Une 3e édition tout Jazzimut
Jazzimut, le rendez-vous du jazz devenu incontournable. Et « malgré le contexte morose », le festival de la cité portuaire, et au-delà maintenant, tient bon la rythmique (12 concerts sur 5 jours, du 20 au 24 mai), sans renier la programmation d‘une qualité à en faire pâlir plus d’un !
Julien Lourau, en concert le 23 mai au Conservatoire de Saint-Nazaire.
1 – Quand Chet Baker plane…
Chet Baker, l’enfant terrible du jazz, le fil rouge de Jazzimut ? Plutôt un heureux concours de circonstances…, d’abord évoqué par une présence en images, en prélude au festival. La vie du célèbre trompettiste américain y sera projetée, sur grand écran, le 16 mai, au Tati, dans une version restaurée de Let’s get lost. Il sera là encore à vos côtés, par une présence plus spectrale, lors du concert de lancement donné par Paolo Fresu qui, lit-on, « habite l’héritage de Chet Baker depuis ses débuts ». Celui qui s’impose comme l’un des plus grands trompettistes de jazz de la scène actuelle convoquera, le 20 mai, sur la scène du Théâtre (sa seule date en France), le Quartet Ferlinghetti, en référence à ce grand poète, fondateur de la mythique librairie City Lights à San Francisco, éditeur et pilier de la Beat Generation. Plus qu’un concert, une « évocation suspendue entre littérature, poésie et musique, intime et raffinée », présentent les organisateurs de cette 3e édition. Une édition qui, pour finir avec Chet Baker, accueillera Giovanni Mirabassi qui a partagé la scène avec ce monstre rare. « Le lyrique pianiste d’origine italienne » viendra nous surprendre avec ce New Quartet ; un pas de côté volcanique qui réunira le Gotha du jazz… Clément Daldosso à la contrebasse, Lukmil Perez à la batterie et au saxophone le néo-Nazairien, Guillaume Perret pour un dialogue intense et acoustique avec le maestro. Ce concert aura lieu le 22 mai à Montoir-de-Bretagne, une première en dehors de la cité portuaire, une belle occasion « de nous ouvrir à un public plus large, et de faire rayonner le jazz bien au-delà des frontières », souligne le président, Laurent Vaillant.
2 – Du côté de l’Auditorium
Là encore, Jazzimut n’a pas fait dans la demi-mesure. Le conservatoire – avec son nouvel auditorium baptisé Jean-Jacques Lumeau, en mémoire à l’ancien élu nazairien, à l’origine, avec ses acolytes tout jazzimutés, de la création du festival –, réunira pointures et jeunes talents confirmés autour de deux belles soirées. Vendredi 23 mai, avec le sextet nantais Superkand, suivi du quintet du saxophoniste Julien Lourau, « auto-didacte qui s’est imposé comme une figure essentielle du jazz ». Il sera entre autres accompagné du contrebassiste Frédéric Chiffoleau, qui a fait ses armes au conservatoire de Saint-Nazaire. À l’instar du pianiste Pierre-François Blanchard qui, samedi 24 mai, au côté du clarinettiste Thomas Savy, jouera #puzzled, élu meilleur album aux Victoires du jazz 2024. Le contrebassiste Simon Mary prendra la relève avec Krystal Mundi, formation de “chambre” hors norme alliant jazz modal, world music, classique… Pour info, l’artiste sera à la bibliothèque Anne-Frank, le 21 mai, pour une intervention musicale.
3 – Entre bars et jardins
Et Jazzimut, ça se passe aussi hors les murs… Au bar Chez la Bretonne, le 21 mai avec Soultime, un trio jazz « azimuté », comme il aime à se définir. À Bain Public, le 22, lors de la pause méridienne, avec l’exceptionnel saxophoniste François Corneloup qui donnera un concert en solo dans les jardins, transats à disposition ! À proximité du jardin des plantes, le 24 mai, avec les deux big bands du conservatoire. Et le 25 mai, au bar Le Centre, avec le quartet Innervision, inspiré par le répertoire de Stevie Wonder.
// 2024 en chiffres
• 3 500 spectateurs
• 16 concerts / 12 en 2025
• 80 musiciens
• 30 bénévoles
• 10aine de lieux
• 6 jours / 5 en 2025
« Avec 20 % de baisse de subventions, nous avons dû faire des choix, sans renier la qualité des artistes invités. Donc, cette année, pas de concert au Vip. Et pas de bal de clôture, la vitrine du festival, un grand succès à chaque fois. Et un vrai crève-cœur d’avoir dû y renoncer. Mais on ne compte pas lâcher prise, et on espère bien voir revenir ces rendez-vous l’an prochain. » L’équipe Jazzimut.