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mar. 01 mai 2018 Cinéma

[zoom] Larguées

(France 2018) comédie d’Eloïse Lang avec Miou-Miou, Camille Cottin, Camille Chamoux. Durée : 1h32.

Rose et Alice ne partagent pas grand-chose. L’une (Camille Cottin) est célibataire, musicienne, fêtarde, quand l’autre (Camille Chamoux) est mariée, femme d’intérieur parfaite et mère poule de ses deux enfants. Elles se retrouvent tout de même unies dans l’opération sauvetage de leur mère (Miou Miou) en pleine dépression après le départ de son mari pour une femme plus jeune. Les deux soeurs décident donc de lui offrir une semaine dans un club vacances de la Réunion à l’occasion de ses 60 ans. Mais Françoise voit tout en noir et les animations surfaites du club ne la dérident guère. Rose prend alors les choses en main et cherche à forcer un peu le destin… juste un peu.

Après notre déception de la semaine dernière avec le dernier Jaoui/Bacri, nous avons nous aussi été volontaristes en tentant cette nouvelle comédie, et bien nous en a pris. Larguées, à défaut d’être innovant, est un film frais, drôle, bourré de tendresse. Ses péripéties cocasses et ses dialogues virevoltants sont tous au service du portrait de deux femmes attachantes, deux filles qui, découvrant que leur mère n’est pas que leur mère mais aussi (d’abord) une femme, sont obligées de grandir.

A ce titre, le choix de Miou Miou, formidable dans la fragile beauté que donne l’arrivée de la vieillesse, apporte une profondeur de champ qui enrichit cette relation mère/filles. En effet, Rose a beau s’enfiler des hautes doses de rhum arrangé et endosser le rôle d’un vieux marin qui inventerait la liberté, Alice a beau surjouer la première mère de famille de l’histoire du monde… le souvenir de Miou Miou dans la Marie-Ange des Valseuses* se superpose sans cesse à l’image empesée qu’elles se font de leur mère. Deux filles qui, découvrant une femme inconnue, repassent par les caprices impérieux de l’enfance par crainte qu’elle ne les largue, elles qui ne savent pas trop qui elles sont, et qui apprennent à l’aimer en adultes. Et à s’aimer.

Après les gags de ses petites capsules télévisuelles Connasse et son plutôt raté Connasse princesse des cœurs, Eloïse Lang réussit là une comédie pleine de peps, poivrée à souhait, portée par des comédiennes qui osent la régression pour notre plus grand sourire.

* De Bertrand Blier, 1974.

Avis à chaud d’un spectateur
« C’est joyeux, pétillant, j’ai deux garçons, ça donne envie d’avoir des filles ! » (Nadine, 56 ans)

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