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mar. 15 déc. 2020 Associations # Saint-Nazaire

Le Projet Neuf : un libre-lieu

L'association le Projet Neuf, également appelée P9, véritable turbine de l'imaginaire, souffle une nouvelle vie sur la maison de fonction du directeur de l'ancien hôpital de Saint-Nazaire.

Au départ, ils étaient un collectif de douze – plasticiens, musiciens, cinéastes, architectes, écrivains, auteurs de logiciels libres… – à réfléchir à la création d’un espace d’expérimentation artistique interdisciplinaire, une sorte de laboratoire de création contemporaine où le résultat final ne prévaudrait pas à la pratique et la recherche. Un lieu de travail sans obligation de diffusion et où le temps ne serait pas comptabilisé. « Nous avons créé une association collégiale en avril 2017 après avoir construit ensemble notre propre définition d’un libre-lieu. Evidemment, nous n’étions pas dans les clous, nous n’avions pas de réponse à la question “Quel est votre modèle économique” », explique le musicien Jérôme Joy.

Ils sont aujourd’hui près de vingt, dont la Cie Nina La gaine qui vient de les rejoindre, à travailler dans la maison de fonction du directeur de l’ancien hôpital mise à disposition par la Carene. « Nous avons signé une convention de cinq ans avec la Carene avec qui nous sommes en constant dialogue, entre autre au sujet du projet urbain de ce quartier du Moulin-du-Pey en pleine transition. » Et comme toute cogestion nécessite de la coordination, ce rôle est assuré par une salariée rémunérée par un fonds commun*.

Une grande maison, donc, où fusent les idées, où on explore, on teste, on se permet le droit à l’erreur, où on développe des projets, où on peut s’isoler dans son atelier si on le souhaite, où on échange et on se dynamise dans un espace assez réfléchi et structuré pour être sécurisant. « Attention, ce n’est pas une structure de production ou de programmation culturelle. Si des œuvres sont réalisées ici, elles seront produites ailleurs. Mais c’est un espace nécessaire : quand le public voit l’œuvre d’un artiste, quel qu’en soit le domaine, il voit à peine 20 % du travail. Ici, on peut échanger sur des pratiques, on ne travaille pas chacun dans notre tiroir. Pour nous, c’est un projet politique car d’accès libre, ouvert au public dans le sens où c’est un lieu vivant de rencontre, même s’il n’y a pas de représentation ou d’exposition, un lieu d’accueil de jeunes artistes ou d’étudiants en art d’autres villes aussi. C’est ça notre définition d’un libre-lieu. »

* Chaque adhérent verse 29,50 € par mois.

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