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mer. 15 sept. 2021 - jeu. 16 sept. 2021 Spectacles # Saint-Nazaire

La Spire, pour respirer enfin

Chloé Moglia présentera “La Spire” lors de la soirée d'ouverture du théâtre. Les premières notes d'une collaboration entre l'artiste et le Théâtre de Saint-Nazaire.

La soirée de présentation de la saison s’ouvre avec La Spire, une création de Chloé Moglia (ci-dessus). Un spectacle d’ouverture de saison gratuit et en plein air, devant le théâtre. De l’air, enfin ! Une spirale gigantesque, des femmes suspendues, de la musique. Une vrille qui permet d’évoluer entre ciel et terre. Alliant force et gravité, légèreté et suspension, ce spectacle a été créé en 2017. Pas de doute, on retiendra son souffle. Pas de doute non plus, les retrouvailles entre public et artistes sont attendues avec une impatience rare.

La vraie reprise d’un cycle saisonnier de spectacles qui a manqué au théâtre et aux spectateurs, coincés un an et demi entre crise sanitaire, restrictions  et courbe des variants.

Chloé Moglia propose cinq rendez-vous au fil de la saison, jusqu’en mars au public nazairien. La Spire est le premier de la série.

 

Rhizome, racines aériennes

Chloé Moglia, 43 ans, artiste associée aux scènes nationale de l’Essonne, de Saint-Brieuc et aujourd’hui de Saint-Nazaire a su tracer son chemin entre l’art de la suspension, les arts martiaux et le cirque. Elle compose avec légèreté un chemin personnel. Très inspirée par ses lectures, comme celle de l’anthropologue Tim Ingold et sa Brève histoire des lignes elle propose une balade.  Pour elle, « les frontières n’existent pas vraiment quand on sillonne les terres et les mers ».

« C’est après un temps de résidence l’an dernier que se sont noués des liens entre la compagnie Rhizome, que j’ai créée et le théâtre de Saint-Nazaire. »

Pour Chloé Moglia, son parcours n’est « ni atypique, ni original ». Logique ? « Petite, j’adorais grimper aux arbres, comme beaucoup d’enfants. Je n’ai jamais arrêté, c’est tout. » Simple. Se tenir à sa ligne de vie et se tenir sur une ligne. Cultiver le fait de grimper, tenir, suspendre. Son art suppose un entraînement exigeant, très physique. Le risque n’est jamais loin. Il s’agit d’être parfaitement coordonné, de ne pas ouvrir la main quand il faut la fermer et agripper. « C’est une exigence de discipline, de fermeté et de légèreté aussi. De tension et d’attention. Et l’attention de nos jours est particulièrement malmenée, car le public est très sollicité. Je propose aux gens des petits moments où il s’agit d’être attentif en continu. C’est aujourd’hui précieux. »

 

« Je tiens un fil, une ligne. »

« Je ne suis pas une artiste qui a des idées, poursuit Chloé Moglia. Je fais un constat de ténacité. Je tiens un fil, une ligne. Je ne suis pas obligée d’aller aux endroits où l’on m’attend. Ce n’est ni de la chorégraphie, ni du trapèze. La ligne est toute fine mais elle est là. Mon travail se défait d’une norme. Passer de la barre de gym, au trapèze à une structure, une sculpture. » Et à un ballet aérien où les filles se suspendent au rythme d’une création musicale. Et d’une création géante, où sept femmes évoluent, suspendues entre gravité et légèreté.  À une spirale.

À Saint-Nazaire, l’équipe se nourrira des rencontres, des échanges, de l’ambiance au fil de l’année. Comme tout le monde, l’artiste n’a pas bougé au début de la crise sanitaire et lors du premier confinement. Elle ne revendique pas ce moment comme une période de création intense. Elle dit avoir été absorbée par la vie, le côté pratique des choses. « On a dû cesser plein de choses pour que d’autres, totalement différentes s’activent. Quand on arrête de courir, de bouger dans la verticalité, on a le vertige. On réajuste ses lignes directrices. On scrute les choses. On a tout le temps de se demander : qu’est ce qui est important ? Je donne à voir, ce n’est pas crypté du tout. Je pose une chose, qui est faite pour être partagée, qui permet de se rassembler. » 

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