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Kung Fu Panda 🐼

Passionné, costaud et quelque peu maladroit, Po est sans conteste le plus grand fan de kung fu. Serveur dans le restaurant de nouilles de son père, son habileté reste encore à prouver. Elu pour accomplir une ancienne prophétie, Po rejoint le monde du kung fu afin d’apprendre les arts martiaux auprès de ses idoles, les légendaires Cinq Cyclones : Tigresse, Grue, Mante, Vipère et Singe, sous les ordres de leur professeur et entraîneur, Maître Shifu. Mais Taï Lung, le léopard des neiges fourbe et animé d’un désir de vengeance, approche à grands pas, et c’est Po qui sera chargé de défendre la vallée face à cette menace grandissante. 

 

Une Vie

Prague, 1938. Alors que la ville est sur le point de tomber aux mains des nazis, un banquier londonien va tout mettre en œuvre pour sauver des centaines d’enfants promis à une mort certaine dans les camps de concentration. Au péril de sa vie, Nicholas Winton va organiser des convois vers l’Angleterre, où 669 enfants juifs trouveront refuge. 

Cette histoire vraie, restée méconnue pendant des décennies, est dévoilée au monde entier lorsqu’en 1988, une émission britannique invite Nicholas à témoigner. Celui-ci ne se doute pas que dans le public se trouvent les enfants – désormais adultes – qui ont survécu grâce à lui… 

 

Sleep

La vie d’un jeune couple est bouleversée quand le mari devient somnambule et se transforme en quelqu’un d’autre la nuit tombée. Sa femme, submergée par la peur qu’il fasse du mal à leur nouveau-né, ne trouve alors plus le sommeil…. 

 

Les chèvres

Saviez-vous qu’au 17e siècle, les animaux pouvaient être jugés pour avoir commis un crime ? 

Maître Pompignac, risée du barreau, pense avoir trouvé l’affaire de sa vie : défendre la jeune et innocente Josette, accusée à tort du meurtre d’un maréchal… Mais c’était sans compter sur son adversaire, le redoutable et réputé Maître Valvert, et surtout sur Josette, qui s’avère n’être autre… qu’une chèvre ! 

 

Dune : deuxième partie

Dans Dune : deuxième partie, Paul Atreides s’unit à Chani et aux Fremen pour mener la révolte contre ceux qui ont anéanti sa famille. Hanté par de sombres prémonitions, il se trouve confronté au plus grand des dilemmes : choisir entre l’amour de sa vie et le destin de l’univers. 

 

Demon Slayer : Kimetsu no yaiba – En route vers l’entrainement des piliers

Avec Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba — En route vers l’entraînement des piliers, découvrez pour la première fois sur grand écran l’épisode 11 du Village des forgerons et sa conclusion du combat épique entre Tanjirô et la quatrième lune supérieure, Hantengu, sans oublier l’exploit retentissant de Nezuko, qui triomphe du soleil. Il sera suivi du premier épisode de L’Entraînement des piliers, lui aussi dévoilé pour la toute première fois en France, qui montrera les prémices d’une instruction spéciale sous l’égide des piliers en prévision de l’ultime bataille contre Kibutsuji Muzan. 

 

Piège de cristal

John McClane, policier new-yorkais, est venu rejoindre sa femme Holly, dont il est séparé depuis plusieurs mois, pour les fêtes de Noël dans le secret espoir d’une réconciliation. Celle-ci est cadre dans une multinationale japonaise, la Nakatomi Corporation. Son patron, M. Takagi, donne une soirée en l’honneur de ses employés, à laquelle assiste McClane. Tandis qu’il s’isole pour téléphoner, un commando investit l’immeuble et coupe toutes les communications avec l’extérieur… 

 

Pat et Mat

Pat et Mat sont deux amis inséparables qui partagent une passion commune pour le bricolage. Tous deux déploient toute leur énergie et surtout leur imagination pour cela : mais attention aux nombreux rebondissements et cascades ! 

 

Les petits singuliers 👤

Un programme de 4 courts métrages qui célèbre la singularité à travers des personnages uniques et captivants, dont les récits aideront les enfants à se construire un modèle d’acceptation et d’empathie. 

Programme : 

Laïka et Nemo de Jan Gadermann (Allemagne, 2022, 15′) : Nemo est différent. Il habite dans le phare d’une ville de bord de mer et est le seul à porter un scaphandre. Un jour, il rencontre Laïka, une astronaute qui lui ressemble… 

Au bonheur de Paolo de Thorsten Droessler, Manuel Schroeder (Allemagne, République tchèque, Suisse, 2021, 14′) : Paolo est heureux – parce qu’il peut pleurer et de ses larmes naissent de magnifiques fleurs. Lorsque les habitants de la ville découvrent cet étrange pouvoir, ils veulent cueillir le bonheur de Paolo… 

Le Garçon et l’Eléphant de Sonia Gerbeaud (France, 2022, 7′) : Dans une classe, l’arrivée d’un nouveau à tête d’éléphant déclenche moqueries et sarcasmes. Pourtant, un des élèves semble captivé et troublé par ce nouveau camarade. 

À la bonne place ! de Meinardas Valkevičius (Lituanie 2021, 11′) : Patrick vit dans un foyer. Il espère qu’un jour une famille le prendra sous son aile. Un à un, les autres enfants finissent par être adoptés par des gens qui leur ressemblent, sauf lui. Alors Patrick attend et rêve de prendre son envol… 

Le royaume des abysses

Shenxiu, une fillette de 10 ans, est aspirée dans les profondeurs marines durant une croisière familiale. Elle découvre l’univers fantastique des abysses, un monde inconnu peuplé d’incroyables créatures. Dans ce lieu mystérieux émerge le Restaurant des abysses, dirigé par l’emblématique Capitaine Nanhe. Poursuivis par le Fantôme Rouge, leur route sera semée d’épreuves et de nombreux secrets. Leur odyssée sous-marine ne fait que commencer. 

 

Au fil des saisons

Charlie, 20 ans, étudiante revient dans la ferme familiale en Virginie pour aider sa mère qui est souffrante. Elles ont une vision différente de la vie : Charlie étudie la finance tandis que Laura gère un élevage de poules. Après une longue absence, Solange, la mère de Laura, grand-mère de Charlie, débarque à la ferme… Elle est française, féministe et excentrique. Solange a quitté l’Amérique alors que sa fille était encore une enfant et elles ne se sont jamais beaucoup revues. Ces trois femmes, que rien ne semble rapprocher, réussiront-elles à vivre ensemble ? 

 

A vol d’oiseaux 🐦

Le Tout petit voyage de Emily Worms : Jean est témoin d’une chose extraordinaire : Titi, sa perruche, peut ouvrir la porte de sa cage ! Pourtant l’oiseau ne part pas. En essayant de comprendre pourquoi, Jean se retrouve embarqué dans un monde magique. Titi va pouvoir montrer ses failles et peurs, et Jean l’aidera à les surmonter. En traversant d’étonnants paysages, ils enrichiront leur amitié et apprendront que dire au revoir, ce n’est pas dire adieu. 

L’Air de rien de Gabriel Hénot Lefèvre : Dans un sanatorium en bord de mer, un vieil homme voit sa vie bousculée par l’arrivée d’une mouette qu’il va doucement apprivoiser. Le jour où celle-ci est blessée, l’homme va prendre soin d’elle et retrouver, pour un instant, son âme d’enfant. 

Drôles d’oiseaux de Charlie Belin : Ellie entre en sixième à Saumur. Timide et passionnée par la nature, elle passe son temps plongée dans des livres, en particulier d’ornithologie. Elle intrigue Anna, la documentaliste du collège, une femme mystérieuse avec qui elle tisse une relation pleine de malice. Le jour où Ellie doit absolument lui rendre un livre, la porte du CDI est fermée. Elle décide alors de le ramener directement chez Anna qui vit sur une île sur la Loire, à quelques kilomètres du collège. Une île pleine d’oiseaux… 

 

Attendre le navire / Île errance

Pourquoi cette invitation au voyage ? Car c’est bien ce que nous proposent ces deux films, imaginant, ici un poète, deux terroristes, un faiseur de film, un reporter et deux amoureux en quête d’un navire pour Nulle Part, là une troupe embarquant pour l’île d’Utopie. 

Ici Brazza

Ici Brazza, tout un programme : une zone en friche vit ses dernières heures. 53 hectares à bâtir pour un vaste projet immobilier dans l’air du temps. Chronique d’un terrain vague en transformation, le film scrute l’annonce d’un « nouvel art de vivre » dans la réalité brute du terrain. 

 

Mars Express

En l’an 2200, Aline Ruby, détective privée obstinée, et Carlos Rivera son partenaire androïde sont embauchés par un riche homme d’affaires afin de capturer sur Terre une célèbre hackeuse. 

De retour sur Mars, une nouvelle affaire va les conduire à s’aventurer dans les entrailles de Noctis, la capitale martienne, à la recherche de Jun Chow, une étudiante en cybernétique disparue. Noctis est leur ville, une utopie libertarienne rendue possible par les progrès en robotique, emblème d’un futur tourné vers les étoiles. 

Au fil de leur enquête, ils seront confrontés aux plus sombres secrets de leur cité ; ses institutions corrompues, ses trafics, ses fermes cérébrales, et les magouilles des toutes puissantes corporations. Mais des tueurs cyber augmentés ont eux aussi pris pour cible Jun Chow. Aline et Carlos se lancent dans une course désespérée pour sauver cette jeune femme qui, sans le savoir, détient un secret capable de menacer l’équilibre précaire sur lequel repose leur civilisation. 

 

La Bête

Dans un futur proche où règne l’intelligence artificielle, les émotions humaines sont devenues une menace. Pour s’en débarrasser, Gabrielle doit purifier son ADN en replongeant dans ses vies antérieures. Elle y retrouve Louis, son grand amour. Mais une peur l’envahit, le pressentiment qu’une catastrophe se prépare. 

 

Le 25 février, ça va baller à la P’tite scène des halles !

« Le concert de La p’tite scène des Halles est, à proprement parler, le premier organisé par Quai des bals », annonce Claire Laperdrix. Cette toute jeune association veut promouvoir « des événements autour des musiques et danses traditionnelles et folkloriques mais avant tout des bals trad. Donc des concerts à danser et des bœufs ! », comme la soirée du 25 février qui va commencer par une initiation aux danses traditionnelles. Puis des danseurs “ressource” accompagneront les débutants ou hésitants lors du concert-bal du groupe nantais Z-EST. Ce trio de chansons françaises, issues de répertoires de fest-noz et bals folk, fera assurément « taper du pied », avant le fameux bœuf. Un bœuf d’ailleurs ouvert à tous les musiciens versés dans les musiques traditionnelles, « qui connaissent bien le principe des bals trad : celui de la musique live », poursuit celle qui est à la fois responsable et co-organisatrice de l’événement. Car dans cette association, chaque personne « ayant une idée peut l’organiser. Ce qui en soi permet d’imaginer autant d’événements qu’il y a de membres », explique Ewen D’Aviau, membre de la commission musique. 

Le bal à fond 

C’est un fait, la guinche n’est plus ringarde. Profitant du revival breton et de la déferlante ethnique, « les danses traditionnelles reprennent du service sur les parquets. Polka, valse, mazurka, bourrée auvergnate…, le concept du bal trad revient en force chez les trentenaires comme nous », assure Claire. D’où la naissance de Quai des bals, histoire de ne plus avoir à faire une heure de route pour esquisser quelques pas de danse. « Dans le coin, reprend Ewen, à part les musiques et danses bretonnes, il n’y a pas grand chose. Nous voulons par ailleurs étendre le répertoire local au national et à l’international. Un moyen de diversifier les danses et musiques traditionnelles, d’autant que le territoire est multi-ethnique. » Il s’agit aussi de créer du lien social et intergénérationnel comme de relier les gens par la musique et la danse, « ces langages universels qui permettent de faire tomber les barrières ». Outre l’appel à des musiciens pour animer ses événements, dont le bal mensuel à Quai des arts, « c’est aussi une invitation à faire connaître des danses et musiques d’autres pays et à se rencontrer » que lance le noyau dur d’une dizaine de personnes engagé dans l’association. Eh bien, dansez maintenant ! 

Power up ou les mondes engloutis

Power up, c’est un projet collectif d’une dizaine d’artistes, déployé simultanément au Grand Café à Saint-Nazaire et à la Kunsthalle à Mulhouse. Power up, c’est « un objet audacieux, hybride », souligne Sophie Legrandjacques, directrice et commissaire des expositions du Grand Café, à l’initiative de cette exposition, avec Géraldine Gourbe, philosophe, critique et commissaire d’art et Fanny Lopez, historienne de l’architecture et des techniques. Power up, c’est le regard de femmes qui se pose, s’empare de la question des infrastructures énergétiques, sous les feux des projecteurs ! Power up, c’est l’histoire d’un monde englouti, invisible, souterrain. Qui renvoie à un monde matriciel interconnecté. Qui « organise nos modes d’existence », pense et régit nos biens communs. Un monde enfoui. On l’entend certes, l’imagine, le devine, le fantasme… pour le concevoir autrement, aujourd’hui, pleinement conscient de la gravité de la crise écologique. « L’histoire du progrès est une histoire qui se raconte », et pas forcément, uniquement « par la voix  de l’ingénierie, mais par le regard aussi de non-experts qui porte de nouvelles perspectives, entre imaginaires plastiques, récits spéculatifs, utopies visuelles et architectures conceptuelles ». Ouvrons alors la porte du Centre d’art contemporain, et parcourons ce cheminement réflexif et artistique qui nous plonge dans les entrailles de la « culture technique ».  Avec Touch Sanitation, l’artiste Laderman Ukeles met en lumière, par la photographie, les invisibilisés de New York. 

L’objectif pointé sur ces éboueurs de l’ombre, sans lesquels la ville ne pourrait tourner. Un cliché, et une lettre adressée à chacun d’eux, qui font face à un alignement de moquettes d’égout, un objet improbable signé Laura Lamiel. Un Regard détourné « avec malice » qui interagit avec Intranquility de Tatania Trouvé. L’artiste nous invite alors à pénétrer, par le regard, dans un intérieur ordonné, envahi par des objets menaçants. Dans l’autre salle du bas, tout à côté, le château d’eau imaginé par l’architecte nazairien Jacques Dommée, au début des années 1940. En hommage au fleuve sauvage qu’est la Loire. Un objet utopique qui n’a jamais vu le jour. « Une sorte de vigie à l’échelle des buildings new-yorkais », qui répond à la carte de Charlotte Vinouze. Un univers XXL, climato-cosmique, sur les infrastructures énergétiques du territoire nazairien, situé non loin de la Ligne de lumières (sensible) de Véronique Joumard qui « s’anime et vibre » selon l’activité environnante, et les bains douches des dockers, les Wet men (Hommes trempés) de Lou Masduraud.  

Marthe Barbance, l’icône pop’ de Saint-Nazaire ?  

En haut des marches, le superbe dessin de Maya Mihindou qui célèbre, révèle, telle une Madone, la Nazairienne d’adoption Marthe Barbance (1902-1929), alias Marthe La Géante, dont la thèse La ville, le port, le travail sortie en 1948 reste à ce jour « le plus précieux des jalons historiques de l’histoire nazairienne ». Le visiteur pourra repartir avec une reproduction, « un poster à afficher au mur de sa chambre. Pour que Marthe devienne une icône populaire ! », lance l’artiste, sur le point de présenter sa fresque monumentale, un fourmillement d’idées, de connexions, irisé et inspiré par le concept de pétromasculinité… Puis direction El Qamar, fiction d’une communauté imaginée en Palestine par Marielle Chabal, ou le Soleil de lune de Jean Picart Le Doux (1902-1982), artiste peintre et tapissier français du renouveau de la tapisserie contemporaine, parmi d’autres œuvres à contempler avec… énergie ! 

/// au programme /// 

Visite commentée, tous les samedis, 16h. 

Une heure, une œuvre, à la découverte des tapisseries de Jean Picart Le Doux, jeudi 7 mars, 18h30, gratuit. 

Visite contée avec l’association Fabelo, samedi 23 mars, 11h, gratuit. Pour les 5/10 ans. 

Projection de films du Centre national des arts plastiques avec un critique d’art, mercredi 3 avril, 20h30, cinéma Tati, tarifs Ciné.  

“Les relations entre architecture, décolonisation et pratiques écologiques dans la France d’après-guerre”, avec Paul Bouet et Maya Mihindou, mardi 9 avril, 18h30, Bain public, gratuit. 

Chant’Appart : 30 ans de concerts faits maison

Trois décennies. Trente ans que des habitants poussent leurs meubles pour y faire éclore la musique. Trente ans à défendre la chanson francophone, et à transmettre, aux 40, 50, 60 personnes d’un public éphémère, une joie d’être au plus près des artistes. Cette année encore, l’association Chants-Sons, qui compte 400 adhérents, reprend du service, avec son traditionnel festival Chant’Appart, une initiative unique en France. Jusqu’au 25 mars, du jeudi au dimanche, 27 artistes se succèdent de salon en salon pour enflammer les planches. Pour un total de 130 concerts. Son leitmotiv ? : « Amener la chanson où elle ne va pas habituellement », confie Christian Gervais, un président d’association toujours aussi ravi d’organiser cette grosse machinerie. Une véritable industrie, née en Vendée, qui s’astreint à mailler les Pays de la Loire de « petits lieux » de rencontres, de convivialité et d’échange. Et qui draine 7 000 à 8 000 spectateurs chaque année. 

Un tremplin artistique 

Le festival, dans un melting-pot d’artistes locaux et nationaux, met un point d’honneur à inviter des artistes de tous horizons, reconnus par leur profession, mais dont la « notoriété nationale auprès du grand public est encore à venir ». Un sacré tremplin, quand on sait que des artistes comme « Jeanne Cherhal, Aldebert, Oldelaf, Bertrand Belin ou Ben Mazué » se sont produits dans ce cadre à leurs débuts. Zazie avait même approché les organisateurs pour y chanter, offre que Chants-Sons a décliné : « Qui peut se permettre de dire non ? Nous ! », s’amuse Christian Gervais. 

Accueillants, accueillis : même tempo 

Des équipes techniques à pied d’œuvre, de généreux mélomanes ouvrant leur chez-soi : si Chant’Appart recherche des lieux insolites pour ses représentations – lycées, cages d’escalier, salons de coiffure –, le gros des récitals se passe chez l’habitant, qui accueille les spectateurs et loge les musiciens. Quatre des « accueillants »  de l’édition 2024 résident à Saint-Nazaire. « La richesse des liens qui se créent avec les artistes, c’est indéfinissable », reconnaît François Mathelier, le premier à accueillir chez lui, le 24 février. Rapidement confirmé par Anne Lassalle, Antoine et Michèle Perez, hôtes d’un soir également. Même l’ASC (Association solidarités et créations) ouvre ses nouveaux locaux pour un concert le 14 mars, à destination des Nazairiens, et de son « public itinérant », les sans-abris. Car la musique n’a pas de frontières… 

Déferlante de rap au Wave O’Sound festival

Depuis 2017, des étudiants en techniques de commercialisation de l’IUT de Saint-Nazaire s’associent à l’association LMP Musique pour monter le projet musical Wave O’Sound festival. Pensé pour dynamiser la vie culturelle étudiante nazairienne, l’événement se déroule chaque année en février avec une programmation destinée principalement aux… jeunes. Mais « il est aussi ouvert à tous les publics qui souhaitent profiter d’un moment festif et éclectique », précise Muriel Bousseau, la directrice de LMP Musique. « Ce mélange est d’ailleurs amusant car les gens ne s’attendent pas à voir tant d’étudiants. Avec l’association étudiante Bureau de la musique de l’IUT, on veut avant tout montrer qu’à Saint-Nazaire, il existe des événements pour les étudiants, organisés par les étudiants. » Son équipe, composée de six organisateurs pour cette 8e édition, change chaque année. Le thème aussi. Elle a ainsi choisi celui de la croisière et une programmation de musiques urbaines. Pendant plusieurs mois, Maëva, Sacha, Clément, Thays, Anaïs et Naomi ont assisté à toutes les étapes de l’organisation d’un festival.  

« Notre objectif est de sensibiliser les jeunes aux métiers artistiques et qu’ils puissent comprendre le fonctionnement d’un événement. Ils gèrent la com’, l’aspect événementiel, le type de programme… » 

Voguer vers de nouveaux mondes 

Globalement, LMP Musique veut valoriser la création musicale, favoriser l’émergence artistique et développer des actions culturelles et événementielles. Et « si le festival cherche à mettre en lumière de jeunes artistes en devenir, nous portons aussi le projet Just live music, labellisé Olympiade culturelle par Paris 2024, autour de la musique et du breaking ». La nouvelle discipline olympique. Muriel Bousseau n’est pas peu fière non plus de rappeler que la nouvelle vague de la scène rap française (Luidji, Wailing Trees ou DJ Freshhh) est déjà passée par le Wave O’Sound festival. Cette année, c’est la palette sonore et limpide de Dau, finaliste du programme rap Nouvelle école sur Netflix, qui surfera sur la grande scène du Vip, avec Younsss. Un artiste aux mélodies et au flow variés. Et pour retrouver Piji et Kamango, les deux gagnants du tremplin, les “wavos” n’auront qu’à onduler jusqu’à la mezzanine. 

[zoom] Le Molière imaginaire

Le Py(re) est à venir ! Les trois coups frappés, le brigadier à l’arrêt, le rideau levé… Et la mort qui pointe le bout de son nez. Travelling… Dans une case, en haut, à droite, on s’y perd déjà, trois grâces décrépites à la voix éraillée, qui jacassent, jasent. Travelling… Dans la case d’à côté, à gauche, en bas, on ne sait plus trop, deux précieux ridicules fichtrement emperruqués qui devisent de leur laideur grimée avec ostentation… Puis un enchevêtrement de cases pour autant d’âmes casées dans leur rôle, cacophonie des genres aux accents lullyesques. À la freak show. Frénésie. Pas de répit pour la caméra. Dans les loges, au sous-sol, côté jardin ou côté cour, dans les coulisses ou sur scène. Toujours en mouvement. Avec cette impression que cette tragi-comédie a été tournée en un unique plan-séquence. On rit, on pleure, on crie, on tousse, on boit, on fume, on… Vertige. Comme assommé par ce maelström d’images disloquées, de tirades abstraites, de scènes parfois dérangeantes, et de masques de mascarade… Qu’apparence. Qui se joue de qui ? Qui est la farce de qui ? Qui joue la comédie, cette même comédie qui « corrige les mœurs par le rire », rappelle Molière dans la préface de Tartuffe. Alors, rions à gorge déployée ! Ou pas.  

Olivier Py signe là une œuvre à double tranchant. Car à côté de cette grande caricature chaotique, de ce labyrinthe théâtral qui nous fait perdre pied, il ressort de ce biopic réarrangé quelque chose de puissant, de fascinant. Fascination pour ces décors à couper le souffle, pour ces costumes tout aussi majestueux… Une esthétique visuelle d’une extravagante élégance, avec, à son paroxysme, cet éclairage – en ces temps du tout-électrique – surréaliste ! Eh oui, Le Molière imaginaire a été entièrement tourné à la bougie. Une ambiance baroque et décalée à souhait.  

Et des acteurs au jeu, faut-il l’avouer, impressionnant de puissance. À l’instar de Bertrand de Roffignac, dans la peau du splendide amant de Molière, et Laurent Lafitte en tête, bien sûr. Le pensionnaire de la Comédie-Française incarne ce Molière mourant avec force et passion, le souffle coupé. Son dernier souffle – il ne lui reste plus que deux heures à jouer – écorché. Trahi par Lully « il y a un Jean-Baptiste de trop ! », dira Poquelin, tombé dans la disgrâce du roi, refusant de renier son art, ce qui aurait pu le conduire à la fosse commune, le plus grand des acteurs-dramaturges français, disparu il y a 350 ans, s’éteint sous une pluie d’applaudissements, sur les planches du Palais-Royal, selon la légende, et le synopsis ! Pour finalement finir, seul, dans la nuit, « plus de sept pieds sous terre, car elle n’est plus sainte ! », au milieu d’un champ, et entre quatre planches !  

 

Madame Web

Cassandra Web est une ambulancière de Manhattan qui serait capable de voir dans le futur. Forcée de faire face à des révélations sur son passé, elle noue une relation avec trois jeunes femmes destinées à un avenir hors du commun… si toutefois elles parviennent à survivre à un présent mortel. 

 

Alerte rouge

Les aventures de Meilin Lee, une jeune adolescente de 13 ans, pleine d’assurance, mais tiraillée entre son image de petite fille modèle aux yeux de sa mère hyper protectrice et le chaos de l’adolescence. Et comme si tous les changements qui s’opèrent en elle ne suffisaient pas, chaque fois qu’elle est débordée par ses émotions – ce qui, pour une ado, arrive quasiment tout le temps – elle se transforme en panda roux géant ! 

 

Rien ni personne

Orphelin de naissance, Jean décide d’abandonner femme et enfant en croyant les protéger de sa double-vie délinquante, mais sa cavale va le ramener à la paternité qu’il fuyait. 

 

Chiens de la casse

Dog et Mirales sont amis d’enfance. Ils vivent dans un petit village du sud de la France et passent la majeure partie de leurs journées à traîner dans les rues. Pour tuer le temps, Mirales a pris l’habitude de taquiner Dog plus que de raison. Leur amitié va être mise à mal par l’arrivée au village d’une jeune fille, Elsa, avec qui Dog va vivre une histoire d’amour. Rongé par la jalousie, Mirales va devoir se défaire de son passé pour pouvoir grandir, et trouver sa place. 

Le parfum de la carotte 🥕

Programme de 4 courts métrages d’animation. 

 

They shot the piano player

Un journaliste de musique new-yorkais mène l’enquête sur la disparition, à la veille du coup d’État en Argentine, de Francisco Tenório Jr, pianiste brésilien virtuose. Tout en célébrant le jazz et la Bossa Nova, le film capture une période éphémère de liberté créatrice, à un tournant de l’histoire de l’Amérique Latine dans les années 60 et 70, juste avant que le continent ne tombe sous le joug des régimes totalitaires. 

 

Sans jamais nous connaitre

A Londres, Adam vit dans une tour où la plupart des appartements sont inoccupés. Une nuit, la monotonie de son quotidien est interrompue par sa rencontre avec un mystérieux voisin, Harry. Alors que les deux hommes se rapprochent, Adam est assailli par des souvenirs de son passé et retourne dans la ville de banlieue où il a grandi. Arrivé devant sa maison d’enfance, il découvre que ses parents occupent les lieux, et semblent avoir le même âge que le jour de leur mort, il y a plus de 30 ans. 

 

Vivants

Gabrielle, 30 ans, intègre une prestigieuse émission de reportages. Elle doit très vite trouver sa place au sein d’une équipe de grands reporters. Malgré l’engagement de Vincent, leur rédacteur en chef, ils sont confrontés au quotidien d’un métier qui change, avec des moyens toujours plus réduits, face aux nouveaux canaux de l’information. Habités par leur passion pour la recherche de la vérité, leur sens de l’humour et de la solidarité, ils vont tout tenter pour retrouver la foi de leurs débuts et se réinventer. 

 

Respire, souris, vis

Une série de personnages, dont le célèbre maître zen Thich Nhat Hanh, interagissent et racontent un chemin initiatique à la fois intérieur et extérieur de la méditation. Qu’est-ce qui vaut la peine d’être vécu ? Quel sens donner à sa vie face à l’adversité ? C’est un plongeon dans les méandres de la conscience humaine. Loin d’être un film contemplatif, c’est une histoire en mouvement, ancrée dans notre quotidien et notre devenir, une invitation à ralentir pour se retrouver. Qu’est-ce qu’être humain sinon la capacité de transcender la peur de mourir, de vivre et d’aimer ? 

 

Les toutes petites créatures

Suivez les aventures de Rose, Bleu, Orange, Jaune et Vert, un groupe de toutes petites créatures drôles et attachantes. À travers le jeu, ces petites créatures en pâte à modeler découvrent avec amusement le monde qui les entoure. L’humour est au cœur de ce programme, abordant avec légèreté des thèmes tels que la découverte de l’autre, le travail d’équipe, l’empathie et la tolérance. 

 

La Grâce

Un père et sa fille adolescente sillonnent la Russie à bord d’un van qui contient tous leurs biens et le matériel d’un cinéma itinérant. Ils organisent des projections en plein air dans les villages reculés. Lors de leur périple, de brèves rencontres ponctuent leur solitude. Mais leur vie va basculer sur les rives de la mer de Barents… 

 

Déménagement

Ren est une jeune fille dont les parents viennent de divorcer. Son père déménage, et elle doit s’adapter à cette nouvelle vie voulue par les adultes. Révoltée contre le monde des grandes personnes qu’elle interroge avec clairvoyance, elle devra apprendre à grandir et à se réconcilier avec eux au cours d’un cheminement qui l’amènera aux confins de la réalité. 

 

L’Étoile Filante

Bruxelles, aujourd’hui. Boris, barman, vit dans la clandestinité depuis 35 ans, à la suite de son implication dans un attentat qui a mal tourné. Son passé refait surface quand une victime le retrouve et veut se venger. L’apparition de Dom, homme dépressif qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Boris, fournit à l’ex- activiste le moyen parfait pour échapper à la vengeance. Boris et sa compagne, Kayoko, épaulés par leur portier, Tim, tissent une toile funeste autour de Dom. Ils ignorent l’existence de son ex-femme, Fiona, détective privée… 

 

Le Molière imaginaire

Comme tous les soirs, Molière monte sur la scène du théâtre du Palais-Royal pour jouer Le malade imaginaire. Ce sera sa dernière représentation. 

 

[zoom] Daaaaaali !

Daaaaaali ! Le titre du dernier Dupieux aurait aussi pu s’écrire au pluriel. Édouard Baer, Jonathan Cohen, Gilles Lellouche, Pio Marmaï, Didier Flamand et Boris Gillot, ils ne sont pas moins de six acteurs, interchangeables, pour incarner l’artiste excentrique le plus célèbre de l’art moderne. Et ils auraient pu être encore plus nombreux. Tant le peintre surréaliste est insaisissable. Tant il a de facettes. Tant il est mégalo. Pas facile de s’y retrouver dans ce portrait qui n’en est pas un. Dans cette interview qui n’en est pas une. Dans cette rencontre imaginée par une journaliste qui n’en est pas une non plus. Boulangère ou pharmacienne reconvertie. Peu importe. On ne sait pas. On ne sait plus. Pour réaliser un film sur le génie catalan, on ne pouvait pas imaginer mieux que Dupieux. Mêmes horizons barrés et baroques. Mêmes univers déjantés et absurdes. Où sommes-nous ? Où se situe la réalité ? Nulle part sans doute. Le spectateur reste suspendu à l’interprétation incroyable des acteurs, et particulièrement à celle d’Édouard Baer et de Jonathan Cohen qui incarnent le peintre à la perfection avec les jeux de regard du maître et cette diction si caractéristiques. Pourtant le propos n’a rien d’un biopic habituel. On est chez Dupieux. Rappelons-le. 

Le réalisateur s’amuse des caprices de la star de la peinture comme de son narcissisme, de ses paradoxes et contradictions qui eux, pour le coup, ne sont pas éloignés de la réalité. Reste que Dupieux nous promène tel Don Quichotte dans les chemins de traverse d’une histoire absurde avec l’Espagne pour toile de fond. Il opère des allers-retours incessants dans l’onirisme, dans un espace-temps surréaliste où les événements font du sur-place ou reviennent en arrière… Le temps est distordu, à l’image des tableaux et de l’univers du peintre, grand connaisseur des théories freudiennes. Le Dalí d’Édouard Baer, qui arrive dans un hôtel pour rencontrer la néo journaliste Judith Rochant (Anaïs Demoustier), met ainsi plusieurs minutes à parcourir un couloir d’une vingtaine de mètres depuis la sortie de l’ascenseur. Mais là où le pari de Quentin Dupieux est réussi, c’est que son long métrage donne l’impression de plonger dans l’une des œuvres de Dalí. Voire dans la vie rêvée de Dalí qui n’aurait pu, non plus, rêver meilleur hommage à son art et à son personnage. Un personnage qui lui-même jouait son rôle. Voilà la boucle bouclée. 

 

Les Tanukis de Julie, entre légende et réalité augmentée

Télérama, Les Inrocks, Médiapart, Étapes, Graphism… Julie Stephen Ccheng a fait de ses Tanukis “augmentés” les stars des médias. Ou inversement, s’ils ne font pas qu’un, in fine ! Tantôt animaux, éléments, objets ou humains, avec ces esprits farceurs, toujours prêts à nous jouer des tours, il faut s’attendre à tout ! Rendues célèbres par le film d’animation Pompoko de Isao Takahata, ces créatures polymorphes reconnaissables à leur look atypique (grands yeux ronds, ventre rebondi, chapeau de paille sur la tête, gourde de saké en bandoulière) et profondément ancrées dans la mythologie nipponne sont « vénérées comme des demi-dieux au Japon. Des icônes populaires ! Partout dans les rues, on croise des statues à leur effigie », raconte Julie, 34 ans, diplômée de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris. Qui déjà, toute petite, se passionnait pour les contes et légendes des mondes entiers, et imaginaires. 

« Je rêvais d’être documentariste, je rêvais de voyager à travers les continents pour filmer les peuples, les cultures, les visages, les gens. » 

Alors, comme pour s’y préparer, elle s’inventait des histoires parmi les djinns, korrigans et autres yōkai et kamis, ces êtres mystérieux issus des folklores traditionnels, dont elle puise son inspiration. 

« Le spectateur, un Tanuki oublié » 

Des histoires qu’elle raconte, écrit, anime, dessine, à présent, autrement. À sa manière, avec art et sans manières, avec l’art (papier) et la manière (numérique), elle « filme la métaphore des êtres humains », l’étrangeté de l’être, de l’être étranger, de l’être soi face à ces petits démons de la forêt, invisibles, qui peuvent être nous. Et que Julie Stephen Ccheng rend visibles à nos yeux, en leur donnant corps, vie, grâce à la réalité augmentée. 

« Mais vous savez, ils existent vraiment. Les Tanukis sont là, parmi nous, réels. Ils oublient parfois d’où ils viennent, et continuent alors à vivre à nos côtés. Dans l’expérience Uramado AR, le spectateur est un Tanuki oublié. » 

Avec cette exposition sans frontières, la jeune designer et auteure, faiseuse d’une dizaine de livres-objets de curiosités, de livres-jeux « dont vous êtes le héros », invite les visiteurs, smartphone en main et appli active à l’envi, à découvrir « en famille, entre amis » lequel de ces Tanukis sommeille en eux… Au total, 48 personnages créés de toutes pièces (12 Tanukis de jour pour les animaux, 12 Tanukis de nuit pour les éléments + 24 têtes et masques animés)… 

Quel Tanuki pour Julie ? 

Dans cette balade immersive qui mêle intimement le réel au virtuel, dans cet univers coloré, à l’ambiance dark crépusculaire et aux « paysages un peu bizarres, surréalistes, voire mystiques », on y rencontre le chat, « le chouchou des petits », l’ours, le renard, le mouton, le chien, le raton laveur… Pas étonnant ! Dans la vraie vie, le Tanuki est un chien, dit viverrin, sosie du raton laveur, un chien sauvage d’Asie orientale, millénaire, chassé pour sa fourrure.
Alors ? La question se pose… Quel Tanuki pour Julie ? La première à s’être évidemment prêtée au jeu, avant que cette exposition ne sorte en 2017 de son atelier parisien « à l’état d’expérimentation », pour le musée de la Chasse et de la Nature à Paris, et ne vienne habiller les 18 vitrines de la maison Hermès à Tokyo. On s’impatiente ! 

Eh bien, ce sera « le buffle de terre. Qui me correspond bien, j’avoue ! Il aime beaucoup manger, il est terrien, dans le contrôle, il mène bien sa barque et a les pieds sur terre. » 

14 pays, 300 expos en 5 ans 

Et ça, Julie, elle les a, les pieds sur terre. Le succès rencontré par Uramado AR, la version (aboutie) chasse aux trésors en réalité augmentée, aurait pu lui monter à la tête. 14 pays, 300 expositions depuis 2019, dans des lieux aussi prestigieux que populaires – « en Chine, ils ont carrément créé un parc d’attractions ! » –, une appli traduite dans 7 langues, une presse dithyrambique, un livre sorti en 2022, un live VJing (vidéo-jockey), et à venir, une série de 26 épisodes de 3 min… De quoi perdre pied. Que nenni. Julie reste connectée à la réalité : « Un article dans Télérama, c’est chouette. C’est une validation. Mais je vois ça avec un œil très distancié. » Julie reste connectée au papier, à l’artisanat, au fait main, au concret, et à son public, sa raison de créer. « Son impression vaut tous les articles du monde ! Et quand il se sent touché, rien ne me fait plus plaisir. » 

« Uramadur signifie en japonais le “verso” du papier ou “fenêtre”.
Une fenêtre ouverte sur un monde imaginaire, avec ce téléphone qu’on utilise comme une fenêtre numérique.
Et c’est ainsi, aussi, qu’est traduit le film d’Hitchcock Fenêtre sur cour ! » 

Bientôt en Brière 

Un public avec qui elle partage, in situ, de visu, « quand [elle] le peut », lors d’ateliers animés. D’ailleurs, à l’occasion de l’exposition qui a lieu jusqu’à fin mai dans les médiathèques et bibliothèques de Saint-Nazaire Agglo, Julie sera présente le 23 février à Saint-Nazaire (17h30), où se trouve une partie de ses attaches familiales, le 24 à Montoir-de-Bretagne (10h30) et à Saint-Malo-de-Guersac (15h), pour découper, coller, dessiner, fabriquer des paper toys, des masques… « Et jouer avec le côté tangible. J’ai testé la réalité virtuelle, une expérience solo, 100% numérique. Moi, je préfère entremêler, mélanger le papier au virtuel, le réel au merveilleux, réunir les atouts de chacun. Qu’il n’y ait pas de limite entre eux. Et puis, une certaine préciosité se dégage dans l’objet physique qu’on ne retrouve pas dans le numérique », confie-t-elle, tout en affirmant être « une grande défenseuse du numérique ». 

Un père cambodgien, une mère canado-hongkongaise, monteuse-réalisatrice dans le cinéma et un frère réalisateur de films d’animation… Pour Julie Stephen Ccheng, filmer, « c’est dans les gènes ! » 

 

À la rencontre des maoris 

Uramado AR est un « projet en brique, déclinable à l’infini, si on me laissait faire ! » Mais l’illustratrice-chercheuse a d’autres univers à explorer, expérimenter, sans cesse en quête « de nouvelles mécaniques de narration, d’interaction, d’usages ». Cet été, elle partira en résidence en Nouvelle-Zélande, au pays des Maoris, s’imprégner, s’inspirer, aspirer les fragrances, les cultures, les traditions ancestrales. Pour offrir une autre définition de la création, de la nature, du spirituel… Pour ouvrir le soi à l’autre, l’autre à soi. L’autre, l’étranger, vous savez, cette étrange créature qui rôde, invisible dans les forêts… Et qui nous ressemble tant ! Avec ou sans réalité augmentée… 

Stan Fort, une musique qui rappe proche

Un grand-père accordéoniste, une grand-mère pianiste, un père guitariste dans des groupes de rock, et maintenant pour son fils… On y reviendra. Si ça, ça ne s’appelle pas être baigné dans la musique… Stéphane Baudet grandit à Saint-Nazaire dans les années 1990. À l’heure où le rap émerge, un style que sa grande sœur écoute abondamment. « Lunatic, Assassin, Time Bomb, La Scred Connexion… Ça tournait tout le temps à la maison. » Le rap, une évidence, donc. Ne sachant jouer d’aucun instrument, tout passerait par la voix, et les mots : « Le premier album que je me suis vraiment offert, c’était Gravé dans la roche de Sniper. Énormément d’émotions en l’écoutant : joie, euphorie, tristesse, colère aussi. J’ai tout de suite trouvé que le rap pouvait être un bon moyen d’exprimer des sentiments, des sensations, des revendications. » 

Premier album dans les bacs 

Une dizaine d’années de « défouloir », à écumer les scènes ouvertes – dont une première partie de Médine sur invitation du groupe Akalmy. Il était temps pour le trentenaire d’enregistrer en studio. Son nom de scène sera Stan Fort, un « blase » trouvé pour les besoins d’un passage radio chez Prun’. Un an et demi de travail, et sept titres ont éclos, pour former Incerta mundi. Un album aux inspirations, aux styles différents d’un son à l’autre. L’artiste navigue, sur une base rap, entre reggae, rock, électro. Un mélange aussi de thématiques puissantes et actuelles : les addictions (Les douze coups), la condition humaine (La somme de tout), ou encore les féminicides (Numéro 149). Très attaché à l’idée d’un travail commun, Stan Fort s’entoure pour l’occasion d’une équipe soudée. On y retrouve sa femme Adelita, pianiste, son oncle Daniel, qui signe un des textes, et son père Jean-Luc (on y revient) à la gratte. Il collabore même avec 18 autres rappeurs (installés ou non) pour un freestyle fleuve qui clôt l’album : Sur la corde à Lienj, sorti le 19 janvier. 

Mise en lumière de la classe ouvrière 

Incerta mundi est le récit d’une perplexité face à l’état du monde. Une atmosphère que retransmet bien la pochette, figurant des usines enfumées, non sans rappeler celle du Animals de Pink Floyd. Le titre introductif de l’album, Indépendance, rend en cela hommage aux morts et blessés du monde ouvrier. Le clip de ce son s’est tourné aux Forges de Trignac, lieu hautement chargé d’histoire, symbole du passé ouvrier de la région. Un milieu que Stan Fort, propriétaire d’une entreprise de terrassement, connaît bien : « Le morceau exprime cette recherche par le travail d’une indépendance financière, raconte-t-il. Je suis prolétaire, issu d’une famille de la classe ouvrière. J’ai passé quasiment 15 ans dans le milieu industriel. J’ai croisé des profils divers et variés, aux parcours de vie parfois joués d’avance, dont certains m’ont laissé sans voix. » Vécu, engagement, authenticité : voilà en quoi consiste la manière (Stan) forte ! 

Les Escales « pailletées » à l’international

Si l’édition 2024 était une couleur, elle serait « pailletée », selon Frédéric Petit, le président des Escales. Et si elle était une ambiance, elle serait cosmopolite. Car le festival renoue cette année avec la scène internationale. « Un choix pour se différencier des autres. Une spécificité aussi depuis 32 ans », rappelle le programmateur, Jérôme Gaboriau. Au-delà du projet Globe-trotter, le festival se tourne résolument vers l’international avec des artistes venus de Jamaïque, d’Angleterre, de Suède… Le directeur des Escales, Gérald Chabaud, confirme « vouloir cultiver la différence avec des registres musicaux variés et le retour d’artistes comme Féfé ». Accueilli il y a 13 ans, le rappeur revient à Saint-Nazaire avec un nouvel album. 

Des paris et des exclus 

Cette programmation s’appuie aussi sur « plein de petits paris avec des artistes en pleine ascension comme Yamê ou Aime Simone », précise Frédéric Petit. Tous deux ont été nommés dans les révélations masculines des Victoires de la Musique 2024. Yamê, ce phénomène et gagnant des Victoires, avec son titre viral Bécane et Aime Simone, qui définit sa musique comme un style post-pop. « On reste dans l’actu avec Julian Marley », poursuit Jérôme Gaboriau. Le fils de Bob vient d’être consacré meilleur album reggae aux derniers Grammy Awards. 

« Plus que jamais, le festival manifeste sa volonté d’apporter de la nouveauté », reprend Gérald Chabaud. 

La nouvelle pépite américaine multi-facettes, Jalen N’Gonda, est ainsi à découvrir le vendredi 19 juillet. Au nombre des concerts événement : le groupe anglais Jungle. Un hommage à la danse, à la musique funk et seulement deux concerts en France ! Un à Paris. L’autre, à… Saint-Nazaire, le samedi soir. 

Une édition voyageuse 

Électro, soul, reggae, pop, les festivaliers vont groover mais aussi chalouper sur les sons rock des Suédois de Royal Republic. Un autre concert événement avec leur rock paillettes (encore !) et festif un peu inclassable, annoncé le dimanche soir. « Et même si ces artistes internationaux ne parlent pas à tout le monde, pour ceux qui les connaissent, il y a quelque chose d’exceptionnel dans leur venue », assure le directeur. 

Reste que « l’ADN des Escales consiste aussi à amener le public à découvrir les artistes qu’il n’aurait pas été voir », ajoute Frédéric Petit. 

Car le festival s’inscrit dans une édition curieuse et voyageuse avec un projet construit autour de la rencontre. Le groupe Acid Arab embarquera ainsi les festivaliers entre Oran et Istanbul. Et puis voici le grand retour annoncé du collectif indépendant Chinese Man pour ses 20 ans. Sans oublier les nouveaux chefs de file de la french touch électro pop French 79 ou Lala &ce. Ce nouveau visage féminin de la scène rap française qui a lutté pour exister dans le milieu… Les 19, 20 et 21 juillet, les Escales vont faire débarquer les festivaliers dans un sacré paysage sonore d’été. 

* une dernière artiste internationale est en attente de confirmation 

Les délices de Tokyo

Les dorayakis sont des pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits, « AN ». Tokue, une femme de 70 ans, va tenter de convaincre Sentaro, le vendeur de dorayakis, de l’embaucher. Tokue a le secret d’une pâte exquise et la petite échoppe devient un endroit incontournable… 

 

Les Contes de Terremer 🇯🇵

Terremer est une contrée magique dominée par les mers et peuplée de dragons. Depuis peu, l’ordre naturel est rompu par un sorcier maléfique. Arren, jeune prince du royaume d’Enlad, va allier ses forces à celles du grand magicien Epervier pour rétablir l’équilibre du monde. Dans le combat qui s’annonce, Arren et Epervier croiseront la route de Therru, une mystérieuse jeune fille. Ensemble, ils dépasseront leurs peurs et uniront leurs destins pour mener le plus fascinant des voyages, à travers les ténèbres et sur le chemin de la paix et de la rédemption.… 

 

Le Garçon et la Bête 🇯🇵

Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. 

 

Nicky Larson – City Hunter : Angel Dust 🇯🇵

Nicky Larson est City Hunter, un détective privé opérant à Tokyo avec son énergique partenaire Laura. Un jour, une inconnue prénommée Angie fait appel à eux pour une demande étrangement simple : retrouver son chat ! Ils acceptent la mission, Laura pour la généreuse récompense et Nicky pour les charmes d’Angie. En parallèle, Hélène, lieutenante de la police de Tokyo, enquête sur l’Angel Dust, une technologie mystérieuse qui transforme les soldats en surhommes mais attention, le trio des Cat’s Eye est aussi sur le coup ! Quel est le lien entre ces deux affaires ? Nicky Larson va se retrouver au cœur d’une bataille épique, qui l’amènera sur les traces de son propre passé. 

 

Le royaume des chats 🇯🇵

Haru est une jeune lycéenne pleine de doutes qui ne trouve pas sa place parmi les autres. Sa vie bascule le jour où, sur le chemin du retour du lycée, elle sauve la vie d’un chat qui manque d’être écrasé par un camion. Mais il ne s’agit pas de n’importe quel chat, celui-ci parle, se tient debout sur ses pattes arrière et se prénomme Loon : il est le prince du royaume des chats. Désormais les félins ont une dette envers Haru. Dès le lendemain ils la comblent de cadeaux et leur roi en personne l’invite dans son château pour la remercier. Le monarque souhaite qu’elle épouse son héritier… 

 

Opération Portugal 2 – La vie de château

Hakim alias Joaquim, notre policier maladroit et gaffeur, est de retour ! Il doit déjouer les plans d’un promoteur véreux : le comte de Neuville. Avec ses amis, il infiltre le Château du Comte mais doit en plus préparer son mariage avec Julia, à qui il a caché sa mission. Rien ne se passe comme prévu et Hakim et sa bande de pieds nickelés, dépassés, vont aller de catastrophes en catastrophes. Il va alors entrer dans une course folle pour réussir sa mission et sauver son couple. 

 

Cocorico

Sur le point de se marier, Alice et François décident de réunir leurs deux familles. Pour l’occasion, ils réservent à leurs parents un cadeau original : des tests ADN pour que chacun puisse découvrir les origines de ses ancêtres. Mais la surprise va virer au fiasco quand les Bouvier-Sauvage, grande famille aristocrate, et les Martin, beaucoup plus modestes, découvrent les résultats, pour le moins… inattendus ! 

 

Asterix – Le domaine des Dieux

Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura  séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains. : « Le Domaine des Dieux  ». Nos amis gaulois résisteront ils à l’appât du gain et au confort romain ? Leur village deviendra-t-il une simple attraction touristique ? Astérix et Obélix vont tout faire pour contrecarrer les plans de César. 

 

Blue Giant 🇯🇵

La vie de Dai Miyamoto change lorsqu’il découvre le jazz. Il se met alors au saxophone et s’entraîne tous les jours. Il quitte Sendai, sa ville natale, pour poursuivre sa carrière musicale à Tokyo avec l’aide de son ami Shunji. Jouant avec passion, Dai arrive un jour à convaincre le talentueux pianiste Yukinori de monter un groupe avec lui. Accompagné de Shunji qui débute à la batterie, ils forment le trio JASS. Au fil des concerts, ils se rapprochent de leur but : se produire au So Blue, le club de jazz le plus célèbre du Japon, avec l’espoir de changer à jamais le monde du jazz. 

 

Bob Marley : One Love

Bob Marley : One Love célèbre la vie et la musique d’une icône qui a inspiré des générations à travers son message d’amour et d’unité. Pour la première fois sur grand écran, découvrez l’histoire puissante de Bob Marley, sa résilience face à l’adversité, le chemin qui l’a amené à sa musique révolutionnaire. 

 

Tombés du camion

Lorsque son chalutier tombe en panne, Stan, vieux marin bourru, peine à trouver sa place sur la terre ferme. Françoise, sa femme, et ses deux fils gendarmes, ont l’habitude de son mauvais caractère et de ses petites embrouilles, mais ses ennuis prennent une autre ampleur quand il rentre à la maison avec Bahman, 10 ans, trouvé dans un carton volé… 

 

A Man

Rie découvre que son mari disparu n’est pas celui qu’il prétendait être. Elle engage un avocat pour connaître la véritable identité de celui qu’elle aimait. 

 

Maison de retraite 2

Quand le foyer Lino Vartan – qui accueille jeunes orphelins et seniors- doit fermer pour raisons sanitaires, Milann n’a pas d’autre choix que de répondre à l’invitation d’une maison de retraite dans le Sud qui les accueille pour l’été. Tous embarquent dans le bus d’Alban. Enfants et anciens découvrent alors le Bel Azur Club, une villa idyllique au bord de la mer : le rêve ! Une aubaine pour ces gamins orphelins qui n’ont jamais eu de vacances… Mais le paradis tourne à l’enfer car anciens et nouveaux pensionnaires du 3e âge se détestent ! La guerre des seniors est déclarée ! 

 

Simples

Au rythme du quotidien de celles et ceux qu’on appelle les « Simples » – des producteurs et cueilleurs de plantes médicinales en France – ce film permet d’entrevoir différentes manières de produire et de penser les plantes en découvrant les luttes que mène le syndicat SIMPLES pour défendre les petits producteurs et la nature. 

Le royaume de Kensuké

L’incroyable histoire de Michael, 11 ans, parti faire un tour du monde à la voile avec ses parents, avant qu’une terrible tempête ne le propulse par-dessus bord avec sa chienne Stella. Échoués sur une île déserte, comment survivre ? Un mystérieux inconnu vient alors à leur secours en leur offrant à boire et à manger. C’est Kensuké, un ancien soldat japonais vivant seul sur l’île avec ses amis les orangs-outans depuis la guerre. Il ouvre à Michael les portes de son royaume et lorsque des trafiquants de singes tentent d’envahir l’île, c’est ensemble qu’ils uniront leurs forces pour sauver ce paradis… 

 

La trilogie d’Apu : Le monde d’Apu

Calcutta, 1930. Apu rêve de succès littéraire, mais faute d’argent il doit interrompre ses études et affronter le monde du travail. Un jour son ami Pulu l’emmène au mariage de sa cousine. Suite à l’accès de folie du jeune marié, Apu, venu en tant que simple invité, se voit contraint d’épouser la jeune femme pour lui éviter le déshonneur. Malgré les difficultés économiques du ménage, ce mariage précipité se transforme en un profond amour. 

 

[zoom] La zone d’intérêt

Au pied du mur, l’intolérable banalité du mal. Telle qu’elle a rarement été filmée. De l’autre côté du mur, l’insoutenable cruauté de l’être. Telle qu’elle n’a jamais été filmée. Puisque invisible à l’écran. La signature de ce chef-d’œuvre inédit, parfois déroutant, qui ébranle dans sa construction, déconstruite, moderne, pour ne pas dire expérimentale.  

Car oui, ici, l’horreur des camps, on ne la voit pas – ou si peu, le peu de trop, ce peu de trop qui obscurcit le bleu du ciel d’une fumée mortifère, et nous pétrifie sur place –, mais on l’entend. Des bruits sourds, assourdissants, en continu ; des pleurs, des cris étouffés, des pleurs, des coups de feu exaltés… Plus tard, plus tôt, qu’importe, tout le temps, le sifflement des trains qui arrivent de loin, les aboiements des chiens, le rugissement des fours crématoires, oppressant, le ruissellement des cendres… Plus jamais.  

L’indicible ne se voit pas – ou cyniquement, par la mise en scène d’objets ayant appartenu aux détenues – un rouge à lèvres porté sur ces lèvres aryennes, un manteau en fourrure arboré ostensiblement –, mais l’invisible, lui, se devine. Pas besoin d’images, on ressent. Pas besoin d’images, on les voit. Pas besoin d’images, nous y sommes, sans y être, tout entiers, le cœur serré, meurtri, pris dans cet étau sonore magistral, strident, lancinant… Qui paralyse. Un son venu tout droit des Enfers, puis une rupture dans la narration, puis deux, puis trois… L’écran, tout entier, devient alors rouge (de sang) ou, tout de noir vêtu, hurle pour celles et ceux qu’on n’entend plus. Des incrustations oniriques, comme celle où l’on suit, angoissé, dans les ténèbres, cette jeune fille qui sème des pommes…  

Des séquences brutes, abstraites, puissantes qui viennent percuter le quotidien “idyllique” des Höss, une famille nazie modèle, exemplaire au regard de la « communauté », installée tout près du camp d’Auschwitz. Cinq enfants, une femme qui tient son rôle – au foyer –, et cet homme, à la tête du plus grand centre de mise à mort. Hedwig Höss, habitée par la magistrale Sandra Hüller, fracassante dans Anatomie d’une chute. Et Rudolph Höss, le bourreau d’Auschwitz, interprété par le charismatique Christian Friedel. Deux acteurs monstres pour deux monstres de cruauté qui cohabitent avec la mort, comme si de rien n’était. Dans ce « paradis » fleuri – rythmé par les petits déjeuners, l’école des enfants, les fêtes d’anniversaire, les éclats de rire dans la piscine, les promenades à cheval, les baignades dans la rivière –, on n’oublie pas de jouer aux osselets avec des dents en or ! Quand on ne fait pas de déclarations d’amour à sa jument, après (ou avant, qu’importe) s’être “délesté” de son « trop (plein) de pression » sur une jeune prisonnière. Comble du cynisme, comble de l’horreur. Grand prix au Festival de Cannes – la Palme aurait été méritée –,  La Zone d’intérêt de Jonathan Glazer, au même titre que Le Fils de Saul de László Nemes (2015), est une œuvre essentielle. Qui casse les codes, certes, qui bouscule, tant mieux, qui appuie là où ça fait mal, et qui questionne. À l’heure où l’Europe, et pas seulement, fait face à la montée des extrêmes. Flippant. 

Yves Corbé, champion à plus d’un titre

Comme tous les mercredis et lundis après-midi, au gymnase de l’Alerte de Méan, Yves Corbé est à l’entraînement. Auréolé de la médaille d’argent décrochée à Arras aux derniers championnats de France handisport, il est la fierté du club omnisports. À la veille de l’Open national des 15, 16 et 17 février prochains à Voisins-Le-Bretonneux, le champion est plus que jamais motivé. Il n’a jamais été aussi proche de la première place. À 15 points exactement. « Je fais mon maximum pour finir premier », lance le septuagénaire déterminé. Et il y croit à cette première place, comme à sa sélection pour les Jeux paralympiques de Paris 2024. A priori, la catégorie dans laquelle il évolue n’est pour l’heure pas éligible pour les jeux mais des places pourraient s’ouvrir, faute de candidats… 

La boccia aux JO 

Médaillé d’argent aux derniers championnats de France handisport, Yves Corbé se met à rêver des JO… 

 

Bizarrerie de la discipline : si tous les sports olympiques n’ont pas leur équivalent paralympique, la boccia en revanche, comme le goalball, n’existe qu’aux Jeux paralympiques. Discipline paralympique depuis 1984, la boccia (boule en italien) est d’abord destinée aux personnes ayant une infirmité motrice cérébrale. Sa pratique s’élargit ensuite à d’autres types de handicap. Yves, lui, est atteint de la sclérose en plaques depuis 37 ans. C’est au centre de rééducation de Saint-Nazaire qu’il la découvre, il y a cinq ans. Depuis, il a participé à quatre championnats de France. En 2020, il se classe 6e à Orléans et à Mâcon en 2021, 9e à la Flèche et 2e à Saint-Laurent en 2023. 

Tu tires ou tu pointes ? 

Six boules bleues, six boules rouges et une blanche en guise de cochonnet : le jack. La boccia ressemble à la pétanque. On dirait de la pétanque mais ce n’est pas de la pétanque. Pourtant comme cette discipline, dont Yves est un ex-amateur, « la boccia nécessite de l’adresse, de la précision et de la réflexion pour mettre en échec l’adversaire et s’approcher le plus possible du jack ». Sauf que la boccia se joue en intérieur avec des balles en cuir, qu’elle est mixte et qu’elle peut se pratiquer en fauteuil roulant. Autre particularité, elle autorise une assistance. Yves, lui, a choisi Lydie, sa femme qui joue également un rôle de coach. 

Sport santé 

Yves Corbé à l’entraÎnement au gymnase de l’Alerte de Méan. 

 

Pour la stratégie, le sportif se sert aussi de son long passé de joueur de billard français pour trouver des angles de tir. Et comme toute discipline, qui plus est pratiquée en compétition, ce sport nécessite un certain entraînement : « De la gym et du vélo 30 minutes par jour. » Coordination, maintien du dos, gestion des mouvements, renforcement musculaire… La cousine de la pétanque présente en toute logique « des effets positifs pour l’organisme comme pour le moral ». Excellent support rééducatif et éducatif, « il se classe même N°1 en nombre de pratiquants en France », indique Pascal Delano, le coresponsable du sport adapté de l’association multi-sports. Qu’elle se pratique en compétition ou en loisirs, elle permet de « rencontrer des gens et de retrouver du lien social, comme l’estime de soi ». Au regard de ses bénéfices, Pascal Delano pense d’ailleurs que « la boccia devrait être une activité remboursée par la Sécurité sociale ! » 

/// Sport pour tous /// 

Sur les 100 adhérents, le club omnisports regroupe une cinquantaine de participants aux activités handisport : boccia, tir à l’arc, tennis de table et sarbacane. La section est ouverte aux personnes en situation de handicap et aux valides.
Alerte de Méan, 24, rue du Pas-Nicolas, contact@alertedemean.org
À la recherche du passé perdu

C’est un nouveau chapitre de l’histoire communale qui s’écrit avec la 3e édition de la revue de l’association Histoire locale et patrimoine andréanais. Pour cette dernière publication, les auteurs se sont chacun penchés sur leur thème de prédilection. Le président de l’association, Alain Papot, poursuit ainsi ici son travail sur les maires marquants de la commune. Cette fois, l’ancien professeur de biologie s’intéresse à Joseph Sarzaud, maire de 1918 à 1927, « mais aussi aux événements survenus dans les années 1920 avec l’arrivée du télégraphe et du téléphone ». Christian Le Nestic, lui, aborde les débuts du sport dont le foot, avant la Seconde Guerre mondiale jusqu’en 1958. Saint-André-des-Eaux se caractérise aussi par l’engouement de ses habitants pour les jeux bretons, de quilles ou de palets, souvent liés au bistro. Une passion mise en lumière par Dominique Amisse. Et puis il y a cette histoire, racontée par Michel Haspot et Christian Amigues, qui retrace le parcours d’Adélaïde Zaïre. Une jeune esclave guadeloupéenne arrivée à la métairie du Renéguy dont le propriétaire de l’époque, qui pratiquait le commerce triangulaire, s’est épris. Enfin, Alain Papot (encore  lui) se penche sur le cimetière qui présente la particularité d’avoir été beaucoup déplacé, notamment à cause de l’extension de la commune. 

Passion patrimoine 

« La difficulté de notre travail consiste à parler de choses qui n’existent malheureusement plus », explique le président.  

Alors, pour alimenter leur revue, les compères font beaucoup de collectes dans les familles andréanaises, « ce qui prend en réalité plus de temps que la rédaction ». Depuis sa création fin 2016, l’association, composée de retraités passionnés, est néanmoins parvenue à réunir de nombreuses archives et surtout à constituer une mémoire locale. « Il n’existait rien d’écrit ni d’exposé sur Saint-André-des-Eaux. Notre volonté était de mettre en avant le parcours de la commune comme des habitants ». Bilan : une revue éditée tous les 12 à 18 mois et des expositions. Qu’elles portent sur la guerre 14-18, l’histoire de la commune, les bars ou l’école, toutes ont donné lieu à des livres. Située en plein cœur de la Brière, « la ville a longtemps vécu en autarcie, de la pêche et de l’agriculture. Elle a mis du temps à se tourner vers la mer », rappelle aussi Alain Papot. Mais ça, c’est du passé. 

À l’encre de ses yeux

Après Mes élèves sans visage, paru en 2022…, Au-delà de mes yeux qui relate une vie profondément bousculée, tourmentée par le handicap…
Oui, ce fut un grand choc pour mes parents, des petits paysans des Deux-Sèvres, de voir leur fils perdre, petit à petit, la vue, si jeune. J’avais 6 ans. Un choc doublé d’un sentiment d’injustice. Pire, de culpabilité. De ne pouvoir agir, de ne pouvoir lutter contre, contre cette fatalité. Je suis né 100 ans trop tôt ! À l’instar de mon frère qui, quatre ans après moi, devenait aveugle, lui aussi. Aujourd’hui, avec la thérapie génétique rétinienne, les choses auraient pu être bien différentes. Mais vous savez, quand cela m’est tombé dessus, je ne mesurais pas l’étendue de cette cécité qui allait bouleverser ma vie, ni les conséquences à venir… 

Et quelles en furent les conséquences ?
Aujourd’hui, on parlerait de harcèlement. À l’école, enfant, j’ai été victime de quolibets, de mots blessants… On me lançait des boules de neige, personne ne jouait avec moi. Je l’ai très mal vécu. Et encore à mon âge, à 77 ans, le souvenir de ces moments de rejet, d’humiliation résonne en moi comme un profond goût d’amertume. Les mentalités ne changent pas, ou très peu ! Quel que soit le handicap, il y a encore beaucoup à faire, beaucoup à lutter pour qu’enfin, on cesse de jeter l’opprobre sur ces enfants et ces adultes qui ne sont en rien différents de vous, de lui, d’elle, de l’autre. 

Un livre qui tord le cou aux préjugés ?
Mieux. Qui prouve que, même en situation de handicap, on est capable de déplacer des montagnes. J’ai été le premier en France, et de l’académie de Nantes, à suivre mes années lycée en milieu ordinaire. Un vrai défi, au même titre qu’enseigner, en tant que professeur agrégé de Lettres modernes, ma femme toujours, en classe, à mes côtés ! Pas simple parfois, mais, je peux vous dire, avec le temps, et en toute humilité, avoir été tout aussi efficace que mes collègues voyants. Quant à mon frère, il a été directeur d’une école de kiné.  Nous sommes les arbres qui cachent la forêt. Des exceptions. 

Des exceptions ? Parce que vous avez fait de votre “handicap, une force” ?
Oui et non. Non, parce qu’on a beaucoup travaillé. Oui, car le handicap, pour le dominer, l’assumer, le transcender, vous donne une certaine force de travail. Comme une compensation.  

Sans le braille, auriez-vous réussi de la même manière ?
Non, le braille est essentiel. Les techniques audio et l’inclusion ne suffisent pas. Sans la maîtrise parfaite de cette méthode, on peut être vite pénalisé. Louis Braille est aux aveugles ce que Mozart est à la musique : un génie. 

P.A.N.G ! Quel monde rêvons-nous pour demain ?

Toujours fidèle à son nom, acronyme de l’expression ferroviaire « Point d’arrêt non géré », le rendez-vous P.A.N.G ! ouvre cette saison encore sur des univers novateurs. Avec, pour aventure de l’année, un voyage vers les utopies. 

Du 19 au 23 février, le Théâtre de Saint-Nazaire offre au public deux propositions exceptionnelles. Sur sa scène, d’abord, avec La Germination, premier épisode du cycle D’autres mondes possibles qui se déclinera sur les deux saisons prochaines. Dans cette performance en réalité augmentée, Joris Mathieu* et Nicolas Boudier du collectif Haut et Court créent des expériences scéniques immersives en y intégrant des technologies modernes. Imaginez : les spectateurs sont ici équipés de lunettes de réalité augmentée qui superposent des images flottantes, autres mondes possibles invisibles à l’œil nu, aux comédiens et aux décors sur le plateau, dispositif hybride inédit entremêlant réalité du spectacle vivant et réalité augmentée.  

Questionner ses imaginaires 

Selon le dictionnaire Larousse, la germination est « le début du développement d’un nouvel individu végétal à partir d’une graine placée dans les conditions favorables ». Partant du principe que ce phénomène est tout aussi vrai dans le monde des idées, Joris Mathieu* et Nicolas Boudier invitent le public à questionner ses imaginaires sur les chemins possibles à prendre pour la germination d’un autre monde. Vers où se tourner quand le nôtre ne peut plus se contenter de rester immobile ? Comment inventer un avenir viable ? Face à trois militants qui tentent chacun de le convaincre de suivre leurs idéaux, il est ici invité à explorer trois chemins différents, trois utopies, comme trois graines prêtes à germer : le transhumanisme, qui défend l’idée de transformer l’homme pour créer un être aux capacités supérieures grâce aux progrès de la biologie et de l’intelligence artificielle ; l’animalisme qui voit la survie des humains dans de nouvelles relations avec les animaux ; et le cosmopolitisme qui questionne notre rapport à la propriété et aux frontières.  

Autant de questions auxquelles les spectateurs seront amenés à rêver ensemble. Vertigineux.  

Au cinéma Jacques-Tati 

L’expérience continuera au cinéma Jacques-Tati avec la projection exceptionnelle d’Attendre le navire, premier long-métrage d’Alain Raoust (1997), et Île errance (2017), de Clément Schneider. Si le premier est un voyage poétique tourné en 35 mm, le second, un essai documentaire en numérique, tous deux nous parlent de rêves d’un monde meilleur à imaginer. 

Île-errance 

 

Dans Attendre le navire, un poète, deux terroristes, un réalisateur de film, des amoureux sont à la recherche d’un navire partant pour l’ailleurs. Un navire comme un espoir pour tous ceux qui ne trouvent plus leur place et qui attendent… de commencer à vivre.  

Ile-errance est quant à lui une chronique au fil de l’eau d’un drôle d’équipage d’aventuriers, qui se sont lancés en juillet 2016 depuis Rennes jusqu’à l’océan dans une expédition à la recherche de l’île d’Utopie, qui n’existe que si l’on y croit.  

Deux films rares que les spectateurs pourront visionner en présence des réalisateurs. 

Alors, prêts pour l’embarquement ? 

* Une rencontre avec Joris Mathieu sur le thème des utopies est proposée lundi 19 février, 19h (gratuit sur réservation) au Théâtre. Les librairies L’Oiseau Tempête et Le Chaudron viendront présenter des ouvrages sélectionnés sur ce thème. 

Mambar Pierrette

La ville de Douala trépigne à l’approche de la rentrée scolaire. Les clientes se bousculent pour que les vêtements des enfants et des cérémonies soient prêts à temps. Plus qu’une simple couturière, Pierrette est aussi la confidente de ses clientes et d’une génération. Mais de fortes pluies menacent d’inonder son atelier – un malheur parmi d’autres – Pierrette va devoir rester à flot. 

 

Grand Paris

Leslie et Renard, deux jeunes glandeurs de banlieue parisienne, trouvent un mystérieux objet sur un chantier de la future ligne de métro du Grand Paris. Artefact, talisman antique, ou relique d’une civilisation disparue ? Persuadés d’avoir trouvé la poule aux œufs d’or, les deux amis mènent l’enquête, avec les moyens du bord, le temps d’une folle nuit aux quatre coins de l’Île de France. 

 

La trilogie d’Apu : L’Invaincu

Dans le deuxième volet de la trilogie, Apu a 10 ans et il est installé avec sa famille à Bénarès. Sur les escaliers qui dominent le Gange, son père gagne désormais sa vie en lisant des textes sacrés. Suite au décès inattendu de ce dernier, sa mère décide alors de retourner vivre à la campagne. Devenu un élève brillant, Apu décroche une bourse et part étudier à Calcutta, laissant sa mère déchirée par le chagrin. 

 

La prophétie des grenouilles 🐸

Un nouveau déluge s’abat sur la Terre. Seule, une petite troupe hétéroclite menée par Ferdinand, le Noé d’aujourd’hui, parvient à défier les éléments qui se déchaînent dans la démesure. Humains et animaux sont entraînés dans le tourbillon d’une aventure rocambolesque… 

 

L’Hiver d’Edmond et Lucy ❄️

Edmond l’écureuil et son amie Lucy l’oursonne vivent dans un majestueux châtaignier, au coeur de la forêt. En famille et entre amis, ils jouent et grandissent dans une nature riche d’aventures. Même en hiver, quand tout est blanc et silencieux… Ils vont découvrir de belles surprises ! 

 

Le Voyage en pyjama

Victor, la quarantaine, professeur de lettres en vacances et prévisionniste amateur à Météo-France, est un feu-follet, un dilettante sympathique, qui se laisse vivre au gré du vent, aux côtés de sa compagne, Anne, qui commence à s’en fatiguer. Dans ce road-movie en forme de chronique sentimentale à la fois burlesque et mélancolique, il va faire le tour des lieux de son passé. Il retrouvera « ce que sont devenus » ses amies et amis. Il croisera surtout ses anciennes compagnes. Toutes le regrettent mais elles ont toutes aussi quelque chose à lui reprocher : peut-être parce qu’elles ont trop aimé cet être si aimable, rêveur, imprévisible, mais surtout insaisissable … Allez savoir 

 

Chien et Chat

Diva, célèbre chat star des réseaux sociaux et Chichi, chien des rues, perdent leur maître respectif. Commence alors un voyage déjanté entre Montréal et New York avec d’un côté les humains qui ont perdu la trace de leurs animaux et de l’autre, les animaux livrés à eux-mêmes pour retrouver leurs maîtres… 

 

Captives

Paris, 1894. Qui est Fanni qui prétend s’être laissée enfermer volontairement à l’Hôpital de la Salpêtrière ? Cherchant sa mère parmi la multitude des femmes convaincues de « folie », Fanni découvre une réalité de l’asile toute autre que ce qu’elle imaginait, ainsi que l’amitié inattendue de compagnes d’infortune. Le dernier grand bal de la Salpêtrière se prépare. Politiques, artistes, mondains s’y presseront. Dernier espoir d’échapper au piège qui se referme… 

 

La ferme des Bertrand

50 ans dans la vie d’une ferme… Haute Savoie, 1972 : la ferme des Bertrand, exploitation laitière d’une centaine de bêtes tenue par trois frères célibataires, est filmée pour la première fois. En voisin, le réalisateur Gilles Perret leur consacre en 1997 son premier film, alors que les trois agriculteurs sont en train de transmettre la ferme à leur neveu Patrick et sa femme Hélène. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, le réalisateur-voisin reprend la caméra pour accompagner Hélène qui, à son tour, va passer la main. A travers la parole et les gestes des personnes qui se sont succédé, le film dévoile des parcours de vie bouleversants où travail et transmission occupent une place centrale : une histoire à la fois intime, sociale et économique de notre monde paysan. 

 

Amelia’s Children

Orphelin depuis sa naissance, Edward découvre à l’âge adulte qu’il a un jumeau et une mère qu’il ne connait pas. Avec sa petite amie Ryley, il part les rencontrer dans leur magnifique demeure isolée au cœur d’une région recluse. Les retrouvailles passées, le jeune couple se rend compte que les apparences sont trompeuses : la famille d’Edward cache un monstrueux secret. Leur visite va tourner au cauchemar… 

 

Le bonheur est pour demain

Sophie a un enfant, un conjoint, mais son quotidien lui semble désespérément plat, sans plaisir, sans envies. Jusqu’au jour où elle rencontre Claude. Il est drôle, séduisant, intelligent. Elle tombe immédiatement sous le charme. Mais Claude n’est pas un prince charmant. C’est un braqueur. Or, au cours d’une attaque de banque, un homme est tué. Claude est arrêté et condamné à une lourde peine de prison. Ce qui aurait dû être la fin devient alors le début d’une histoire folle, passionnelle et sans limites. Soutenue par Lucie, la mère de Claude, Sophie ne renonce pas à son amour pour Claude. Elle est prête à aller jusqu’au bout. Quelles qu’en soient les conséquences. 

 

[zoom] Pauvres Créatures

Hormis le chapitre cliché sur Paris, capitale de la débauche où les scènes de sexe sont répétées ad nauseam, le dernier opus de Yórgos Lánthimos remue. Adapté du roman d’Alasdair Gray, on y retrouve les audaces formelles et les thèmes chers au cinéaste grec. L’usage du fisheye, cet objectif déformant pour symboliser un monde difforme, ou son obsession du rapport entre humanité et animalité. Dans son conte gothico-baroque peu orthodoxe, les animaux sont devenus des êtres hybrides. Ici un coq-chien, là une oie-chat…, tout un monde de monstres qui évoquent la tête de speakerine greffée sur un corps de chihuahua de Mars Attacks ! Ces animaux mutants sont traficotés par un autre monstre – sacré du cinéma (Willem Dafoe) – lui-même victime d’un père qui en a fait un objet d’expérience scientifique. Par atavisme sans doute, voilà que ce savant fou balafré et recousu de partout reproduit avec Bella (Emma Stone) ce que lui-même a subi. Tel le docteur Frankenstein, Godwin Baxter que Bella surnomme… God ressucite une femme à laquelle il donne le cerveau de l’enfant qu’elle attendait. Non content de lui imposer ce retour à la vie, il enferme sa créature chérie. Car le pygmalion n’a qu’une crainte : que la belle Bella ne se frotte au monde extérieur. Reste que « les jolis papillons ne vont pas voir ailleurs quand on ne les met pas en prison ». Car, lorsque le bellâtre sulfureux (Mark Ruffalo) lui offre l’occasion de s’affranchir de son créateur, la grande poupée s’en saisit pour dévorer le monde… et quelques pasteis de nata au passage. Pour symboliser ce chapitre émancipation, le film bascule du noir et blanc aux couleurs saturées. Londres, Lisbonne, Paris, reconnaissables à leurs symboles, sont réinventées à travers des décors rétro-futuristes. Les célèbres trams jaunes lisboètes suspendus dans les airs deviennent ainsi mi-funiculaires micarrosses. Entre images trash et propos cash, le brocanteur du bizarre Lánthimos sème le trouble et la confusion. Dans quel monde sommes-nous ? À quelle époque ? Entre une Angleterre élisabéthaine et un futur fantasmé, toujours à la frontière du merveilleux et du monstrueux. Domination masculine, misère et barbarie, Bella va tenir tête aux hommes qui veulent tous l’enfermer. Elle connaît certes des désillusions, dont certaines évocations comme le combat des femmes pour l’égalité, la sororité entrent en résonance avec les luttes actuelles, mais elle ne lâche rien de ses désirs et de sa liberté. Et c’est à l’éclosion d’une chrysalide que le spectateur assiste. Bella serait donc une héroïne féministe du futur… antérieur ? Et finalement, qui de Bella ou des hommes sont les pauvres créatures ? 

 

Sous le vent des Marquises

Quand Alain doit jouer Brel, son destin se mélange à celui de l’artiste. Cette rencontre va le rapprocher de sa fille et bouleverser sa vie. 

 

Première rencontre autour du mieux-manger pour tous

Le collectif (ASC, la coopérative Ideal, Baobab, l’association d’insertion Accès Réagis et les copilotes du projet alimentaire territorial Presqu’île Brière Estuaires)  veut mobiliser les acteurs qui œuvrent à la lutte contre la précarité alimentaire. Lauréat du programme local Mieux-manger pour tous, avec un budget de 80 000 €, il convie les représentants du monde agricole, associations de quartier, acteurs des circuits courts, grandes surfaces, épiceries, associations humanitaires…, bref toutes les structures engagées pour élargir la réflexion sur une meilleure alimentation. Inscrit dans le cadre du programme lancé par l’État au printemps 2023 à l’intention de personnes précaires, ce dispositif s’appuie sur les associations et les banques alimentaires. Objectif : faire le lien entre les structures, de la production agricole à la distribution en passant par la transformation, pour mutualiser les actions. Trois axes ont d’ores et déjà été dessinés par le collectif : identification des besoins, formation pour (ré)apprendre à cuisiner, et accompagnement de projets pilotes. Ces pistes ne demandent qu’à être enrichies lors de ce grand forum, pour partager les constats, les enjeux et les besoins, mais aussi échanger. Parce que tout seul on va plus vite, et qu’ensemble on va plus loin. 

La Brière compte ses oiseaux à la volée

Île de Fédrun, 9h du matin. Sur le ponton détrempé, il caille sévère… Un sacré froid de canard ! Emmitouflés dans leurs cuissardes et autres épaisseurs de tissu, les ornithologues de la Maison du Parc se partagent chalands, moteurs 9 CV et instruments d’optique. Chacun a à sa charge une entité du domaine. Sous ce soleil blanc, ils s’apprêtent à effectuer, comme à la moitié de chaque mois, le recensement des volatiles cachés dans les canaux du Parc de Brière. Matthieu Marquet, responsable biodiversité, est de ceux-là, en meneur de barque. En tout, près de 630 hectares à baliser dans la matinée, sur les 50 000 que représente cette immensité, deuxième « plus grand marécage français après la Camargue », classé Réserve naturelle régionale depuis 2012.  

« La réserve a une large vocation d’accueil pour les oiseaux. C’est un lieu de quiétude », indique le conservateur, dont la tâche principale lors de ces comptages réguliers est d’observer avec minutie « quels sont les oiseaux qui fréquentent les lieux, sur quelle période, à quels effectifs ». 

« Gymnastique visuelle » 

Matthieu, secondé de Swann Héliot, chargée d’opération sur le site depuis deux ans, fait le pied de grue dans le canot. Des milliers d’oiseaux de passage auront trouvé temporairement refuge dans la roselière, déterminés à passer tout ou partie de l’hiver in situ. Et la simple approche de la barque suffit à stopper la tranquillité de l’hivernage, et à faire décoller les oiseaux. Attention : en douceur, il ne s’agirait pas de les laisser s’enfuir du marais ! 

 

À mesure que les spécimens s’élèvent sous les premiers rayons, chaussés de leurs jumelles, nos observateurs mitraillent (du regard !) les amas de points noirs ainsi formés. Ils parviennent à en relever espèces et effectifs à la vitesse grand V. Canard sarcelle, canard souchet, canard colvert : rien ne leur échappe. Une acuité qui a de quoi clouer le bec ! « C’est de l’entraînement, de la pratique, reconnaît Swann. Même si ça vient vite, ça reste un coup à prendre. D’où l’intérêt d’être à plusieurs et d’avoir des gens expérimentés dans les équipes, on peut confronter nos chiffres. » Une « gymnastique visuelle », donc, mais très utile en répétant les comptages. Des inventaires réguliers permettront d’analyser avec fiabilité les niveaux de fréquentation du marécage. 

Une coordination à l’échelle mondiale 

D’autant que la mi-janvier est une période spéciale. Avec les migrations vers le sud de leurs camarades, « c’est là qu’on observe le plateau minimal d’oiseaux sur les lieux », souligne Matthieu. D’où l’idée de prendre cet « instant T » comme base de calcul. Chaque année, ce comptage s’inscrit dans le cadre d’une remontée de données au niveau mondial, jusqu’à Wetlands International. Créée en 1967, l’ONG (Organisation non gouvernementale) est chargée d’analyser les tendances de populations aviaires, en croisant des résultats enregistrés dans cinq parties du monde. Au même titre que les autres sites français pratiquant ce type de recensement, sous l’égide de la LPO (Ligue de protection des oiseaux), la Brière participe à la préservation globale de sites et d’espèces*. Tel « le phragmite aquatique », petit passereau faisant escale en Brière dans son long courrier Europe de l’Est – Afrique de l’Ouest. Fédrun l’étudie par capture, puis par baguage car, « trop discret », il se soustrairait au regard perçant des ornithologues. 

Science participative 

Chaque 2 février se déroule la Journée mondiale des zones humides, qui donne lieu à des événements partout en France durant le reste du mois. Et pour découvrir l’envers du décor et s’entraîner à comptabiliser les oiseaux, à distinguer  leur plumage, leurs attitudes, leur vol, la Maison du Parc de Fédrun organise un comptage participatif. Le public qui le souhaite peut se rendre au départ du port de Rozé à Saint-Malo-de-Guersac, jusqu’à se poster à la réserve Pierre-Constant, seule entité accessible à pied. « L’idée sera de leur faire découvrir nos méthodes, les espèces qu’on voit, le tout sous forme de jeu », explique Swann. D’ici là, faites chauffer les longues-vues : décollage samedi 10 février ! 

* En France, augmentation de 109 % de la population d’oiseaux d’eau hivernants en zones humides sur la période 1980-2023 (Source : données Naturefrance). 

Nebraska : une traversée du désert

Le décor est planté : une caravane immobile, comme un point dans l’immensité infernale du désert, un homme et son compagnon du quotidien, l’iguane surnommé Nebraska. Cet homme, c’est Saùl*. Il s’est arrêté là pour disperser les cendres de son amour et enfin pouvoir lui dire adieu. Cela fait un an déjà, et il n’y arrive pas.  

Le jour, la radio qu’il a installée dans son abri de fortune reste son lien ténu avec la civilisation. La nuit, Ether, Satine et Rudy, trois personnages tout aussi égarés que lui, viennent lui rendre visite. Ensemble, ils boivent des bières et tentent de réchauffer ses blessures. Pourront-ils l’aider à laisser enfin partir ses morts ?  Leur humour, leur tendresse, leur rudesse l’empêcheront-ils de se laisser étrangler par la folie qui pousse en lui comme une liane ? Peut-être avec l’aide de Nebraska ? L’iguane n’est-il pas le symbole totémique de l’acceptation ?  

Porté par les sons de la guitare de Vincent Dupas, le texte** de Sophie Merceron est une plongée poétique dans l’absence et la perte, une histoire d’humains qui tentent de se créer un monde où ils auraient une place. Et même un peu de joie en rejoignant les vivants. L’union hétéroclite de ces quatre accidentés de la vie réussira-t-elle à faire pousser un petit brin d’herbe au milieu de ces terres arides ?  

Un spectacle en équilibre subtil entre mélancolie et dérision, désespoir et désir de vie. 

* Nous retrouvons ici le personnage de Airstream Live, roman graphique dessiné en direct de Sophie Merceron, mis en scène par Guillaume Bariou au Théâtre de Saint-Nazaire en novembre dernier.  

** Paru aux Éditions Solitaires intempestifs (octobre 2023). 

Le Château d’eau ambul’art !

Au 7, chemin du Relais, en contrebas du château d’eau du Moulin du Pé, le Château d’eau… d’Hasy ! Ni mineure ni majeure, une bâtisse de caractère, aujourd’hui lieu de création artistique. Avec son architecture style années 1950, le bâtiment, de long en large s’impose, et ne passe pas inaperçu. Ce qui s’y trame à l’intérieur, non plus ! Depuis tout juste un an, en janvier dernier, l’association (de la galerie) Hasy (au Pouliguen) a fait, de ce qui fut jadis les anciens locaux de la DDE, son QG… Huit artistes y ont élu domicile. Sept ateliers, sur deux niveaux, leur sont destinés. Pour une production protéiforme (sculpture, art sonore, vidéo, peinture, fusain…) et un pôle print consacré à l’impression en photographie et sérigraphie.  

Ateliers d’artistes, « un vrai besoin » 

Un lieu « essentiel, aux yeux de Thierry Merré, directeur de l’association, puisqu’il répond à une réelle demande. Nombreux sont les artistes, de Paris, de Nantes ou d’ailleurs, à venir s’établir à Saint-Nazaire ».  

Et Hélène Chéguillaume, coordinatrice, d’ajouter : « Pour la plupart, pratiquer leur art chez eux, c’est impossible. Il leur faut un endroit, mais les lieux manquent. » Le duo, qui ouvre son espace à l’Amac, agence de conseil et d’accompagnement aux artistes bénéficiaires du RSA, dit « penser le futur », avec, pour projection, des solutions pérennes. Bien qu’indécis sur le devenir des Ateliers du Château d’eau. « Ce bâtiment appartient au Département de Loire-Atlantique. Nous avons signé une convention renouvelable tous les ans, un bail précaire pour une visibilité à l’année qui l’est tout autant. Nous naviguons à l’aveugle. » Ce qui ne les empêche pas d’aller de l’avant, des projets plein les cales, les yeux rivés sur l’horizon, à rêver de long terme…  

Une première exposition collective, H20#1 à la galerie des Franciscains, en octobre dernier, avait été organisée avec le soutien de la Ville de Saint-Nazaire et du Département. En août, dans le cadre de l’opération Été culturel, portée par la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), projections, accrochages, ateliers de pratiques artistiques s’étaient tenus hors les murs, « pour partager les pratiques avec le public », dans le vaste jardin, à l’arrière… Des événements qui devraient, « on l’espère », être renouvelés en 2024. En parallèle, l’association mène dans le cadre du PCT (Projet culturel de territoire) des actions de médiation (ateliers, rencontres…) avec le Théâtre Simone-Veil, et des écoles maternelles et collèges de Saint-Nazaire Agglomération. En plus des collaborations en cours avec le Grand Café et l’école des Beaux-Arts, pour des résidences d’artistes. En voilà une association qui n’est pas près de mettre de l’eau dans son… château !  

Le yoga du rire : des oh et des ah

Ce mardi soir, quelques personnes patientent devant le 66, avenue de la République. Elles se sont donné rendez-vous pour décliner la fameuse formule de Voltaire, version légèrement modifiée : « J’ai décidé de rigoler, c’est bon pour la santé. » Michel est un habitué de ces soirées yoga du rire que le retraité apprécie pour oublier ses « petits tracas du quotidien ». Arrivent Pascal puis Florence. Aucun ne se connaît. Pourtant, la conversation se fait. Pourtant, l’atelier n’a pas encore commencé. Mais le ton est donné. 

Un, dos, tres, je déstresse 

Cette soirée-là, dans le cosy Studi Om, Sonia Justin-Garnier accueille une douzaine de participants. Ils commencent par former un cercle. Les présentations se font en même temps que la déclinaison de leur état d’esprit du moment : solaire, lumineux… Puis l’animatrice de l’association Joie et sourire propose un petit échauffement du corps comme des cordes vocales. « Dites ah… en levant le bras droit, oh… en levant le gauche. » Objectif : ouverture du diaphragme. « Ah oh, ah oh… », voilà l’assemblée parée à rigoler. Un rire certes un peu forcé au démarrage car « dans notre quotidien, nous avons perdu l’habitude de rire ». Rire, comme chanter, danser, est naturel à la base, sauf qu’on le perd en vieillissant. Patience, on sent que ça prend. À condition de lâcher prise et de « ne pas parler pour éviter les pensées parasites », enjoint la douce Sonia. 

Un bon bol de rire 

« Oh oh, ah ah ah, oh oh, ah ah ah », les participants poursuivent l’exercice en se déplaçant en mode eye contact, droit dans les yeux. Un moyen de se connecter aux autres, à soi-même et d’être en pleine conscience. S’ensuit une improbable séquence de déhanchement. Nous voici en boîte de nuit. On danse de manière désarticulée. Et on s’en fout… Rire !  

« Ici, on ne se juge pas. On rit sans raison, pour le plaisir. Il s’agit aussi de réhabiliter la joie dans le quotidien des gens et avec eux, pour restaurer le sentiment positif. »  

Un courant en lien avec le bouddhisme et la psychologie positive. Après quelques autres exercices – le rire du bonjour, du vin chaud, du téléphone… –, l’assemblée termine par une marguerite que dessinent les tapis disposés en pétales sur le sol. Nous passons alors au rire du bébé ou au fou rire final pour certains. Un rire en cascade se propage du voisin de ma voisine jusqu’à moi. Et là, j’avoue que j’ai pleuré… de rire. Dommage que Sonia nous ramène à nous par un temps de relaxation méditative. On aurait bien joué les prolongations. La séance a donc fait son petit effet. L’impression d’irradier de l’intérieur, la sensation d’avoir travaillé zygomatiques et abdos. Eh oui, faire fonctionner ses zygomatiques, c’est aussi de la gymnastique. L’hilarité fait le ménage dans l’organisme, mobilise 400 muscles et grille 500 calories en une heure de séance. « Quand on rit, on sécrète de l’endorphine, l’équivalent naturel de la morphine mais aussi de la dopamine, de la sérotonine », explique celle qui anime aussi un atelier d’épanouissement personnel et de relaxologie. Les médecins préconisent même de rire 10 à 15 minutes par jour. Arnaud, Michel, Pascal, Florence et les autres confirment : la vertu thérapeutique du rire, c’est sérieux. « Détendus, relâchés, déstressés, heureux… », ils repartent avec l’envie furieuse de se payer une nouvelle tranche de rire. Nous aussi. 

Le palet laiton a le vent en poupe en L.A. !

Dernière ligne droite et derniers réglages avant la compétition, dans dix jours. Ce mercredi – à l’entraînement –, au complexe de la Perrière, l’atmosphère est “plomb’ante” ; façon de parler car l’ambiance ici (et non le silence) est d’or, en général ! Mais ce jour-là, seul le bruit des palets qui claquent sur la plaque de plomb résonne sans discontinuer dans la salle sportive marais-chapelaine. Hormis quelques onomatopées qui fusent ici et là, la concentration est à son paroxysme. Debout, les genoux légèrement fléchis, la paume en avant, le palet serré entre le pouce et l’index, l’œil fixé sur la cible, Jérémie Thoby, qui n’en est pas à son tour de chauffe, se lance. Et lance. Le tir est précis, réussi. Carreau. Le point est fait. La partie gagnée. Après 45 minutes de jeu. Une moyenne. À 35 ans, celui que l’on considère comme « l’un des atouts » des Palets du Marais est prêt, et fier de représenter son club lors de cet Open palet en triplette, « version laiton sur plomb » – une différence de taille…, et de poids – qui réunira le gratin départemental, licenciés ou non ! L’une des particularités de cette discipline, « puisque accessible à toutes et tous, et qu’importe le niveau et l’âge. Le principal, c’est de jouer et de se faire plaisir », dixit Sylvain Chérel qui, en février 2021, créait Les Palets du Marais « pour le fun, et l’envie de fédérer ». Le président – encore pour quelques jours, puisqu’il va transmettre le flambeau à Cédric Guénégo –, était alors loin d’imaginer que le club allait devenir, en l’espace de trois ans, le plus grand de France avec ses 56 licenciés devant Quilly (48), Herbignac (44), Montoir-de-Bretagne (37) et Donges (20) qui, l’an dernier, avait accueilli ce tournoi, joué cette fois en doublette [NDLR : la 1re, en individuel, avait eu lieu en 2022, près d’Ancenis]. 

Pour info, les joueurs du club de La Chapelle-des-Marais s’entraînent tous les mercredis de 18h à 22h. 

 

À quand les championnats de France ? 

Sylvain Chérel, un futur ex-président heureux. Heureux à l’idée de voir « peut-être » se disputer les prochains championnats de France chez lui, à La Chapelle-des-Marais, en novembre. « Peut-être, car pour le moment, rien n’est encore défini, c’est juste dans les tuyaux. » En attendant que le couperet tombe, et des heures de tirs au compteur, Jérémie, Yannick, le doyen (73 ans), Heather, la plus jeune (12 ans) et tous les autres continuent à perfectionner leur geste. Objectif ? « Être au top » pour le tournoi de samedi, un open très attendu. « On est déjà à plus de 213 joueurs inscrits, soit 71 triplettes constituées à cette heure. Sachant qu’on peut accueillir jusqu’à 300 joueurs. On va les faire », lance, confiant, Sylvain Chérel. 

 

Le laiton, le chouchou local… 

En France, dans l’Ouest quasi exclusivement, et principalement en Vendée et en Bretagne, fiefs historiques de ce “cousin” de la pétanque, ils seraient près de 5 000 licenciés, et autant du côté des non-licenciés, à pratiquer le palet, toutes disciplines confondues – fonte sur bois, palet sur terre, fonte sur plomb et…, laiton, le chouchou local ! Qui a le vent en poupe en Loire-Atlantique. Une pratique en plein essor depuis quatre ans : « Parti de presque rien, on compte aujourd’hui 25 clubs sur les 50 affiliés à la Fédération, pas loin de 700 licenciés, de 7 à plus de 77 ans, dont 10 % de femmes, le plus fort pourcentage au niveau national », souligne Allan Moureau, agent au développement sportif pour le CDSMR 44 (Comité départemental du sport en milieu rural), à l’origine de cet engouement généralisé ! 

… qui fait des petits ! 

À 44 ans, Allan Moureau avoue être arrivé au palet sur le tard, et un peu par hasard : « Je ne savais pas jouer, j’ai testé, et j’ai été pris au jeu, le cas de beaucoup d’entre nous, d’ailleurs. Et puis, je me suis dit pourquoi ne pas aller plus loin, aller chercher des joueurs isolés, créer des clubs dans les communes rurales, les accompagner dans ces projets, organiser des compétions et ouvrir le groupe Facebook Paletlaiton44 », suivi actuellement par 1 300 personnes… Voilà comment d’un coup de palet magique, l’ex-marin pêcheur de profession, fondateur du club de Quilly en 2020, et 14e aux derniers championnats de France en individuel en 2022, a su haranguer les foules. À Saint-Nazaire, il a tenté, « ça n’a pas pris », mais il ne désespère pas… Car cette discipline a tout pour plaire : « Ça se joue partout, hiver comme été, dans les garages, les caves, partout, toujours à l’intérieur pour éviter que le palet ne dévie de sa trajectoire à cause du vent. Et puis, c’est convivial, intergénérationnel. On peut venir jouer en famille, entre amis… ». Et bientôt, le 27 avril précisément, à Donges, aura lieu le 1er Open régional pour les moins de 18 ans, le matin et pour les femmes, l’après-midi. Le 1er juin, à noter aussi dans vos agendas, le concours annuel des Palets du Marais de La Chapelle-des-Marais. Et que vous soyez mordus ou “à côté de la plaque”, qu’importe, le principal, c’est de participer. Sans plomber le jeu !  

Le petit Gruffalo

Son papa l’a averti : en aucun cas, le Petit Gruffalo n’a le droit d’aller se promener seul dans les bois profonds. C’est bien trop dangereux ! Un animal rôde dans les parages… une créature terrifiante, gigantesque, aux yeux cruels et aux moustaches plus dures que l’acier. C’est la Grande Méchante Souris ! 

Découvrez en avant programme trois courts métrages d’animation qui font écho à l’aventure du Petit Gruffalo. 

 

Un coup de dés

Mathieu doit tout à son ami Vincent : sa maison, son travail, et même de lui avoir sauvé la vie il y a dix ans. Ils forment, avec leurs compagnes, un quatuor inséparable, et vivent une vie sans nuage sur la côte d’Azur. Mais la loyauté de Mathieu est mise à l’épreuve lorsqu’il découvre que Vincent trompe sa femme. Quand la maîtresse de Vincent est retrouvée morte, la suspicion s’installe au cœur des deux couples, accompagnée de son cortège de lâchetés, de mensonges, et de culpabilité… 

 

Tout sauf toi

Bea et Ben ont tout du couple parfait, mais après un premier rendez-vous idéal, un incident refroidit leur attirance réciproque jusqu’à leurs retrouvailles inattendues lors d’un mariage en Australie. Ils font alors ce que n’importe quel adulte mature ferait dans cette situation : prétendre être en couple. 

 

La couleur pourpre

Séparée de sa sœur Nettie et de ses enfants, Celie mène une vie difficile, subissant même les coups d’un mari violent, simplement désigné « Monsieur ». C’est grâce au soutien de la chanteuse Shug Avery, à la sensualité débordante, et à sa belle-fille Sofia, d’une volonté inébranlable, que Celie puise une force extraordinaire. Une solidarité féminine hors du commun dont les liens qu’elle tisse avec ses « sœurs » sont désormais indestructibles. 

 

Iron Claw

Les inséparables frères Von Erich ont marqué l’histoire du catch professionnel du début des années 80. Entrainés de main de fer par un père tyrannique, ils vont devoir se battre sur le ring et dans leur vie. Entre triomphes et tragédies, cette nouvelle pépite produite par A24 est inspirée de leur propre histoire. 

 

Argylle

L’histoire suit le plus grand espion du monde alors qu’il est pris dans une mission à travers le monde. 

 

Virgin Suicides

États-Unis, années 1970. Cecilia Lisbon, dernière- née d’une fratrie de cinq filles, vient de faire une tentative de suicide. Pour changer les idées de leur benjamine, les parents acceptent d’organiser une fête à laquelle sont conviés des garçons du quartier, depuis toujours fascinés par ces cinq sœurs à la beauté renversante. Au cours de cette soirée, Cecilia se jette par la fenêtre. Dès lors, les filles Lisbon, au nombre de quatre, vont être de plus en plus étouffées par leurs parents surprotecteurs, jusqu’à la tragédie ultime… 

 

Si seulement je pouvais hiberner

Ulzii, un adolescent d’un quartier défavorisé d’Oulan-Bator, est déterminé à gagner un concours de sciences pour obtenir une bourse d’étude. Sa mère, illettrée, trouve un emploi à la campagne les abandonnant lui, son frère et sa sœur, en dépit de la dureté de l’hiver. Déchiré entre la nécessité de s’occuper de sa fratrie et sa volonté d’étudier pour le concours, Ulzii n’a pas le choix : il doit accepter de se mettre en danger pour subvenir aux besoins de sa famille. 

 

  

Vivre avec les loups

Le réalisateur nous parle du loup d’une manière totalement nouvelle et inattendue. Il y aura bientôt des loups un peu partout en France. Il faut donc apprendre à « vivre avec les loups ». Dépassant les postures polémiques, l’auteur nous amène de manière sensible et cinématographique à percevoir différemment la nature qui nous entoure et les animaux qui l’habitent : chevreuils, chamois, bouquetins… Un voyage de Jean-Michel Bertrand avec de surprenantes rencontres, humaines et animales, avec son style inimitable, le réalisateur nous entraîne dans des réflexions naturalistes et philosophiques sur la nature. 

 

Le dernier des juifs

Bellisha a 27 ans et mène une vie de petit retraité, il va au café, fait le marché, flâne dans la cité… Il vit chez sa mère Giselle, qui sort très peu et à qui il fait croire qu’il est solidement intégré dans la vie active. Le vent tourne quand Giselle s’aperçoit qu’ils sont les derniers juifs de leur cité. Elle se convainc qu’il faut qu’ils partent eux-aussi. Bellisha n’en a pas très envie mais pour rassurer sa mère, il lui fait croire qu’il prépare leur départ. 

 

Night Swim

Ray Waller est un ancien joueur de football américain qui a dû abandonner sa carrière en raison d’une maladie dégénérative, lors de son emménagement dans une nouvelle maison, avec sa famille : sa femme Eve, leur fille Izzy et leur plus jeune fils. Ray, contre toute attente, ne désespère pas de reprendre sa carrière et persuade toute la famille que la piscine qui se trouve dans le jardin sera parfaite pour sa rééducation et pour ses enfants. Mais cette maison cache un lourd passé et ils vont sans le vouloir réveiller une force malveillante qui va tous les précipiter aux tréfonds de l’horreur absolue. 

 

Le dernier jaguar

Autumn grandit dans la forêt amazonienne aux côtes de Hope, un adorable bébé jaguar femelle qu’elle a recueilli. Mais l’année de ses six ans, un drame familial contraint Autumn et son père à retourner vivre à New York. Huit années passent, et Autumn, devenue adolescente, n’a jamais oublié son amie jaguar. Quand elle apprend que Hope est en danger de mort, Autumn décide de retourner dans la jungle pour la sauver ! 

 

Power to change : la rebellion énergétique

Power to Change présente une vision d’avenir : un système de fourniture d’énergie démocratique, durable et d’un coût abordable, à partir de sources 100% renouvelables. Le film nous entraîne dans un voyage à la découverte d’un pays où des centaines de milliers de personnes – les rebelles d’aujourd’hui – transforment cette vision en une réalité concrète. Des pionniers combatifs, des bricoleurs amateurs, luttant pour la révolution énergétique grâce à des technologies innovantes et surprenantes. Passionnés et pleins d’espoir, ils acceptent les revers et célèbrent leurs succès. L’avenir de l’Énergie du Monde est lié à des sources décentralisées et propres, 100% renouvelables. Ce film est un plaidoyer impressionnant pour une mise en œuvre rapide de la révolution énergétique. 

 

Le club des miracles

Les femmes de la petite ville de Ballyfermot, en Irlande, espèrent toutes être les heureuses élues qui pourront effectuer un pèlerinage dans la ville sacrée de Lourdes, en France. Au cours d’une soirée de tombola pour le moins mouvementée, Lily, Eileen, Dolly et Chrissie remportent le prix tant convoité. Au fil de ce voyage d’une vie, le quatuor découvre le véritable sens de l’amitié et du pardon, en plus de vivre tour à tour un « miracle » personnel. 

 

La trilogie d’Apu : La complainte du sentier

Dans un petit village du Bengale, vers 1910, Apu, un garçon de 7 ans, vit pauvrement avec sa famille dans la maison ancestrale. Son père, se réfugiant dans ses ambitions littéraires, laisse sa famille s’enfoncer dans la misère. Apu va alors découvrir le monde, avec ses deuils et ses fêtes, ses drames et ses joies. 

 

All that jazz

Joe Gideon est un artiste afferé, pris entre les auditions et les répétitions de son prochain ballet à Broadway, le tournage et le montage de son film, et une vie familiale complexe entre sa femme, sa fille et sa maîtresse. L’angoisse et la frénésie de créer finissent par le mener à une mise en scène délirante et inspirée de sa propre mort. 

 

May December

Pour préparer son nouveau rôle, une actrice célèbre vient rencontrer celle qu’elle va incarner à l’écran, dont la vie sentimentale a enflammé la presse à scandale et passionné le pays 20 ans plus tôt. 

 

[zoom] Making of

C’est dire s’ils l’ont bien vendue, cette comédie… drolatique à s’en tordre les boyaux ou dramatique en diable, in fine ? À jeter un œil sur la bande-annonce, tout semble converger vers la première locution adjectivale. Et au-delà de toute attente – on y reviendra  –, c’est tout un champ lexical que l’on voit mis sur le devant de la scène par la critique en verve : « Tordant, hilarant, drôle, jubilatoire, etc. ». Sauf que – on y revient –, les zygomatiques ont fait des leurs, en mode off, irréfutablement ! Tromperie sur la marchandise ? La question se pose. 

Making of, avouons-le sans tabou, joue davantage sur le registre du drame social que sur celui de la comédie comme on l’entend, pure et dure ! Ce qui n’est pas pour nous déplaire, de facto. Après Le procès Goldman, le tout dernier et puissant film de Cédric Kahn, le réalisateur dépeint l’envers du décor, les coulisses du 7e art, un film dans le film qui démythifie, désacralise le monde du cinéma. Que d’aucuns fantasment, pour ne l’avoir jamais vécu de l’intérieur. Même si nul n’ignore que derrière les paillettes et les tapis rouges se cache souvent une tout autre réalité. Et Making of la dévoile, la révèle, avec panache et brio. À l’image des protagonistes, investis, convaincus à 100 %. Et c’est dire ! 

Un Xavier Beauvois, fabuleux en producteur mytho, un Jonathan Cohen, exaspérant en comédien à l’ego démesuré qui incarne un leader syndical en colère, et très râleur. Deux jeunes talents prometteurs : Souheila Yacoub, dans la peau d’une actrice en prise à ses états d’âme, et Stefan Crepon, un pizzaïolo qui rêve de faire du cinéma. Quant à Podalydès, excellent, comme à son habitude, en réalisateur déprimé qui part « à la dérive ». Une femme à deux doigts de le quitter, le couple bat de l’aile ; des acteurs à fleur de peau, difficilement gérables ; un film qui perd ses financements, la fin pas assez happy end ! ; une équipe de tournage prête à quitter le navire, car non payée ! Un (autre) conflit social (interne au tournage) qui vient s’emboîter dans celui qui se joue devant les caméras, l’histoire d’ouvriers virés de leur usine qui se battront jusqu’au bout du bout. Un double conflit où la fiction devient réalité et vice-versa. En fait, rien ne va dans le monde merveilleux du cinéma. Bref, la vraie vie, quoi ! 

 

Mathieu Jaegert, Dieu, les poètes et tous les autres

Votre dernière microfiction peut faire penser aux aphorismes de Jean-Michel Ribes, il vous inspire ?
Pas forcément. Quand j’ai commencé à écrire, vers 2010, mes sources d’inspiration étaient plutôt Devos ou Desproges. J’écrivais des billets d’humour, des chroniques déclinées sur le web et les plate-formes littéraires qui se sont lancées à ce moment-là. J’ai aussi été publié dans les journaux locaux du Sud où je vivais, Midi libre ou la Gazette de Nîmes, avant de m’installer en 2014 à Saint-Nazaire. Si l’une de mes nouvelles a été éditée dans le recueil Nouvelles d’Estuaire en 2019, j’avais déjà participé à des ouvrages collectifs avec Short Édition. Un distributeur d’histoires courtes dans les gares, aéroports et autres lieux où il y a de l’attente. 

Pourquoi privilégier la forme courte ?
Cette forme me convient bien parce que je n’ai pas trop de disponibilités en semaine. Alors, même si les idées peuvent jaillir n’importe quand, j’écris principalement le week-end ; mon activité de « roi des ordures », comme je m’amuse à le répéter, m’occupant à temps plein. Je suis en effet responsable d’exploitation à la direction Prévention et gestion des déchets de Cap Atlantique. 

Y-a-t-il un ordre de lecture dans votre livre ?
Pas du tout. On peut le picorer et en grappiller quelques passages à droite et à gauche. Je recommande d’ailleurs de lire par petits bouts cet ouvrage émaillé de philosophie, d’humour, d’ironie et de cynisme, parfois. 

D’où vous vient le goût de l’écriture ?
Il est venu d’un réseau d’amis qui écrivent et dont l’une d’entre eux est orthophoniste. Elle aussi écrit et a fait paraître un calendrier perpétuel. De mon côté, je me suis prêté au jeu de l’écriture sur les réseaux en 2019 avec un auteur belge. Je suis toujours à l’affût du jeu de mots, de la formule qui fait mouche. C’est pourquoi j’apprécie l’humour piquant défendu par ma maison d’édition qui fait, certes, la part belle aux aphorismes, mais aussi à la forme courte, aux textes qui piquent et qui grattent. 

Quels sont vos thèmes de prédilection ?
J’aime jouer sur les travers de personnages, de l’existence, de l’instant. J’aborde des thèmes sociétaux, comme l’égalité hommes-femmes, le Covid, etc. Dieu fait ici aussi quelques apparitions car les sujets abordés sous cet angle m’ont amusé. En faisant valoir ses droits à la retraite dans l’item “Révérence”, Il conclut d’ailleurs quasiment l’ouvrage. 

Le bagad Saint-Nazaire sonne ses 70 ans !

Typiquement breton, le bagad est une troupe musicale qui se compose de quatre pupitres : bombarde, cornemuse écossaise, caisse claire et percussion. Né après la Seconde Guerre mondiale, il s’inspire du pipe band écossais. D’où l’atelier proposé dès 15h30 et qui ouvrira les festivités du 27 janvier aux côtés d’une belle batucada emmenée par Cavamania. « Le bagad est très populaire », explique Padrig Hervé. Il témoigne de la richesse du répertoire musical et contribue au renouveau de la culture bretonne. « Contrairement à la musique folklorique, figée, le bagad est une musique traditionnelle qui induit donc une part de retravail, d’interprétation, de mélange », poursuit l’administrateur de l’association Bagad Saint-Nazaire. La troupe nazairienne introduit ainsi régulièrement des sonorités venues d’ailleurs, au gré des chefs de chœur. Japon, Arménie…, le répertoire est inspiré du monde et imprégné de l’ambiance portuaire de Saint-Nazaire.  

Un répertoire qui en fait, selon les membres de l’ensemble nazairien, « l’une des formations les plus orientales de Bretagne. Elle a su métisser les influences bretonnes avec d’autres musiques du monde et se démarquer par une conception musicale originale ». 

 

Ouverture sur le monde 

Batucada du Brésil ou Trompettes du Mozambique, le monde s’invite d’ailleurs à Saint-Nazaire pour cet anniversaire. Parce que « nous sommes ouverts à tous les vents », indique Luc Babarit, trésorier adjoint de l’association. L’événement est évidemment construit autour de nombreux musiciens invités, des animations ou interventions de l’école de bagad de l’association (bagadig) et du bagadophone du CRD (Conservatoire à rayonnement départemental) avec lequel « nous nouons des relations fortes ». D’ailleurs, « comme un bagad augmenté, en réalité, la soirée débutera par une création originale sous forme d’un concert avec le bagadig et notre pôle de formation (skolaj) qui nous accompagneront sur scène… »  ou à côté. Car l’ensemble réuni compte pas moins de 100 musiciens ! Sans oublier l’intervention des incontournables Irréductibles et le soutien des musiciens du CRD. Et pour tuiler cette journée hors norme : un bon fest-noz final entre autres ambiancé par Ze big noz et Esquisse. Enfin, cerise sur le gâteau d’anniversaire, le concert fera l’objet d’une captation destinée à France 3 pour un documentaire sur… le bagad. Alors souriez, vous allez être filmés ! 

La Maison Jardin cultive tous les possibles

« Cultiver l’inattendu, le vivre-ensemble, l’imaginaire, l’écoconception, la créativité… » Croire que David Dufourd a eu, sur ce coup-là, les yeux plus gros que le ventre, c’est mal le connaître ! L’ingénieur en horticulture et paysagiste de formation, ex-responsable commercial à la bambouseraie d’Anduze* dans les Cévennes savait où il mettait les pieds en se lançant, « les yeux fermés et avec grand intérêt », dans ce projet. Projet porté par l’association Marie-Moreau qui gère, depuis 1960, des établissements et services au bénéfice de personnes en situation de handicap sur le territoire nazairien. 

Conférences, la référence 

En gestation depuis 2019, la Maison Jardin s’ouvre enfin au public, avec une première conférence, parmi tant d’autres à venir**, ce jeudi 25 janvier. L’idée ? Que cet espace hors du temps devienne « la référence en tant que lieu de conférences ! » Mais pas que ! Des visites à destination des écoles, des centres de loisirs, des Ehpad y seront développées ; des demi-journées de formation sur la biodiversité, la permaculture, le jardiner en sol vivant y seront organisées. Des ateliers pour les scolaires, en lien avec les partenaires, dont l’association Aux Jardins des forges, et d’autres autour du bien-être*** et du bien-manger viendront amender la terre de ce jardin de 900 m2 

Un petit havre de paix 

Un véritable petit havre de paix « dédié à l’imaginaire et au partage. Un lieu pour entreprendre, apprendre, expérimenter, découvrir, s’amuser, se réunir, exposer, réfléchir, se relaxer, méditer…», énumère David Dufourd, en charge, depuis son arrivée voilà trois ans, de l’animation et la coordination de cet édifice « extraordinaire » dont il a bien entendu par son œil d’expert apporté sa pierre, au côté des architectes. Un ensemble harmonieux, avec une maison en bois aux lignes contemporaines de 80 m2 dotée d’une spacieuse terrasse, et avec ce jardin aux univers multiples : chambre de bambous pour la détente avec hamac, chaises longues et fontaine à eau ; carrés potagers en terrasse ; jardin d’ombre avec plantes de terre de bruyère. Le tout magnifié par ces fleurs australes et de pays, ces vignes et roseraies, ces vergers d’antan et gourmands à picorer sur place ! 

« La Maison Jardin pourra être mise à disposition, via une location,
pour les entreprises et les associations souhaitant s’y retrouver
pour organiser réunions, formations, assemblées générales, etc. »
 

Et c’est sans compter sur ce puits, et ces réservoirs d’eau de 6 000 litres éparpillés ici et là… « L’objectif est de faire fonctionner ce jardin sur les fondements de la permaculture. Autrement dit, limiter au maximum les intrants, et tout exploiter in situ », explique ce passionné qui voit fleurir dans sa tête moult projets… Un carré potager de 130 m2 pour les personnes en situation de handicap pourrait voir le jour d’ici à 2025, des ateliers cuisine en commun avec les visiteurs sont à l’étude également. « On souhaite ouvrir nos portes aux habitants de la région, les faire venir chez nous. Pour créer du lien, de la mixité. » Pourquoi aller voir ailleurs ? Tout ira pour le mieux dans le meilleur des… jardins !  

* Site unique en Europe, classé parmi les plus beaux jardins de France 

** “Cocktail de longévité !”, jeudi 25 janvier, 18h, avec Nathalie Daniel, docteure en pharmacie et micronutritionniste. Gratuit. 

“Jardiner en sol vivant”, vendredi 16 février, 18h, avec Yoann Morice, de la ferme Permabocage à Chauvé. Tarif : 8 €. 

“La permaculture”, jeudi 29 février, 18h, Stéphanie Barreaud, responsable de L’île-jardin de Kervolan à Saint-Molf. Tarif : 8 €. 

*** Atelier Biodanza, jeudi 1er février, 18h, avec Marie-Françoise Laurent-Pollet. Tarif : 15 € (inscr. 06 10 62 12 76). 

Au 40, rue du Dr Albert-Schweitzer, à partir de février.