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lun. 08 nov. 2021 - mar. 09 nov. 2021 Spectacles # Saint-Nazaire

Martin Eden

En création nationale sur le plateau du Théâtre de Saint-Nazaire, l’adaptation et la mise scène de la Nantaise Marilyn Leray invite à redécouvrir à travers un nouvel angle le célèbre roman de Jack London.

Jack London

Un grand tapis, quelques meubles sous des draps : nous sommes dans le salon où le jeune Martin Eden a rencontré la belle Ruth Morse (appelée ici Rose) et où sa vie a basculé. C’est dans cette scénographie épurée que Marilyn Leray, de la Cie LTK Production, a souhaité nous narrer l’histoire désenchantée de ce tout jeune homme confronté à la découverte d’un nouveau monde, celui de la bourgeoisie.

« J’ai travaillé sur les traces d’une vie que réveillent un à un les draps que l’on retire, sur la mémoire d’un tapis aux couleurs passées », explique la metteuse en scène. Un tapis telle une société en miniature, sur lequel les personnages cherchent et marquent leurs places jusqu’à jouer leurs vies.

Parce que tout est question de place et de bonnes manières. Un homme sans éducation, qui a commencé à travailler en usine à 11 ans avant de partir barouder comme marin, peut-il, même porté par la volonté de conquérir celle qu’il aime, s’arracher de ses origines populaires pour intégrer de plain-pied la société bourgeoise ? Que gagne-t-il et que perd-il ? Qui gagne-t-il et qui perd-il ? Peut-il échapper au sentiment de trahison de classe ?   

« Martin Eden est bien plus qu’un roman initiatique. Je l’ai découvert tardivement, pour moi, Jack London, c’était les magnifiques aventures de ma jeunesse, L’appel de la forêt et Croc blanc. Depuis, j’ai dévoré tous ses romans engagés et j’ai eu envie de me lancer le défi de cette adaptation pour un plateau d’aujourd’hui, avec des jeunes comédiens. Poussé par le souffle de son amour, Martin découvre la culture et son talent d’écrivain. Il apprend à connaître le milieu privilégié de Rose, le cercle fermé de la littérature, et il les fantasme plus grands qu’ils ne sont.

J’ai choisi comme fil conducteur les conversations entre Rose et Martin, l’évolution de Martin à travers son amour pour cette femme qu’il idéalise.

Je n’ai pas voulu condamner Rose tout de suite, elle n’est pas qu’une petite bourgeoise, elle est vraiment attirée par Martin même si elle n’est pas apte à comprendre l’artistique en dehors des formatages de sa classe et du désir de réussite sociale obligatoire. Mais est-on vraiment libres, porteurs que nous sommes de nos héritages ? »

Habitée par des comédiens tout en finesse, cette adaptation qui s’appuie essentiellement sur le couple Martin/Rose est un subtil pas de côté pour mieux saisir à plein corps la course de Martin, son acharnement à se trouver dans sa propre écriture, son épuisement, sa désillusion, et sa tragédie.  

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