec (saxo baryton). « Un Bazar sonore imaginé, un grand Bal d’émotions mêlant jeux de corps et de sons, de Bamako à Bali en passant par Bannelec ou les Balkans. » Un joyeux concert à hauteur d’enfants, au sol et sans parole, conçu « en immersion » dans sept classes, à Pornichet, Saint-André-des-eaux et La Chapelle-des-Marais, avec cette volonté forte d’intégrer les élèves, spectateurs de demain, dans les processus de création. Une rencontre inédite faite de mélodies et d’improvisations qui sera présentée en ouverture de festival dans la cité phocéenne, et bien sûr portuaire. L’idée ? Que les artistes circulent d’un site à l’autre, les créations dans les valises pour qu’elles s’y diffusent abondamment, et touchent le public le plus large possible…
« Une coopération innovante, enrichissante et solide qui permettra d’accompagner et de diffuser les créations, et d’amener la créativité à la portée des enfants. » Camel Zekri, directeur d’Athénor.
Labo Ludo Musique, kézako ?
À Saint-Nazaire, on ne risque pas de passer à côté ! La preuve par les chiffres. Ty’Babel, c’est : 4 jours de concerts, 10 représentations familiales, 12 scolaires, 500 élèves concernés, 3 compagnies locales sur les 6 invitées, 6 spectacles. Du conte version blues jazz avec Pierre blanche, chat noir ; de l’hybride entre conférence, performance et lutherie avec Bricologie ; de la chanson pop électro bricolée entre deux casseroles et trois coups de cuillères à pot (!) avec Les Kuizinées ; et Klew du spectacle avec un récit musical polyglotte, en breton et langue des signes avant de faire un gros Dodo au rythme de berceuses revisitées par La Maïrol Cie. Laquelle, en résidence, investira l’école Brossolette pour « (re)créer Amnios, un espace d’écoute cocooning multisensoriel avec captation des voix des enfants ». Ty’Babel sera également « l’occasion d’expérimenter, d’interagir, de jouer, de voyager » avec les sons, dans ce qu’Athénor nomme le Labo Ludo Musique*… Une installation sonore et « ludique » qui sera à découvrir le week-end du festival, et qui s’articulera autour de quatre axes : l’écoute, l’observation, la manipulation et la création. Un espace et un festival imaginés rien que pour les petits… Pas si sûre !