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Cinéma # Ciné Donges

[zoom] Aimons-nous vivants

(France 2025) comédie de Jean-Pierre Améris avec Gérard Darmon, Valérie Lemercier, Patrick Timsit.
1h30.

Note de la rédaction :

Malgré le titre – référence explicite non pas à Paul mais à François Valéry – et la bande annonce qui n’augurent rien d’un chef-d’œuvre, la surprise est plutôt bonne. Pourtant l’histoire du grincheux crooner, au bout du rouleau, et de l’enquiquineuse que tout oppose est un peu attendue. Le scénario rappelle d’ailleurs un peu les couples antagonistes à la Francis Veber. Mais Valérie Lemercier (Victoire), en pleine forme, sait “pimper” ce 15e film de Jean-Pierre Améris (Les émotifs anonymes) et excelle avec ses formules toujours bien senties. Avec les jeux sur les sens premiers et seconds des mots ou expressions, la mesure sonne juste sur de jolies parties de ping-pong verbales. Pour son hôtel, Victoire choisit celui qui avait la plus belle vue de… son compte en banque tandis qu’Antoine (Gérard Darmon) avoue plutôt ne jamais faire dans la dentelle de Bruges. Le ton est donné avec tout l’esprit de fantaisie lunaire qui caractérise tout particulièrement Lemercier. Dans cette comédie, elle y met toute son énergie, tout son souffle. À l’inverse d’un Gérard Darmon, fatigué qu’il est comme son imprésario ringard et sentimental joué par Patrick Timsit, qui en manque. 

Le nom que porte l’acteur est celui du jour des morts : Toussaint. Tout un symbole pour celui qui veut aller en finir en Suisse dans la dignité. Victoire, elle, à rebours, incarne la vie. Le verre à moitié plein. Lui, le verre à moitié vide. La devise de l’héroïne ? “Une chose interdite par jour.” Et qui de mieux calibré pour interpréter une fille pas très étanche, chez qui tout déborde, que Lemercier ? Dans cette romance à l’américaine, les prénoms pourraient presque être des antonomases. Ainsi, Constance, contrairement à sa mère sortie de prison le temps d’aller la marier à Genève, veille à ne pas dépasser du cadre, à colorier sa vie sans déborder. 

Outre ces petites notes d’humour, le film fait surtout état de réflexions existentielles dans l’air du temps sur des questions pas si simples et sur un mode plutôt léger : la fin de vie, le suicide assisté, la bipolarité… Le tout emballé dans des répliques parfois pleines de bon sens « Ça vous tombe dessus la mort. On ne prend pas rendez-vous » ou de philosophie de bas étage.  À vous de voir… ou pas.